Nouveau bras de fer sur les prix des péages 2024 ?
par Thibaut Emme

Nouveau bras de fer sur les prix des péages 2024 ?

Nouvelle étape dans les "négociations" entre l'Etat et les concessionnaires d'autoroute. Après la menace d'une hausse de 5% par les péagiers, c'est au tour du Gouvernement d'annoncer une hausse de moins de 3% pour 2024. Du bluff ?

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C'est le Ministre Délégué aux Transports, Clément Beaune qui relance les hostilités en parlant de "beaucoup d'intox" dans ce dossier (sous-entendu de la part des concessionnaires). Selon le Ministre, la hausse sera "inférieure à 3 %" a-t-il tenu à assurer sur l'antenne de RMC. "L’année prochaine, il y aura une hausse qui sera limitée, une hausse qui sera inférieure à 3 %".

De l'autre côté, Vinci, l'un des principaux concessionnaires d'autoroute a dit, par la voix de son Directeur Général Adjoint, Pierre Coppey, craindre une taxe de l'Etat mise en oeuvre dans le budget 2024. Il avait alors brandit la menace d'une hausse de 5% des tarifs pour compenser cette éventuelle taxe. L'Etat cherche comment raboter ce qui est qualifié de "supers profits" des concessionnaires.

Ce coup de rabot ne se ferait malheureusement pas en baissant le prix des péages, mais en récupérant - via une taxe - une partie des profits. Dans la poche de l'état mais pas des usagers. Pour Clément Beaune, "il y a eu beaucoup parfois de mensonges liés à cette taxe sur les sociétés de concessionnaires d’autoroute. Elle n’a aucun impact sur l’évolution des péages".

On est donc dans un combat de bluff à distance entre l'Etat qui veut mettre sa taxe sans que les péages ne prennent 5%, et les concessionnaires qui ne veulent pas lâcher leurs profits. Au milieu de tout cela se trouve les usagers qui ont déjà subi une hausse de 4,75% en moyenne en 2023.

Les usagers sont pris à témoin par le Ministre : "C’est l’Etat qui à la fin prend un texte juridique qui valide cette évolution des péages". Il va même plus loin en traitant ceux qui évoquent une répercussion de la taxe de menteurs. On devrait avoir la réponse du berger à la bergère avec les réponses des concessionnaires.

Taxe sur les autoroutes et certains aéroports

De quelle taxe parle-t-on au fait ? Bercy (le Ministère de l'Economie) par la voix de Bruno Le Maire, le Ministre, a décidé "au nom de la transition écologique" de lever une nouvelle taxe sur "les infrastructures de transport de longue distance". Cette taxe doit rapporter 600 millions d'euros par an. Les 3/4 de cette manne viendraient de la route et 1/4 de l'aérien.

Pour justifier une nouvelle taxe, le Ministre Délégué aux Transports indique que cette taxe doit aussi permettre de financer des investissements dans les bornes électriques, mais aussi le "leasing social". Pour rappel, cette location est une promesse du Président Emmanuel Macron de fournir un véhicule électrique pour 99 €/mois pour certains foyers. Les constructeurs arrivent déjà à ce montant comme MG ou la nouvelle ë-C3.

Avec une telle justification (l'écologie), on ne comprend pas pourquoi les acteurs de la route comme les concessionnaires ne veulent pas se laisser taxer sans rien dire. Pour le moment, la hausse finale des péages n'est pas arrêtée. Le grand bluff entre l'Etat et les concessionnaires devrait donc continuer.

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Pour résumer

Bras de fer de communication à distance entre l'Etat et les concessionnaires. Le premier veut taxer la route pour financer la transition écologique, les seconds veulent reporter cette nouvelle taxe sur le prix des péages.

Dernière étape en date, le Ministre Délégué aux Transports affirme que la hausse sera inférieur à 3% en 2024 et que ceux qui veulent faire croire qu'il est possible de reporter la taxe sur le prix des péages sont des menteurs.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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