par Elisabeth Studer

Taxes sur importations chinoises : GM demande une exception

Histoire de démontrer - s'il en était besoin -  que la politique de Donald Trump n'a pas que des impacts positifs sur les constructeurs US, GM vient de demander aux autorités américaines d'assouplir ses règles, pointant un cas précis pour lequel ces mesures le pénalisent.

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General Motors demande ainsi à être ni plus ni moins exempté du versement des nouvelles taxes d'importation imposées pour l'un de ses modèles produits en Chine et vendu aux Etats-Unis. Alors que la guerre commerciale entre Pékin et Washington, il ne fait plus bon être un constructeur US doté d'une production localisée dans l'Empire du Milieu, pour achalander  à la fois concessions chinoises et américaines.

Demande d'exemption pour le SUV Buick Envision

La requête d'exemption a été adressée le 30 juillet dernier auprès du département du Commerce. Elle concerne le SUV Buick Envision, dont le prix de base avoisine 35.000 dollars.

Problème désormais cornélien pour GM : si certes ce véhicule est assemblé exclusivement en Chine, premier marché du constructeur  …. reste qu'il a tout de même représenté 19 % des ventes de la marque Buick aux Etats-Unis en 2017 ….. dilemme, dilemme … Et le SUV doit jouer des coudes pour se faire une place sur le territoire américain : il entre ainsi en concurrence avec la Jeep Grand Cherokee (Fiat Chrysler / FCA) et la Cadillac XT5.

Rajoutez des taxes supplémentaires … et tout cela devient une pilule très dure à digérer pour le groupe automobile : s'il ne répercute pas ces nouvelles impositions sur le prix de vente … c'est sa marge et sa rentabilité qui en pâtissent, s'il augmente les prix de vente de ses véhicules …. les acheteurs iront voir la concurrence …

Guerre des taxes

Jusqu'au 6 juillet dernier, les taxes imposées aux importations de la Buick Envision étaient de 2,5 %, un contexte lui permettant d'être compétitive.

Mais depuis cette date, de nouvelles taxes sur les importations chinoises sont rentrées en vigueur. Les États-Unis ont ainsi remonté de 25% les droits de douane sur 34 milliards de dollars de produits importés de Chine. Pour tenter de limiter la casse, GM avait constitué d'importants stocks avant l'entrée en vigueur des nouvelles mesures.

Nouvelle étape dans l'escalade : l'administration Trump a récemment menacé de relever de 10 % à 25 % les tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises. Leur application est prévue pour septembre prochain.

Pékin a promis pour sa part de mettre en place des droits de douane d'une « ampleur et d'une intensité similaires ».

Argument politico-compatible avec Donald Trump avancé par GM pour justifier son recours :

"Les ventes de ce modèle en Chine et aux Etats-Unis conduisent à un rapatriement important des fonds aux Etats-Unis pour y investir dans les sites de production et développer la nouvelle génération de technologies automobiles", explique le géant de Detroit. Comprenez : certes on produit en Chine, mais une partie de recettes générées par la vente de ce modèle profitent à l'Amérique, au peuple américain, et à l'emploi US …. puis qu'elles sont rapatriées de manière importante dans des investissements permettant de garantir la bonne santé économique et financière du secteur automobile US. Dépenses - court terme  - dans des sites de production et investissements - moyen et long terme  - qui ne pourraient être réalisés en cas de méventes du véhicule.

Une production US n'est pas une option saine financièrement selon GM

Anticipant la réponse de la justice et les critiques de l'administration Trump qu'une telle requête pourrait susciter, GM précise que la "vaste majorité" des 200.000 Buick Envision produits l'an dernier ont été vendues en Chine, "seuls" 42.000 véhicules de ce type ayant été écoulées aux Etats-Unis en 2017.

Compte-tenu de ce ratio de ventes, produire le SUV sur le territoire américain "n'est pas une option", martèle le constructeur.

Sources : AFP, GM

Crédit Illustration : GM

Pour résumer

Histoire de démontrer - s'il en était besoin -  que la politique de Donald Trump n'a pas que des impacts positifs sur les constructeurs US, GM vient de demander aux autorités américaines d'assouplir ses règles, pointant un cas précis pour lequel ces mesures le pénalisent.

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