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Le conducteur du jour: downsize me!

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L’histoire est un éternel recommencement. L’automobile existe depuis environ 130 ans et il est donc rare qu’un constructeur débarque avec une idée totalement nouvelle. Récemment, Barak Obama demandait à ses compatriotes qu’ils aient des voitures plus économiques. But du jeu : passer de 25 MPG (soit 9,5l aux 100km) à 50 MPG (soit 4,75l aux 100km) pour la moyenne du parc US, d’ici 10 ans. Cela signifierait notamment se tourner vers des voitures plus compactes. Or, cette Ford Falcon peut en témoigner, les compactes US sont un serpent de mer…

Dans les années 50, les « trois grands » décrètent que monsieur Smith en veut toujours plus pour sa voiture: plus de centimètres, plus de chromes, plus de chevaux, plus d’équipements, etc.
Dans un premier temps, ils semblent avoir raison. Les premières tentatives de compactes (Willys Aero, Kaiser Henry J…) sont autant de flops.
Mais les choses changent au cours de la décennie. Les femmes et les jeunes ne désirent pas autant d’opulence. La Studebaker Lark est la premier essai transformé d’une berline US à dimensions « européennes ».

Les trois grands s’engouffrent presque simultanément dans la brèche avec la Chevrolet Corvair, la Plymouth Valiant et donc, la Ford Falcon. Robert McNamara serait le « père » de cette dernière. Un championnat Nascar dédié aux compactes est même échafaudé.
Côté Ford, on utilise Charlie Brown pour faire la promotion de la Falcon. Vu de 2012, cela peut faire sourire : on a connu plus irrévérencieux que Snoopy… Mais en 1960, les constructeurs US en sont encore aux dessins luxueux avec des personnages souriants posant devant leurs immenses maisons.
Les « trois grands » sont mal à l’aise face à leurs compactes: ils ne savent pas comment les « vendre ». La Falcon est reliftée en 1964, mais le battage autour du lancement de la Mustang l’éclipse totalement. Un deuxième lifting apparait à la fin des années 60. Puis elle est remplacée par la non-moins discrète Maverick. Ford (comme ses compatriotes) manque le coche et il se retrouve d’autant plus au dépourvu en 1973, lors de la crise du pétrole…

La notion de « petite voiture » est très relative. A l’époque, les Français les plus aisés roulaient en DS ou en 403. A côté d’elles, la Falcon semble à la fois immense et ostentatoire ! Et que dire de son 6 cylindres 2,4l 85ch face aux quat’pat tricolores…

Au final, la Falcon trouve des débouchés inattendu en Argentine et surtout, en Australie. A chaque fois, les représentants locaux la lancent « pour voir », sans trop y croire. En Argentine, elle est la chouchoute des taxis. Plusieurs fois restylée, le modèle originel est vendu jusqu’en 1991! En Australie, elle devient l’anti-Holden Commodore. Chaque modèle ayant ses « ultras » et la rivalité se prolonge sur les circuits, en V8 Supercars. Cette histoire devrait hélas, bientôt s’achever.

Bonus : dans l’une des publicités, on voit Charlie Brown écrire « Falcon » sur sa caisse à savon, pour la rendre plus attractive. Toute ressemblance avec une fameuse campagne de la Peugeot 205…

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4 Commentaires sur "Le conducteur du jour: downsize me!"

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DarkKane
Invité

Pour les USA, il faudrait qu »un État, tel New York, oblige à une longueur et / ou une cylindrée maximum dans sa métropole comme Tokyo.
Si déjà à l’intérieur des grandes villes, les petites voitures deviennent la norme, le reste des USA suivra.

Julien
Invité

Il n’y a pas de limite de cylindrée et encore moins de taille à Tokyo.

leelabradaauto
Invité

elle est chouette, on dirait une 17m ts, en mieux.

carrera6
Invité

Il était de bon ton en Europe de rouler dans ce genre de véhicules (considérés comme hauts de gammes, notion de rêve américain etc..) et les rares modèles importés faisaient passer leurs propriétaires pour des gens encore plus aisés que ceux roulants en DS, se rapprochant des stars, friands de voitures américaines.

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