par Joest Jonathan Ouaknine

Chine : fin de la route pour Lotus-Youngman ?

Il y a quelques années, Depuis 2013, c'est le silence radio et Proton voudrait lui retirer son imprimatur.

Zapping Le Blogauto Essai de la Megane e tech

Il y a quelques années, Lotus-Youngman apparaissait régulièrement dans Le Blog Auto. Il produisait des Proton badgée Lotus et surtout, son patron, Peng Young, avait le verbe haut. Depuis 2013, c'est le silence radio et Proton voudrait lui retirer son imprimatur.

Proton et Lotus-Youngman, c'est toute une série de coups tordus. Essayons de rappeler les principaux faits.

En 2002, Proton rêvait d'expansion internationale. Le Chinois Goldstar, fabricant d'engin de T.P. (sans lien avec le Coréen LG), lui proposa une joint-venture. Un accord est signé, les années passèrent, mais point de Proton. Peng Young a fait fortune en assemblant des autocars MAN sous licence. Il a tenté de se diversifier dans les autos, en rachetant Yun Que pour y produire des Samand iranienne. Le projet n’aboutit pas et Peng de contacter Proton.

Les Malaisiens considérèrent l'accord avec Goldstar caduque (faute de voitures fabriquées.) Peng exigea que ses voitures porte le nom de "Lotus". En 2006, la Lotus-Youngman RCR (une Proton Gen-2) est dévoilée. Pour émerger parmi les nombreuses marques chinoises et se donner une image "occidentale", Peng n'hésita pas à multiplier les coups de pubs. A partir de 2008, elle est produite à Gizhou, dans l'ex-usine de Yun Que. Goldstar se réveilla, mais un tribunal chinois lui donna tort.

La suite fut une série de brouilles et de réconciliations entre Youngman et Proton. Peng se plaignait d'un contrat trop restrictif (notamment l'interdiction d'exporter.) Les Malaisiens, eux, trouvaient que les volumes et le réseau de leur partenaire étaient insuffisants. Vers 2012, Youngman se lia à Spyker afin de récupérer Saab. Mi-2012, Proton, au bord de la faillite, envoya Dany Bahar en Chine pour que Youngman rachète Lotus.

Début 2013, Peng a réussi à imposer la marque Youngman en Chine. Il annonçait le lancement du SUV T5 (dérivé d'un concept mort-né du "vrai" Lotus) et de la berline L6 (basée sur la Saab 9-5 ?) Puis, plus rien. Le site internet est fermé et Lotus-Youngman a manqué plusieurs salons.

En 2014, Youngman a vendu 64 311 véhicules. Ce qui n'est pas négligeable et cela prouve qu'il est toujours là. Semble-t-il, il n'a plus d'argent pour développer le T5 et la L6. L'accord technico-économique avec Proton a expiré fin 2012. Depuis, Youngman n'aurait plus payé un seul yuan de royalties.

Plusieurs fois, Proton a affiché publiquement son mécontentement. Il a ouvertement flirté avec DongFeng, Hawtai et Geely. Cette fois, il s'est associé à... Goldstar. La joint-venture devrait renaitre de ses cendres. Les voitures seront produites à Quanzhou, dans le Fujian. Pour autant, ils doivent attendre le feu vert des autorités pour démarrer la chaine. De plus, ils ne peuvent rien faire face à Yougnman-Lotus. Reste que ce dernier ne possède aucune ingénierie et il est donc incapable de concevoir de nouveaux modèles. Il semble sur une voie de garage. Sauf si le projet de Proton et Goldstar capote. A ce moment-là, faute de mieux, ils reviendront vers Youngman (comme ils l'ont fait après chaque échec avec un autre partenaire chinois.)

Crédit photos : Youngman

Source :

Paul Tan's automotive blog

Pour résumer

Il y a quelques années, Depuis 2013, c'est le silence radio et Proton voudrait lui retirer son imprimatur.

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.