par Elisabeth Studer

VE : Toyota s'insurge de subventions US discriminatoires

Toyota a dénoncé mardi ce qu’il considère comme un projet de subventions "discriminatoire" de la Maison Blanche et du Congrès en faveur des véhicules électriques (VE) mis en place dans le cadre des plans de Joe Biden. Le constructeur japonais joint ainsi sa protestation à celles d'une vingtaine de pays.

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Toyota vent debout contre les aides en faveur d’aide octroyées aux VE made in US

Le Congrès américain envisage "d'offrir une subvention supplémentaire de 4 500 dollars uniquement pour les véhicules électriques fabriqués par des employés qui ont décidé de rejoindre un syndicat", déplore Toyota dans un communiqué.

"Que dit-on au consommateur américain ? Que s'il veut acheter un véhicule électrique qui n'est pas fabriqué par Ford, General Motors ou Chrysler, il devra payer 4 500 dollars de plus", déplore l'industriel.

Accord entre la Maison Blanche et le Congrès

Cette diatribe voit le jour alors que la Maison Blanche et le Congrès ont trouvé la semaine dernière le cadre d'un accord pour des investissements massifs voulus par Joe Biden. Le président US a mis en place un plan de 174 milliards de dollars pour stimuler la production, les ventes et l’infrastructure des véhicules électriques aux États-Unis, dont 100 milliards de dollars de primes à l’achat .

Le texte, en cours de discussion au Congrès, prévoit un crédit d'impôt maximal de 12 500 dollars pour les véhicules électriques. Cette somme inclut l'actuelle déduction qui peut aller jusqu'à 7 500 dollars à laquelle s'ajoute un crédit d'impôt de 4 500 dollars si le véhicule est fabriqué par des ouvriers syndiqués aux États-Unis ainsi que 500 dollars si la batterie est également de fabrication américaine.

Courrier de 24 ambassadeurs

Les ambassadeurs aux États-Unis de 24 pays, parmi lesquels la France, l'Allemagne, le Mexique, le Canada ou encore le Japon, ont adressé samedi un courrier aux élus du Congrès américain.

Selon les diplomates, "ce type de pratique (...) discrimine les constructeurs automobiles étrangers et nuit aux accords de commerce international". Le Mexique et le Canada ont notamment précisé que cette mesure n'est pas conforme à l'accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA), qui avait remplacé l'Aléna (accord de libre-échange nord-américain) en janvier 2020.

Une subvention qui réduirait le choix des consommateurs de 50 … à 2

Cette subvention "réduirait le choix des consommateurs sur le marché, à 2 véhicules seulement éligibles au crédit (d'impôt) total, sur plus de 50 véhicules actuellement disponibles", soulignent ces ambassadeurs.

Cela exclurait ainsi les constructeurs qui ne fabriquent pas leurs voitures aux États-Unis, mais aussi Tesla. "Cela semble contre-productif pour atteindre nos objectifs communs d'émissions de carbone", ajoutent-ils.

L’UAW salue au contraire le projet de loi

L'UAW (United Auto Workers), le syndicat majoritairement représenté chez General Motors, Ford et Chrysler, a au contraire salué ce projet de loi , dans un communiqué.

"Pour que la transition vers les véhicules électriques fonctionne pour nos communautés, nous avons besoin de politiques qui favorisent la fabrication aux États-Unis et de bons emplois syndiqués", a-t-il souligné.

Point de surprise à cela : rappelons que c’est l'UAW lui-même qui est à l’origine du projet. En mai dernier, le très puissant syndicat des Etats-Unis, avait indiqué qu’il souhaitait une révision des incitations fiscales pour les véhicules électriques (VE) de telle sorte que ne soient éligibles que les unités produites sur le sol américain.

Jusqu’à présent, l’incitatif fiscal de 7 500 dollars n’exige pas que les véhicules électriques soient fabriqués aux États-Unis. « L’UAW travaille avec l’administration Biden et le Congrès pour s’assurer que la législation finale étendant les subventions aux véhicules électriques indique clairement que ces investissements subventionnent les emplois des travailleurs américains », avait alors déclaré le vice-président de l’UAW, Terry Dittes.

GM investit 1 milliard de dollars pour produire des VE au Mexique

Cette initiative du syndicat UAW a vu le jour alors que General Motors venait tout juste d’annoncer qu’il allait investir 1 milliard de dollars dans ses opérations au Mexique en vue d’y débuter la production de véhicules électriques en 2023. Selon AutoForecast, il s’agirait de deux SUV électriques Chevrolet.

GM avait déclaré qu’il prévoyait également de construire des batteries et des composants électriques à Ramos Arizpe.

A l’heure actuelle, le constructeur fabrique déjà des véhicules électriques sur quatre sites aux États-Unis et au Canada. Il a récemment déclaré qu’il s’était fixé pour objectif de cesser la commercialisation de véhicules de tourisme à moteur thermique d’ici 2035.

Pas un dollar américain ne devrait soutenir une délocalisation au Mexique selon l’UAW

La représentante de l’UAW au Michigan, Debbie Dingell, avait alors déclaré que les véhicules électriques devaient être construits ici en Amérique par la « meilleure main-d’œuvre du monde – le travailleur américain ». Ajoutant que « pas un dollar américain ne devrait soutenir la délocalisation au Mexique d’emplois US.

GM a répondu à l’UAW en notant qu’il avait récemment annoncé près de 9 000 emplois et plus de 9 milliards de dollars dans de nouvelles installations de production de véhicules électriques ou de cellules de batterie dans le Michigan, l’Ohio et le Tennessee.

L’UAW critique Ford pour son projet de produire au Mexique

En avril dernier, l’UAW a pointé du doigt le projet de Ford de construire un nouveau véhicule au Mexique plutôt que dans une usine de l’Ohio.

En novembre 2020, le constructeur avait déclaré qu’il prévoyait de produire un véhicule électrique supplémentaire dans son usine de Cuautitlan, au Mexique, où il construit la Mustang Mach-E.

Notre avis, par leblogauto.com

L’UAW semble donc avoir gagné … la Maison Blanche et le Congrès s’étant donc mis d’accord pour faire du protectionnisme pour sauvegarder l’emploi.

Sources : AFP, Reuters

A lire également :

. UAW : pas d’emploi US, pas de subvention de VE

Pour résumer

Toyota a dénoncé mardi ce qu’il considère comme un projet de subventions "discriminatoire" de la Maison Blanche et du Congrès en faveur des véhicules électriques (VE) mis en place dans le cadre des plans de Joe Biden. Le constructeur japonais joint ainsi sa protestation à celles d'une vingtaine de pays.

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