par Thibaut Emme
A quand pour les vélos

Faut-il un permis pour trottinette électrique ?

Actuellement, aucun examen ou permis n'est nécessaire pour se lancer dans la pratique de la trottinette électrique, ou même du vélo. Plusieurs voix s'élèvent pour réglementer un peu plus la pratique ce qui pourrait permettre d'éviter certains accidents.

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En 2022, la Fédération des professionnels de la micro-mobilité (FP2M) estime à 1 million le nombre de trottinettes électriques qui seront achetées en France. Si certains s'en servent très épisodiquement en loisirs, pour d'autres, c'est devenu le mode de déplacement du quotidien. Dans certaines grandes villes, le stationnement anarchique des patinettes en libre-service, mais surtout la cohabitation et les questions de sécurité commencent à soulever des réflexions sur les mesures à prendre pour sensibiliser les usagers aux risques encourus, pour eux, mais aussi autrui.

Les "engins de déplacement personnel motorisés", comme on les appelle officiellement, commencent à entrer régulièrement dans les statistiques de la sécurité routière. Il faut dire qu'ils se sont multipliés et tout le monde n'a pas conscience du danger qu'ils représentent. C'est pour cela par exemple qu'à Lyon, CARL propose une formation - gratuite - à la pratique de la trottinette électrique.

L'ASSR insuffisant ?

Déjà, il y a encore pas mal d'usagers de ce mode de transport qui ne savent pas qu'il est interdit de circuler avec sur les trottoirs. Trottinette électrique, hoverboard, gyropode, monoroue, etc. doivent circuler sur la chaussée. Ils ne peuvent pas dépasser les 25 km/h et doivent être conduit par des personnes de plus de 12 ans. Attention, une personne par engin. Dans certaines villes, la circulation sur le trottoir peut être autorisée par le Maire, mais la vitesse sera alors forcément limitée à 6 km/h (comme dans les zones piétonnes).

Là où cela se complique, c'est qu'une trottinette électrique doit avoir des catadioptres, un éclairage avant et arrière et des freins. L'assurance responsabilité civile est obligatoire mais cela couvre pas vos propres dommages si vous êtes le responsable de l'accident. Attention, vérifiez si votre responsabilité civile habitation vous couvre. C'est souvent non et il faut une autre assurance "au tiers". Surtout, le port du casque est obligatoire hors agglomération, mais pas dans les villes.

Outre les règles de base qui peuvent être inconnues ou confuses, Cyprien Bardonnet fondateur de CARL, s'aperçoit qu'il y a de nombreux utilisateurs qui n'ont jamais passé (et donc obtenu à fortiori) l'examen du code de la route. Et si, pour pouvoir circuler sur route publique, on imposait à minima le code de la route ?

En effet, ni les EDPm, ni les vélos n'ont besoin du code de la route pour circuler sur la chaussée. Pour certaines personnes, cela pose un souci de sécurité et ils poussent pour l'introduction d'une sorte de permis pour circuler sur la route. Pourtant, s'il n'est pas question d'un permis obligatoire dans le code de la route, dans les faits, les collégiens ont déjà une sensibilisation en 5e, puis en 3e (ou niveaux équivalents) avec le passage de deux niveaux d'Attestation Scolaire de Sécurité Routière ou ASSR. Visiblement l'ASSR est insuffisant ou vite oublié.

Réapprendre régulièrement le code de la route

Alors faut-il imposer le BSR (Brevet de Sécurité Routière) qui est déjà obligatoire pour la conduite d'un cyclomoteur ou d'un véhicule dit "sans-permis ? C'est le permis AM désormais. Des formations comme celle de l'école des mobilités CARL, ou de la MAIF, de l'ADEME et de la Sécurité Routière existent. Sorte de "perms vélo", elles sensibilisent aux dangers de la route comme l'emportièrement (ouverture d'une portière sur son passage).

A l'inverse, si on doit sensibiliser les usagers des EDPm ou des bicyclettes aux "dangers de la route", il ne faut pas perdre de vue que ces dangers sont souvent les dangers venant des autres usagers de ces routes : voitures, camions, motos, scooters. Et si finalement on rendait obligatoire la mise à niveau du code de la route tous les 5 ans ? Cela éviterait peut-être que beaucoup de personnes empiètent sur le "sas vélo", ou frôle les cyclistes à moins d'un mètre (en agglomération et 1,50 m hors de la ville).

En revanche, cela n'empêchera pas les accrochages volontaires ("road rage"), les stationnements sur voie ou piste cyclable, piétons frôlés par les EDPm, les vélos, etc. Cela n'empêchera pas, non plus, ceux qui utilisent volontairement des trottinettes qui dépassent les 25 km/h (certaines roulent jusqu'à 110 km/h) ou font des "rodéos urbains". Mais pour cela, il faudrait sans doute un "permis civilité", et ce n'est hélas pas gagné.

Crédit photo : SebleoufCC BY-SA 4.0

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Pour résumer

Et si on imposait une formation minimum pour pouvoir utiliser n'importe quel véhicule sur route publique ? Pourquoi certains véhicules n'ont pas besoin ne serait-ce que de passer le code ou quelques heures de cours théoriques ?

Des formations volontaires existent et complètent la formation dispensée à l'école.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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