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Rapprochement de Geely et BAIC ? Non, pour l’instant

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BAIC - Geely

Deux constructeurs chinois qui président aux destinées de Daimler, voilà de quoi alimenter polémiques, débats et rumeurs. Dont celle d’un rapprochement entre BAIC et Geely. Rumeur rapidement démentie. Trop rapidement ?

L’entrée massive de Geely au capital de Daimler n’a pas fini de faire des vagues, et ce même si Li Shufu se plait à dire qu’il n’a pas l’intention de prendre le contrôle du groupe allemand. Entre les remous financiers et politiques, une autre conséquence pourrait aussi se profiler du côté de la Chine. Un rapprochement entre le nouvel actionnaire de référence de Daimler, et son partenaire en Chine. Geely et BAIC.

BAIC, plus qu’un partenaire

BAIC est plus qu’un simple partenaire de coentreprise pour Daimler. En effet, Daimler est directement actionnaire de deux des principales division de BAIC Group : 12% de BAIC Motor, et 3,93% de la division véhicules électriques BJEV. Daimler a en outre œuvré pour que BAIC prenne le contrôle de son autre coentreprise, produisant des utilitaires et monospaces avec Fujian. Et la division Daimler Trucks est quant à elle liée pour la production de camions en Chine à Foton, filiale de BAIC. Les liens sont donc étroits avec BAIC, d’autant que plus d’un quart des ventes de Mercedes sont réalisées sur le seul marché chinois…

Un rapprochement entre BAIC et Geely n’aurait pas de sens uniquement vis à vis de la situation de Daimler. Le gouvernement chinois cherche à faire naître des « champions » nationaux via une concentration du secteur, et verrait sans doute d’un bon oeil l’opération. Dernièrement, le rapprochement a ainsi été engagé entre les trois grands constructeurs d’état, Changan, Dongfeng et FAW.

Grâce à ses succès, Geely fait naturellement figure de champion naturel, mais devra faire les yeux doux à la municipalité de Pékin, propriétaire de BAIC, s’il souhaite réellement s’engager dans cette voie.

Quel intérêt pour Geely ?

Si Pékin a tout intérêt à une union entre deux grands constructeurs chinois, Geely a aussi à y gagner. D’une part, pour mettre en œuvre des synergies entre Geely (et Volvo) et Daimler, qui nécessitent l’aval de BAIC. Avec ses 51% dans la coentreprise chinoise avec Daimler, le groupe public est en effet de-facto décideur, et détenteur d’une partie des droits sur les composants Daimler en Chine. Il peut donc s’opposer à l’utilisation de technologies, plateformes ou moteurs Daimler par d’autres constructeurs en Chine.

Secundo, Geely accuse encore un retard en matière de véhicule électrique et hybride rechargeable sur le marché chinois. En avril, il n’a par exemple vendu que 2 726 voitures de la catégorie NEV (New Energy Vehicle), soit 2,28% de ses ventes. Bien loin du quota de 10% qui entrera en vigueur dès l’année prochaine. De son côté, BAIC a vendu en avril 10 055 voitures électriques, soit plus de 20% de ses ventes, et se positionne comme numéro deux du secteur NEV derrière BYD, ou même numéro un s’agissant de véhicules 100% électriques. Geely pourrait ainsi mettre la main sur la technologie de BAIC, et, en consolidant les ventes des différentes marques, se conformer plus rapidement aux quotas, évitant du coup des pénalités.

Un non unanime

Face à la naissance de rumeurs sur une union, les deux groupes chinois se sont fendus d’un communiqué pour nier en bloc. Un communiqué qui a pour particularité d’être commun. Chose rare donc, et qui prouve qu’il y a au moins rapprochement… entre les services de presse de Geely et BAIC.

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1 Commentaire sur "Rapprochement de Geely et BAIC ? Non, pour l’instant"

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JamesBond
Invité

Article intéressant pour une situation tout aussi intéressante.
Qu’on le veuille ou non, l’automobile de demain va changer et sera (en partie du moins) chinois !

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