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Robert McNamara (1916-2009)

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C’est une question digne du Trivial Pursuit: quel est le point commun entre le secrétaire (ministre) de la défense de John Fitzgerald Kennedy, Bob Marley et Louis-Ferdinand Céline? Réponse: tous les trois ont travaillé pour Ford, à Detroit. McNamara fut même brièvement président de la société.

Robert Strange McNamara (son deuxième prénom est le nom de jeune fille de sa mère) est né à San Fransisco. Fils d’un grossiste en chaussures, il étudie à Berkeley, puis à Harvard.

Après un passage chez Price Waterhouse, il revient à Harvard, comme assistant-professeur.

En 1943, il est mobilisé dans l’armée de l’air. Il y travaille comme statisticien, chargé d’évaluer le rendement des bombardiers B29.

Démobilisé en 1946, il entre ensuite chez Ford. L’ovale bleu est au plus bas. Henry Ford meurt en 1947, complètement sénile. Son fils Edsel était mort deux ans plus tôt et l’état Américain est venu chercher Henry Ford II (petit fils d’Henry Ford) alors qu’il est encore étudiant.

Henry Ford II s’entoure de « gamins », chargé de remettre Ford dans le droit chemin et McNamara est l’un d’eux.

Au début des années 50, Ford retrouve effectivement son lustre d’antan et les nouveautés finissent par affluer. Par exemple, en 1954, le V8 « Y » remplace le vieux V8 à soupapes latérales.

Par contre, les excentricités héritées d’Henry Ford (qui voulait littéralement contrôler ses ouvriers du berceau à la tombe) disparaissent et la famille Ford perd du poids dans la gestion de l’entreprise.

En tant que responsable « produit », McNamara prendra des décisions controversées.

Au milieu des années 50, Ford et Chevrolet dominent la Nascar (ci-dessous, les essais des 500 miles de Daytona 1957.) La Nascar craint ue course à l’armement et annonce l’interdiction des « usines ». McNamara prend la Nascar au pied de la lettre, laissant Chevrolet gagner seul.

Vint ensuite le projet Edsel. Difficile de savoir a posteriori qui fut le responsable. Tout le monde se rejeta la patate chaude. Quoi qu’il en soit, ce qui aurait du être la nouvelle marque de Ford, est désormais un cas d’école du bide commercial.

McNamara se servait avant tout des chiffres pour prendre ses décisions.  Il était ainsi persuadé que Ford doit lancer une « compacte » et qu’elle fera un malheur.

La Falcon apparue en 1960 et elle n’eu pas le succès escompté. Par contre, Lee Iacocca (à droite) s’en servira comme base pour la Mustang.

Après le flop de la Lincoln ’58, McNamara songea à supprimer la marque. Il se ressaisit et Lincoln sorti une Continental plus petite, en 1961.

La marque en offrit une au président Kennedy:

Après l’échec d’Edsel, les « gamins » de Ford ne sont plus en odeur de sainteté. McNamara est élu président de la firme en 1960 (devenant le premier « non-Ford » à ce poste), mais ses jours sont comptés. Car Henry Ford II (ici à droite de McNamara) en a profité pour faire le ménage chez les prétendants au trône. Au point où Francis « Jack » Reith, ex-futur N°1 de Ford, se suicidera.

Heureusement pour lui, en 1961, McNamara est nommé secrétaire d’état à la défense par JFK. McNamara était pourtant davantage proche du parti républicain (Kennedy était démocrate.)

McNamara continuait de s’appuyer sur les chiffres. En 1962, lors de la crise des missiles de Cuba, il pense qua la solution serait une invasion avec renversement du régime. Il pense que ce serait jouable en 72 heures (malgré l’échec du débarquement sur la baie des Cochons, quelques mois plus tôt.)

Face à l’émergence du Viet-Cong, il envoie massivement des troupes au Vietnam. Lorsque la guerre éclate, en 1965, il pense que la guerre sera facilement gagnable. Il suffit juste d’envoyer encore plus de soldats US.

Entre temps, ironie de l’histoire, Kennedy est assassiné alors qu’il était à bord de sa Lincoln Continental présidentielle. L’une des voitures voulue par McNamara.

McNamara garda son portefeuille lorsque Lyndon Baines Jonson devint président. En 1968, il devint président de la banque mondiale.

Il prit sa retraite en 1981. Dernier survivant de l’administration (gouvernement) Kennedy, il rédigea ses mémoires et fut l’objet d’un documentaire, entre mea culpa et tentatives pour réécrire l’histoire à son profit.

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