JO 2024 : des scientifiques disent non à l’hydrogène de Toyota
par Elisabeth Studer

JO 2024 : des scientifiques disent non à l’hydrogène de Toyota

L’hydrogène, une solution vraiment efficace pour protéger la planète et s’affranchir des hydrocarbures ? Tout le monde ne semble pas avoir cet avis … Dans une lettre ouverte publiée mardi, une centaine de scientifiques affirment que les véhicules à hydrogène retardent la transition énergétique. Ils estiment même que ce type de motorisation ne devrait pas être mis en en avant par Toyota pendant les Jeux olympiques de Paris 2024.

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500 Toyota Mirai au sein de la flotte officielle des JO

Pour rappel, 500 Toyota Mirai, seule berline fonctionnant à l’hydrogène disponible sur le marché à l’heure actuelle seront intégrées dans la flotte officielle des JO de Paris 2024. A l’issue des Jeux, ils devraient être reconvertis en taxis.

Durant l’évènement planétaire, le groupe automobile japonais compte présenter dix applications de l'hydrogène, estimant par ailleurs que les véhicules présentés offrent une large autonomie et une recharge rapide, deux éléments clés rentrant en ligne de compte dans le choix des automobilistes.

L’hydrogène en contradiction avec les objectifs CO2

"La promotion d'une voiture à hydrogène est scientifiquement en contradiction avec les objectifs d'émissions de CO2" mondiaux et va "endommager l'image des Jeux", affirment ni plus ni moins les signataires de la lettre ouverte envoyée au Comité international olympique.

Pour les scientifiques, qui s'appuient sur les travaux du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), les véhicules électriques représentent la "façon la plus efficace de décarboner le transport".

Les véhicules à hydrogène "vert" (extrait à partir d'électricité renouvelable) demandent trois fois plus d'énergie que des véhicules électriques équivalents, et donc plus d'infrastructures comme des éoliennes et des panneaux solaires, et sont trois fois plus chers à l'usage, font-ils valoir.

Autre élément et non des moindres : l'hydrogène vert reste rare … et au final le gaz s’avère principalement produit à base d'énergies fossiles à l’heure actuelle. Selon la Coalition pour la science sur l'hydrogène, dont font partie certains signataires, le processus de production émet presque autant de CO2 chaque année que l'aviation mondiale. Ce groupe estime que l'hydrogène ne peut jouer qu'un rôle mineur dans la transition énergétique d'ici à 2050.

En conséquence, les signataires demandent à Toyota de remplacer ses véhicules de la flotte des JO par des véhicules électriques ou, à défaut, de ne pas en faire la promotion.

Toyota défend l’hydrogène

En réponse, Toyota a indiqué mardi que l'hydrogène jouerait un "rôle clé parmi les différentes technologies de décarbonation", soulignant que cette opinion était "partagée par la Commission européenne".

Alors que 1 150 voitures électriques transporteront également des passagers pendant les Jeux, au final, la flotte du constructeurs présentée durant l’événement - qui sera 100% électrifiée (comprenant en des véhicules hybrides, électriques et à hydrogène) provoquerait 50% d'émissions en moins que lors des différents Jeux précédents, affirme le constructeur.

Promouvoir l’hydrogène pour retarder la transition vers les VE ?

Certains opposants affirment ni plus ni moins que si Toyota promeut l'hydrogène depuis longtemps, c’est avant tout pour retarder la transition vers les véhicules électriques.

David Cebon, professeur d'ingénierie mécanique à l'université de Cambridge (Royaume-Uni) estime même qu’il s’agit d’une « stratégie dilatoire, très cynique de la part d'une des entreprises les plus puissantes du monde".

Il faut dire que Toyota a pris beaucoup de retard dans le développement des voitures électriques, mettant en avant des modèles hybrides où il est pionnier. Le constructeur a souligné que sa stratégie était "multiénergies", considérant qu'une seule technologie "ne peut pas répondre à toutes les situations".

Notre avis, par leblogauto.com

En 2022, déjà, s’exprimant dans une tribune dans le journal Le Monde, trois responsables du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables (CEA) s’insurgeaient contre l'amendement européen qui avait été récemment voté, permettant en quelque sorte «de qualifier de renouvelable" l’hydrogène produit avec de l’électricité qui ne le serait pas.

Les signataires de la tribune le criant haut et fort : l’amendement constitue « une triple menace – climatique, financière et industrielle » pour l’Union européenne. Sans compter sur la « tromperie » des consommateurs.

Sources : AFP, Le Monde

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Pour résumer

Dans une lettre ouverte publiée mardi, une centaine de scientifiques affirment que les véhicules à hydrogène retardent la transition énergétique.
Ils estiment même que ce type de motorisation ne devrait pas être mis en en avant par Toyota pendant les Jeux olympiques de Paris 2024.
Pour les scientifiques, qui s'appuient sur les travaux du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), les véhicules électriques représentent la "façon la plus efficace de décarboner le transport".

Les véhicules à hydrogène "vert" (extrait à partir d'électricité renouvelable) demandent trois fois plus d'énergie que des véhicules électriques équivalents, et donc plus d'infrastructures comme des éoliennes et des panneaux solaires, et sont trois fois plus chers à l'usage, font-ils valoir.

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