Un tournant pour Tavares
Cet avertissement pour les marques déficitaires marque un tournant pour Tavares, qui a maintenu depuis la création de Stellantis en 2021, issue de la fusion entre le constructeur italo-américain Fiat Chrysler et le français PSA, que l’ensemble de ses 14 marques, y compris Maserati, Fiat, Peugeot et Jeep, avaient un avenir. Le constructeur automobile considère désormais Leapmotor de Chine comme sa 15e marque, après avoir conclu une large coopération avec le groupe.
Pas de profit, plus de marque
Si les marques « ne génèrent pas de profit, nous les supprimerons, » a déclaré Carlos Tavares aux journalistes après que le quatrième constructeur automobile mondial a publié des résultats semestriels inférieurs aux attentes, faisant chuter ses actions de 10 %.
« Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir des marques qui ne rapportent pas d’argent » a-t-il martelé.
Stellantis a rapporté que son revenu opérationnel ajusté (EBIT) avait chuté de 40 % à 8,463 milliards d’euros (9,17 milliards de dollars) au premier semestre se terminant le 30 juin, en dessous des 8,85 milliards d’euros attendus par les analystes.
La marge de la société sur l’EBIT ajusté a chuté juste en dessous de 10 %, glissant sous la marge à deux chiffres qu’elle vise à atteindre pour l’année entière.
Maserati vendu, Lancia ou DS supprimés ?
Certains analystes estiment que Maserati pourrait être vendue par Stellantis, tandis que d’autres marques comme Lancia ou DS pourraient être en danger d’être supprimées en raison de leur contribution marginale aux ventes globales du groupe.
Stellantis ne publie pas de chiffres pour les marques individuelles, sauf pour Maserati qui a enregistré une perte opérationnelle ajustée de 82 millions d’euros au premier semestre.
Suite à ces propos, les actions de Stellantis cotées à Milan ont chuté de 12,5 % jeudi, atteignant leur niveau le plus bas depuis août 2023. Cela porte la perte depuis le début de l’année à 22 %, faisant de Stellantis le pire performeur parmi les grands constructeurs automobiles européens.
Tavares sous pression pour rebooster les marges et les ventes
Carlos Tavares est sous pression pour revitaliser les marges et les ventes en baisse et réduire les stocks aux États-Unis, alors que Stellantis mise sur le lancement de 20 nouveaux modèles cette année dans l’espoir d’augmenter sa rentabilité.
Les pickup RAM et les Jeeps à marge élevée que Stellantis vend aux consommateurs américains ont certes soutenu les bénéfices du groupe automobile, mais la faible marge affichée par Stellantis « soulève des questions sur la réputation d’efficacité des coûts » du constructeur estiment notamment les analystes financiers de Bernstein dans une note à ses clients.
Les récents mauvais résultats des constructeurs automobiles mondiaux ont accru les inquiétudes quant aux perspectives de vente dans les principaux marchés tels que les États-Unis, tandis qu’ils doivent faire face à une coûteuse transition vers les véhicules électriques et une concurrence croissante des rivaux chinois moins chers.
Stellantis n’est pas le seul confronté au problème : le constructeur japonais Nissan a vu son bénéfice du premier trimestre presque entièrement anéanti jeudi et a réduit ses prévisions annuelles, les fortes remises aux États-Unis ont en effet détruit ses marges.
Travail terminé en Europe mais pas aux États-Unis
Tavares a déclaré qu’il travaillerait tout l’été avec son équipe américaine pour améliorer la performance et réduire les stocks. « Nous considérons que le travail est terminé en Europe, » a-t-il affirmé. Ajoutant que le travail n’était pas terminé aux États-Unis et que l’équipe constituée allait s’y atteler.
Stellantis prend des « mesures décisives pour relever les défis opérationnels » en Amérique du Nord, y compris la réduction de la production et des prix dans la région ce trimestre, a déclaré pour sa part la directrice financière Natalie Knight aux journalistes. Ajoutant que le marché américain était celui qui nécessitait le plus de travail.
Certains analystes estiment en effet que les problèmes étaient susceptibles de persister. N’observant aucune amélioration réelle tant que Stellantis n’aura pas supprimé le surstockage. Situation, qui, selon eux, devrait mettre la pression sur les marges de l’année entière.
Les concessionnaires US se rebiffent
Ces chiffres décevants voient le jour alors que les concessionnaires Stellantis des États-Unis ont récemment exprimé leur frustration face aux véhicules aux tarifs élevés proposés par le constructeur et qui, selon eux, ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. Déclarant en avoir assez des véhicules coûteux qui restent sur leur terrain bien plus longtemps que la moyenne du secteur, ajoutant que leur rentabilité en prenait un coup.
Les tensions entre concessionnaires ont été évoquées lors des réunions du Conseil national des concessionnaires Stellantis qui se sont tenues à Détroit. Un programme de marketing actualisé, des augmentations des incitations pour aider à éliminer les stocks de véhicules plus anciens qui s’accumulent dans les parcs des concessionnaires et la sortie de nouveaux modèles ont été discutés avec les dirigeants de l’entreprise, a déclaré Kevin Farrish, président du Conseil national des concessionnaires.
Un mois auparavant les concessionnaires Chrysler, Dodge, Jeep et Ram ont envoyé une lettre très cinglante au DG Carlos Tavares, exprimant leur frustration et faisant part de leurs inquiétudes concernant la diminution de la part de marché de l’entreprise, les changements au sein des rangs exécutifs du constructeur et le manque de véhicules à prix compétitifs. La lettre, qui demandait à Tavares de travailler avec eux sur un plan de redressement, indiquait que les plus de 2 600 concessionnaires du pays ressentaient la pression financière, la rentabilité devant atteindre son point le plus bas depuis 2009 – la même année où Chrysler désormais intégré dans FCA puis dans Stellantis a été confrontés à une faillite.
« Le réseau de concessionnaires Stellantis aux États-Unis est profondément préoccupé par l’état actuel et l’orientation future des marques que nous représentons », indique la lettre du 23 mai signée par Farrish. « Nos produits ne sont pas compétitifs en termes de prix de vente conseillé, de prix catalogue, de prix de transaction, de leasing ou de financement conventionnel. De nombreux modèles coûtent 10 000 $ de plus que les véhicules équipés de manière similaire de nos concurrents» est-il ajouté.
Début juin, selon les statistiques de Cox Automotive, l’offre moyenne de véhicules neufs en stock pour tous les constructeurs était de 74. Mais les marques Stellantis étaient bien au-dessus : Chrysler à 119, Dodge à 121, Jeep à 147 et Ram à plus de deux fois la moyenne du secteur. Face à la colère des concessionnaires, Matt Thompson, directeur des ventes au détail aux États-Unis pour Stellantis, a déclaré dans un communiqué que le constructeur avait pris des mesures pour offrir aux clients une gamme plus large d’options entièrement électriques, hybrides rechargeables et à essence, et qu’il avait également ajusté les prix de Jeep, Dodge, Chrysler ».
Sources : Bloomberg, Reuters, Stellantis
Ils veulent supprimer Lancia alors qu’ils viennent à peine de relancer la marque au niveau européen avec un modèle présenté il y a quelques semaines ? Super l’anticipation et la prospective !
Après c’est clair qu’il y a trop de marques avec des positionnements trop proches, tout ça pour vendre les mêmes caisses qui sont justes recarrossées. Autant faire un petit ménage là dedans, dommage pour Maserati mais c’est une crainte prévisible depuis un bail.
Je me suis dis la même chose. Je me demandais déjà comment ils comptaient faire pour relancer Lancia alors qu’il n’y a pas de concession, mais là ça ne donne clairement pas envie d’en acheter une si c’est pour supprimer la marque dans les 5 prochaines années.
La même bagnole, les mêmes moteurs à l’infini
Overdose…
Tavares n’a aucune vision et gère ses 15 marques à la petite semaine…. Bien sûr qu’il aurait fallu faire du ménage dans les marques et mieux les positionner (comment expliquer qu’une Alfa Junior soit moins cheire et moins bien finie qu’une Peugeot 2008 ???). Par contre, s’il y a une marque à conserver c’est bien Maserati car elle n’entre en concurrence avec aucune autre marque du groupe
Carlos aurait volontiers gardé Maserati s’il y avait eu moyen de coller un autocollant du trident sur un petit suv 5 portes électrique 156ch avec 51kwh de batteries. (Et éventuellement une déclinaison essence hybride 48v avec un 1.2 136ch.)
Logique, qui voudrait d’une Dodge électrique par exemple ?
Et bien d’autres…
?
On en dit pas plus clairement que c’est une question de produit !
Ben les plateformes des Mercedes Classe M, E et Mistubishi Outlander ont fait leur temps. Quand vous avez une rentabilité canon c’est que vous n’investissez plus pour de nouvelles plateformes. Depuis Mercedes, il n’y a pas eu de développement chez Chrysler and Co.
Clairement l’ex FCA pour avoir la responsabilité de garder trop longtemps des vieilles plateformes.
Stellantis investit pour le long terme avec ses STLA….
Mais il faut attendre que cela se mette en place.
Lors du débat sur la rémunération faramineuse de Tavares je prédisais que les résultats de Stellantis allaient s’effondrer : la faute à une gestion court termiste et à l’absence de vision. On y est. Tavares devrait rembourser….
Ou sinon ils gardent toutes leurs marques et ils éliminent le maillon faible : le gars qui dissimule aussi longtemps que possible des résultats calamiteux pour se faire verser des bonus faramineux.
La gestion de cette pseudo élite franchouillarde, pathétiquement minable
Alors ils n’ont pas de nouveautés contrairement à GM, Toyota ou encore Kia. Chrysler, Dodge ont des autos vieillissantes tout comme RAM. RAM qui avait conclu un accord avec Nissan pour développer les nouvelles plate-formes de pick ups. Accord tombé à l’eau. Après la crise du Covid les carnets de commandes pour Stellantis étaient pleins aux USA pour des plates-formes ultra amortis et aucunes ristournes. Maintenant ils ont du mal à justifier des prix élevés face aux nouveautés de GM. Ford à cassé la rentabilité de Jeep avec le Bronco.
Alors Nissan n’a pas de nouveautés mais il a toujours soldé aux USA pour se maintenir face à Kia et Hyundai. Stellantis ne veut pas solder ses autos vieillissantes c’est différent.
En fait ne resteront que Dodge, RAM, Jeep, Peugeot, Fiat et Alfa… Citroën, Opel, Chrysler, Lancia sont les maillons faibles. Maserati finira chez Ferrari.
Dodge ?
C’est de la bagnole pas chère â la Dacia….
Alors si maintenant elles sont VE et chères…. aucun intérêt
Opel fait partie apparemment des maillons forts depuis son rachat… enfin surtout si l’on compare sa situation d’avant 2017 !
Lancia redémarre… 2 autres modèles doivent arriver !
Slurp
Vous avez été sur le site de Dodge US? Je vais souvent sur les sites des constructeurs dont US. L’offre de Chrysler et Dodge est très faible. Dodge s’est toujours mieux vendu que Chrysler … la bêtise a été de crée RAM. Le Ram est un Dodge à l’origine.
L’Ypsilon est très critiquée, pas sûr qu’elle relancera la marque.
« L’Ypsilon est très critiquée » !? … Peut-ici ?
Mais ailleurs
« Lancia Ypsilon 2024 : coquette et craquante »
https://www.moniteurautomobile.be/essais-auto/premier-essai/lancia-ypsilon-2024.html
Le juge de paix sera les ventes…
En attendant, elle représente un gap de progrès phénoménal.
Alors déjà Carlos ferait mieux de supprimer son poste, et puis de se faire remplacer par un vrai amoureux de l automobile pas par un banquier vautour
Oui mais ce sont ces plateformes qui sont à l’origine des mégas profits engrangés par le groupe. Il faut que les marchés comprennent que pour avoir des nouvelles plateformes il faut investir donc avoir une marge opérationnelle moindre.
Alors, oui, le timing est important, conserver 20 ans une plateforme quand elle est bonne, pourquoi pas ? Mais pas 10 de plus…
Sergio Marchionne était partisan des 0 dépense et investissement sauf pour Alfa…et la 500
« Stellantis investit pour le long terme avec ses STLA…. »
Sur le très long terme alors car la plupart des plateformes sont antérieured à la fusion (CMP, Giorgio,…).
ca fait plaisir de voir qu’on a autant de capitaines d’industries qui commentent ici!
Ils sont vraiment pas malins les actionnaires de Stellantis de garder Tavares, s’ls trainaient sur ce blog ils y trouveraient 20 candidats capables de le remplacer pour même pas 1% du salaire!
???
@amazon quand on est à un poste comme celui de tavares et qu’on est payé comme il l’est c’est pour endosser la responsabilité de la marche du groupe.
D’ailleurs quand ça marche tavares ne manque pas de faire valoir son droit à bonus parce que c’est son succès.
Mais bizarrement quand un truc cloche c’est toujours la faute des marques et des sous chefs et c’est à eux de payer l’addition…
Je ne propose pas ma candidature mais je pense qu’on peut trouver des candidats plus courageux et plus responsables.
Ce n est pas une nouveauté que ce ne sont pas les gens les plus intelligents au commandes mais les plus malins.
t’inquiete, si les actionnaires ne sont pas rémunérés à la hauteur de leur attente ou que le titre dévisse, Tavares va finir très vite à Pole Emploi (pardon va rebondir dans un autre groupe)
Les actionnaires ne regardent que la marge et les indicateurs financiers type editba…. si tu creuses un peu, quelles sont les réussites de Tavares depuis qu’il est au commande de Stellantis ? La plupart des modèles sont des échecs, les marques sont toutes maintenues mais celles qui étaient en difficulté le sont toujours .. pire : les catalogues se réduisent, avec la disparition ou le non remplacement de modèles prestigieux (Giulia, 508, Vectra…), la perte de vitessse des poules aux œufs d’or (3008, 500…). Sans parler du fiasco Maserati … Simple commentateur sur un blog auto , je me sens autorisé à pointer du doigt le manque de vista du patron de Stellantis, qui se traduira à terme à une réduction des bénéfices (ça a commencé) et une déclinaison du groupe face aux concurrents….