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par David Christian Koskas

Exposition "Vitesse" à Compiègne : Morceaux choisis

Les Automobiles succèdent aux véhicules hippomobiles du XIXe siècle et les remplacent dans la quête de la vitesse. L’efficacité aérodynamique, la légèreté, la beauté de la performance de la machine et de celle du pilote jalonnent cette aventure humaine.

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Dans le cadre historique prestigieux du château de Compiègne l’exposition « Vitesse »  se tient jusqu’au 28 mars 2022. Elle retrace l’évolution du concept de vitesse et le lien subtil qu’il entretient avec la modernité. J'ai eu la chance de la découvrir il y a quelques jours. Je vous en restitue quelques morceaux choisis parmi ces beautés emblématiques.

Lotus Mk 33 R9

Cette Lotus 33 de 1963 débute au Grand prix des Pays Bas. Dérivée de la Lotus 25, son innovation réside toujours dans la structure monocoque, très rare à l’époque. Sa suspension est revue pour ne pas perturber le flux aérodynamique. La Mk25 pilotée par Jim Clark gagnera 10 course en 1963 puis lui succédera la Mk33 développée sous l’autorité de Colin Chapman himself.

Jim Clark étrenne cette Mk 33 R9 présentée ici au Grand prix d’Allemagne de 1964. C’est pourtant entre les mains de son coéquipier Mike Spence que la monoplace remportera sa première victoire à Brands Hatch (hors championnat). La seule victoire en championnat de F1 sera en 1965 aux mains de Jim Clark à Zandvoort.

Maserati 250F

La Maserati 250 F arrive en 1957 à l’apogée de la lutte sans merci qui opposa Ferrari et Maserati pendant toute la décennie 50. La  250F aborde sa quatrième saison en 1957. Le moteur, un 6 cylindres de 2,5 litres, est poussé à 270 chevaux et le poids réduit. Elle démarre sous la haute main de Juan Manuel Fangio en 54 avant qu'il ne roule sur une Mercedes et remporte le titre 1954 sur deux voitures différentes.

Il reviendra chez Officine Alfieri Maserati en 1957 pour remporter 4 victoires à son volant en sept courses. Il coiffera ainsi, de loin, son cinquième et dernier titre de champion du monde. Construite à 33 exemplaires le modèle présenté est conservé à la cité de l’automobile à Mulhouse (collection Schlumpf).

Talbot Lago type 26C

A la fin des années 40 Talbot est l’une des rares marque (anglaise NDLA) à défendre les couleurs de la France en compétition. Ses ambitions sont portées par l'Italien Anthony Lago qui a repris les rênes de l’usine en 1934. La Talbot-Lago type 26C sera déclinée sous forme de monoplace pour les grands prix. Mais, elle sera également biplace pour les courses d’endurance, et développée par Carlo Marchetti.

Elle conserve les suspensions d’avant-guerre avec un ressort transversal à l’avant et un pont rigide l’arrière. Son moteur de six cylindres en ligne de 4,5 l développe une puissance entre 250 à 280 chevaux. La T 26 présentée ici est la première d’une série de 12 exemplaires. Elle a été commandée par le pilote Français Louis Rosier qui ramènera plusieurs victoires hors championnat.

Bentley 4,5 l supercharged

La Bentley 4½ Litre supercharged (alias la Blower) apparait en Grande-Bretagne en 1930. Ce véhicule a été développé à titre personnel par Henri Birkin à partir de la 4½ Litre atmosphérique. En effet, la société Bentley connaissait des difficultés après la crise des années 30.

Le moteur quatre cylindres la particularité d’être suralimenté par un compresseur Roots en figure de proue d'où son surnom de « blower Bentley »  en raison de l’afflux d’air insufflé. Si la 4½ Litre s'était imposé aux 24 heures du Mans 1928, la Blower n'a jamais remporté l'épreuve mancelle, ni même un Grand Prix. Les Bentley 4½ Litre gardent une cote d'amour auprès des passionnés de "mamies" roulantes.

Ferrari 166 MM Barchetta

La Ferrari 166 MM « barchetta » provoque une véritable sensation lors de sa première présentation au salon de Turin en 1948. C’est une voiture pleine d’innovations. Sa carrosserie repose sur un réseau de tubes métalliques de faible diamètre formant sa structure. Les organes sont enveloppés d’un aluminium extrêmement fin ce qui permet d’obtenir une réalisation d’une légèreté extrême d’où son surnom de « superleggera ».

La 166 doit son nom au volume de chaque cylindre de son V12 de 2 litres (166,25 cm3). C'est le fameux "V12 Colombo" du nom de son ingénieur concepteur Gioacchino Colombo. Dérivée en plusieurs carrosseries, la Ferrari 166 est ici présentée en "MM" Mile Miglia du nom de la course mythique, barchetta (totalement découverte).

Ce modèle représente un jalon historique et la marque et pour le sport automobile en général. Elle triomphera dans un grand nombre de compétitions de niveau international dont les 24 heures du Mans en 1949.

Renault Type C (1900)

Faisons un bond en arrière dans le temps avec la Renault Type C de 1900. Elle se distingue par le refroidissement du moteur désormais à eau. Trois voitures Type C semblables à celles qui sont commercialisées participent à la course internationale d’Automobiles Paris-Toulouse-Paris du 25 au 28 juillet 1900.

Au volant de l’une d’entre elles, Louis Renault s’impose dans la catégorie des voiturettes permettant à la production de tripler l’année suivante ! Louis Renault avait compris, bien avant d'autres, le pouvoir du sport automobile pour vendre des voitures.

Grégoire Sport Coupé

La GRÉGOIRE Sport Coupé , conçue par l’ingénieur Jean-Albert GRÉGOIRE en 1956, se distingue par son élégance et son châssis réalisé en aluminium coulé sous pression pour une légèreté et une rigidité exceptionnelles. La GRÉGOIRE sport est élaborée pour conquérir le marché américain avec une voiture de luxe rapide au prix très élevé.

Ce modèle d’avant-garde ne rencontrera aucun succès commercial : seulement cinq exemplaires y compris le prototype sont fabriqués par la Carrosserie Chapron. C’est d’ailleurs l’unique coupé qui est présenté ici. Le dessin de la voiture est signé Carlo Delaisse et pour ce seul coupé, il y adapte un toit fixe. Grégoire est resté dans l'histoire de l'automobile comme l'inventeur du joint homocinétique "tracta" et le "père" de toutes les voitures à traction.

Venturi VBB-3

2 ans avant Tesla, Venturi axe sa communication sur les énergies propres et développe plusieurs prototypes recourant à l’énergie électrique. La première « mission » est lancé en septembre 2009 la VBB-2 alimentée par une pile à combustible atteint alors 487 km/h sur le lac salé de Bonneville.

Mais la VBB-3 présentée ici est la version la plus aboutie grâce à 2200 kW soit 3000 chevaux distribués aux quatre roues. Elle attendra 549 km/h entre les mains du pilote Roger Schroer établissant un nouveau record du monde FIA jamais égalé depuis…

L'exposition dévoile également le traîneau de l'impératrice Joséphine, quand la vitesse était à traction animale. Il y a également d'autres bolides automobiles comme une Mercedes Benz W 154. La vitesse s'exprime aussi par l'art graphique. Ainsi, des toiles de Robert de la Rivière (1909-1992) alias Rob Roy ou des photographies de Jacques-Henri Lartigue sont exposées.

Le château de Compiègne possède également une importante collection de véhicules hippomobiles. Elle est indispensable à visiter pour qui veut comprendre les débuts de l'automobile et même l'automobile moderne.

Crédit photo : leblogauto.com

Pour résumer

Les Automobiles succèdent aux véhicules hippomobiles du XIXe siècle et les remplacent dans la quête de la vitesse. L’efficacité aérodynamique, la légèreté, la beauté de la performance de la machine et de celle du pilote jalonnent cette aventure humaine.

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