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Brève rencontre: Ford Cork

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Après Ford au Brésil, Ford en Australie, Ford en France, Ford en Thaïlande et même Ford au fin fond de l’Amazonie, voici Ford en Irlande! Aucun modèle spécifique n’a été produit à Cork. Néanmoins, plus qu’une simple usine, c’était pour Henry Ford une affaire personnelle. Mais la raison (à savoir, la rentabilité économique) eu raison de la passion.

Le grand-père, la grand-mère et le père d’Henry Ford sont nés à Cork. C’était des colons Anglais et protestants, néanmoins, Henry Ford prétendra toujours être « Irlandais ». En 1847, poussé par la famine, les Ford émigrent au Québec, puis aux Etats-Unis. la grand-mère meurt en route. William, le fils, épouse Mary Litogot, une orpheline dont le père adoptif vient de Fair Lane (un nom que l’on retrouva chez Ford…), près de Cork. Henry nait en 1863. Cet ouvrier presque illettré a déjà 33 ans lorsqu’il construit sa première voiture. Vers 1910, c’est l’un des hommes les plus puissant d’Amérique et les « pipoles » font la queue pour poser avec lui. Henry Ford veut retrouver ses racines.

Il se lance dans la généalogie et se rend à Cork. Il ensuite veut y construire une usine. D’une part, pour des raisons sentimentales. En plus, vu que ses théories industrielles sont « universelles », il doit être capable de prospérer dans l’une des régions les plus pauvres d’Europe, non? Il comptait même s’implanter sur l’ancienne ferme des Ford (le prix de vente était délirant.) En 1917, il fait raser un hippodrome pour y installer son site.

L’Irlande étant un pays agricole. Henry Ford voulu d’abord faire assembler des tracteurs agricoles Fordson expédiés en kits depuis son usine de Manchester. Mais en 1921, l’Eire devient indépendante et les échanges commerciaux sont rompus avec la Grande-Bretagne. La production de tracteurs agricoles est stoppée fin 1922 et elle ne reprendra qu’en 1929.

Faute de tracteurs, Cork produit des Ford T. En 1907, Ford avait tenté (sans succès) de vendre des voitures en Irlande. Néanmoins, les Ford « made in Ireland » sont un succès. Au point que le site d’assemblage est transformé en véritable usine, capable de produire entièrement des voitures (une première, pour Ford, hors des Etats-Unis.) Des camions y sont également produits. En 1930, Cork compte 80 000 âmes, dont 7 000 travaillent directement pour Ford. En 1938, Cork fête sa 25 000e voiture particulières. Peu après, l’usine sort son 75 000e véhicule (c’est dire si les tracteurs agricoles et les camions dominent la production.)

En 1946, la Ford Prefect (produite depuis 1939 en Grande-Bretagne) débarque sur les chaines de montage de Cork. Sans surprise (c’est la seule production locale), elle devient « la voiture la plus populaire d’Irlande ».) Pour autant, l’Irlande reste un pays peu développé économiquement. La production de l’usine est donc loin de celle des autres sites Européens.

En 1967, l’usine fête ses 50 ans avec un ambitieux programme d’investissement de 4 millions de livres pour améliorer sa productivité. Elle produit désormais des Escort, des Cortina et des Transit. Certains modèles sont exportées en Grande-Bretagne et dans d’autres pays à conduite à droite. En parallèle, toujours en 1967, Ford se dote d’une structure pour vendre en Irlande les voitures fabriquées en Grande-Bretagne.

Mais la crise économique frappe de plein fouet l’Europe. En Europe, Ford doit rationaliser sa production. Cork est sacrifiée au profit des sites Anglais. En 1984, l’usine ferme. Son baroud d’honneur fut une papamobile (sur base Ford D), en 1979. De l’usine et de la présence de Ford, il ne reste qu’un mémorial à Ballinascarthy (où habitaient les Ford avant d’émigrer.)

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