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par Nicolas Anderbegani

Marques disparues, épisode 39 : Bandini

Les artisans italiens furent légion dans les années 50-60, mais rares sont ceux qui voulaient maîtriser leur art comme Ilario Bandini.

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L’aventure de la marque Bandini se confond avec la vie de son fondateur, Ilario Bandini, puisque la marque disparaîtra à sa mort en 1992.

Un artisan ingénieux

Né à Forli, Ilario Bandini accomplit avant-guerre un apprentissage de mécanique, passe quelques années dans colonie d’Erythrée puis se lance dans la course moto et auto en 1939, mais les hostilités militaires interrompent son parcours. Pendant les années de guerre, il convertit des véhicules au gazobois et cache en pièces détachées une Fiat 1100 afin qu’elle ne tombe pas aux mains de l’occupant allemand à partir de 1943. En 1946, il remonte le véhicule en ayant modifié les suspensions (avec des pièces de moto Gilera !) et fait appel au carrossier turinois Rocco Motto pour personnaliser la Bandini 1100, sa toute première voiture signée de son nom. Attiré par la course, Bandini développe la 1100 Sport et une version monoplace en 1949, la 1100 Siluro (torpille), au profil plus aérodynamique, toujours avec un moteur base FIAT mais équipé d’un double arbre à cames en tête fait maison. Au début des années, 50, Ilario Bandini devient concessionnaire Lancia et Alfa Romeo en Italie.

La gloire en Amérique

L'importateur américain Tony Pompeo remarque les performances des Bandini, qui remportent d’excellents résultats dans des courses de côte et épreuves sur circuit dans les catégories 1 100 et 1 500 cm3 avec des moteurs Fiat.  On uggère à Bandini que sa voiture serait encore plus compétitive dans la catégorie 750 cm3, équipée de moteurs américains Crosley. Bandini a apporté des modifications au système de lubrification du moteur, au distributeur et au système de soupapes, et conçu des châssis tubulaires ultra légers, sur lesquels il a installé des carrosseries faites par Motto , dont les designs étaient parfaitement en harmonie avec la philosophie Bandini, intégrant praticité et respect des réglementations, sans sacrifier l'élégance des formes. Ainsi naît en 1953 le siluro sport Bandini 750 admises pour courir dans la catégorie Sport.  Bandini connaît un grand succès avec la 750 Siluro, en Italie bien entendu, mais surtout aux Etats-Unis, remportant leur classe dans les prestigieux championnats SCCA en 1955 et 1957.

Parallèlement au succès de la 750, Bandini supervise plusieurs projets : une voiture de sport motorisée par un V6 Maserati, une Formule 3 motorisée par OSCA et même une superbe 750 GT carrossée par Zagato, qui est exportée aux USA et participe à Sebring et Daytona.

Saponetta et coupé sport

Le tournant des années 50-60 marque l’apogée de Bandini, qui propose une évolution de la Siluo, la 750 sport international de 1957 appellée "Saponetta" (petit pain de savon) en raison de sa forme. Initialement appelée 750 Sport Internazionale, pour commémorer les victoires d'Ilario Bandini en course automobile, Deux des voitures ont été construites pour la Mille Miglia de 1957 sans succès, mais en 1958, elles avaient un certain nombre de des victoires de classe, surtout en course de côte. En 1959 arrive une Formule Junior, propulsée par un moteur 850cc entièrement conçu par Bandini en personne. Les petites monoplaces, là encore, s’exportent bien Outre-Atlantique, où elles sont adaptées avec des motorisations très diverses. Bandini est même invité d’honneur du maire de Daytona en 1960 !

Dans les années 60, malgré quelques succès encore en SCCA régional ou en Italie, Bandini commence à décliner, face à l’augmentation des coûts de production, ce qu’un petit artisan ne peut supporter, et face aussi à une concurrence accrue des machines britanniques. Bandini présente une 1000 GT en 1963 et même une superbe 1000 Coupé Sport Saloncino en 1968, véritable premier coupé sportif de la marque. En parallèle, plusieurs prototypes de course sont développés, dont la 1000SP de 1972 qui fut engagée à la Targa Florio et qui disposait d’un aileron arrière réglable.

Concepteur jusqu'à son dernier souffle

Dans les années 70, tout en s’occupant de la restauration des anciens modèles, Bandini continue de plancher sur de nouveaux prototypes de type "barchetta". Il présente en 1980 la barquette de course 1300 16 soupapes à allumage électronique dotée d’un bloc 1.3 litre en aluminium. En 1985, à 70 ans passés, il prend même le volant lors de la course de côte de Predappio pour une démonstration.

Son ultime projet, fruit de 6 années de labeur, sort en 1992 : la Bandini 1000 Turbo Berlinetta, première à recourir à la turbocompression. C'était, selon ses dires, la "plus grande fierté" du génial créateur, qui disparaît peu après.

 

 

 

 

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Pour résumer

Ilario Bandini a fondé une petite marque de course artisanale qui lui a valu le respect de ses pairs, y compris Enzo Ferrari, mais aussi une certaine notoriété aux USA, où ses voitures de sport et petites monoplaces se sont bien exportées jusqu'au milieu des années 60.

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