par Elisabeth Studer

Vente ou IPO d'Aston Martin remises en cause par le Brexit ?

Le Brexit, une nouvelle fois pointé du doigt pour ses conséquences financières sur l'industrie automobile. Au delà de la voie prise par Royaume-Uni, c'est désormais 'Aston Martin, si l'on en croit le directeur général du constructeur britannique.

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Le Brexit, une nouvelle fois pointé du doigt pour ses conséquences financières sur l'industrie automobile. Au delà de la voie prise par Royaume-Uni, c'est désormais le manque de clarté autour de la marche à suivre pour assurer la poursuite des échanges entre membres du marché unique et Grande-Bretagne qui pose réellement problème. Une situation qui pourrait notamment retarder la vente d'Aston Martin, si l'on en croit le directeur général du constructeur britannique.

Une déclaration qui intervient alors que Carlos Tavares, patron de PSA, indiquait quant à lui cette semaine – également lors du Salon de Genève - que les incertitudes liées aux modalités de sortie du Royaume-Uni de l'UE empêchaient à l'heure actuelle son groupe d'envisager sereinement une poursuite de ses investissements dans Opel/Vauxhall.

Deux réflexions menées par des dirigeants de constructeurs qui ressemblent fortement à une ferme volonté de faire pression sur Theresa May, alors que, les 22 et 23 mars prochain doit se tenir un sommet au cours duquel les dirigeants de l’Union européenne devront déterminer les termes de la transition qui devra s'opérer en mars 2019, après la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE.

Fenêtre de tir pour une IPO d'Aston Martin

La fenêtre de tir d’Aston Martin pour réaliser une cession ou une introduction en Bourse (IPO) pourrait se refermer pour au moins un an de plus si aucun accord n’est conclu entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur la période de transition post-Brexit, a ainsi déclaré cette semaine à Reuters le directeur général de Aston Martin.

Rappelons que Aston Martin envisage une IPO, ou une vente à un autre groupe industriel. Souhaitant étoffer sa gamme avec des SUV et des véhicules électriques - voire avec un 6 cylindres en ligne ? - le constructeur se voit en effet contraint d'obtenir des soutiens financiers auprès des investisseurs, alors que les fonds qui le détiennent ont clairement annoncé vouloir sortir de son capital.

Au cours du mois de décembre 2017, des sources proches du dossier ont indiqué que les propriétaires d'Aston Martin - le fonds italien Investindustrial et un consortium d’investisseurs koweïtiens - ont engagé la banque Lazard en vue de préparer l'IPO ou la cession. L'opération valoriserait le groupe entre deux et trois milliards de livres (2,24 à 3,36 milliards d’euros). Mardi, à Genève, Andy Palmer a même déclaré être en mesure de présenter aux médias « d’autres sources qui parlent de cinq à six milliards de livres » de valorisation.

Depuis, le constructeur a publié un résultat positif, chose qui n'était plus arrivé depuis 2010. Une belle performance dont il aimerait bien retirer les fruits dans les mois qui viennent, dans le cadre de l'une ou l'autre des opérations financières envisagées. Profitant ainsi d'une fenêtre de tir, alors même que son chiffre d’affaires vient d'atteindre son plus haut niveau depuis neuf ans.

Le flou lié à la phase de transition engendre un climat d'incertitudes

Mais, selon Andy Palmer, le directeur général d’Aston Martin, le Brexit a ajouté une dose d’incertitude à cette opération d'ores et déjà complexe. Or, "lorsque vous procédez à une vente ou une IPO quelle qu’elle soit, ce que vous recherchez c’est la stabilité de marché”, a-t-il déclaré à Reuters.

Selon lui, un accord de transition devrait permettre en quelque sorte de repousser le problème de deux ans. L'absence d'entente sur ce point nécessiterait a contrario de devoir attendre la survenue effective du Brexit pour pouvoir appréhender les impacts.

Tendant la perche à Theresa May – tout en maintenant la pression - le patron d'Aston Martin a néanmoins ajouté que les propos des politiciens l'autorisaient à penser "qu’une phase de transition est assez probable.” Sous entendu dans cette subtile joute verbale digne des plus grands jeux de « Cache-cache » ou de « Coucou, fais-moi peur » : Madame Theresa May, par votre position, ne nous obligez pas à prendre des décisions que vous pourriez regretter par la suite.

Crédit Illustration : Aston Martin

Pour résumer

Le Brexit, une nouvelle fois pointé du doigt pour ses conséquences financières sur l'industrie automobile. Au delà de la voie prise par Royaume-Uni, c'est désormais 'Aston Martin, si l'on en croit le directeur général du constructeur britannique.

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