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Bertha Benz: la première conductrice

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Un matin d’août 1888, à son réveil Carl Benz trouve la maison vide. Il y a une note sur la table qui dit grosso modo: « Carl, je pars chez mes parents avec les deux grands et je reviens. Je te laisse avec les deux petits. Bises. Bertha. » Et en plus, quand il ouvre son atelier, une « Patent-Motorwagen N°3 » manque à l’appel! Sa femme venait d’inventer le périple routier, à l’insu de son mari.

Carl Benz était un inventeur presque autodidacte et très solitaire. Il avait l’intuition que l’avenir appartenait aux véhicules motorisés par un moteur à explosion. Cet ancien ajusteur de locomotives pensaient que la vapeur avait fait son temps.

Au même moment, Gottlieb Daimler installait un moteur à explosion dans une calèche modifiée. A contrario, Benz préféra partir d’un châssis inédit. Il créa ainsi sa « Patent-Motorwagen N°1 » en 1886, techniquement plus raffinée que la Daimler contemporaine. Elle fut suivi par une « Patent-Motorwagen N°2 » et plusieurs « Patent-Motorwagen N°3 », en 1888. Originalité: les premières Benz ont 3 roues.

Mais Benz ne sait pas se « vendre » et les clients sont rares, alors que Daimler est déjà à la tête d’une PME.

C’est là qu’intervient Bertha (1849-1944), sa femme (ci-dessous, avec son mari.) Cäcilia Bertha Ringer, épouse Benz, est la fille d’un charpentier de Pforzheim. A 20 ans, en voyage à Maulbronn, elle croise un jeune ingénieur diplômé, Carl Benz. Elle l’épouse en 1872 et lui donne quatre enfants: Eugen (1873), Richard (1874), Klara (1877) et Thilde (1882.)

Elle n’a eu aucun rôle officiel dans la construction des voitures ou leur commercialisation. Elle se serait contenté de « motiver » son mari.

En aout 1888, elle a une idée: aller de Mannheim (siège de Benz) à Pforzheim, à bord d’une « Patent-Motorenwagen N°3 », avec l’aide d’Eugen et Richard (le mois d’aout fut choisi car ils étaient en vacances.) Ce sera elle qui conduira. L’objectif étant de démontrer la fiabilité des Benz sur un « long » voyage et de jouer également les publicités ambulantes.

Au petit matin, les trois personnes « empruntent » le véhicule et le pousse jusqu’à ce qu’ils soient assez loin pour que Carl ne puisse pas les entendre démarrer.
D’emblée, ils ont des soucis. Problème N°1: comme toute femme, Bertha n’a aucune notion d’orientation et elle ne sait pas par où aller. Pour sa défense, à l’époque, on utilise peu les routes (on voyage davantage en train), les routes ne sont pas numérotées, les panneaux indicateurs sont rares et les cartes sont fantaisistes. D’où un Mannheim-Pforzheim-Mannheim pas vraiment effectué par les chemins les plus courts (Cf. carte en photo N°5)
Problème N°2: la Benz n’a pas de réservoir d’essence. Le carburant est stocké dans le carburateur (capacité: 4,5 litres) et ils sont à sec. Ils vont faire un plein « d’esprit de pétrole » dans une… Pharmacie de Wiesloch (qui se vantera ensuite d’être la première station service du monde.)
Problème N°3: il n’y a pas de circuit de refroidissement et ils sont obligé de s’arrêter pratiquement à chaque maison, à chaque puits, à chaque ferme, pour asperger d’eau le monocylindre.

En ligne droite, avec son monocylindre 1,7l 2,5ch, la Benz atteint 12km/h (une vitesse honorable pour l’époque.) Mais dans les collines entre Bruchsal et Durlach, il faut descendre et pousser. Deux garçons de ferme les aideront.
En descente, ce sont les freins qui sont insuffisants pour les 360kg de l’engin… Ou plutôt le frein, inspiré du système des voitures hippomobiles. Bertha stoppera à Bauschlott, où elle achète un morceau de cuir, qu’elle installe sur le patin; inventant du même coup la garniture de frein. Dans un même esprit MacGyver, elle déboucha la pompe à essence avec une épingle à chapeau et isola le faisceau électrique avec une jarretière.

Elle arriva à bon port et revint à Mannheim quelques jours plus tard. A chaque fois, elle envoya plusieurs télégrammes dans la journée à son mari, pour lui dire où elle était. On imagine un message type: « Kikoo je sui a Bruchsal la Benz l é tro bien mdr » Ou plutôt: « Carl, arrivé à Bruchsal. Stop. Tout se passe à merveille. Stop. Je t’embrasse. Bertha. Stop. »

Epilogue: Bertha Benz effectua au total 180km. Effectivement, cela lui fit de la publicité. Carl Benz alla à l’exposition de Munich, où il décrocha une médaille d’or. Il se trouva un commercial, Julius Ganz et un apprenti, un certain August Horch… La production décolle, les Benz passent à 4 roues (1892) et le cap de la vingtième voiture est franchi (1894.)
Bertha ne fit plus d’escapades automobiles. Elle eu un cinquième enfant, Ellen, en 1890.
Autre conséquence de son épopée: la maréchaussée locale (effrayée à la vue d’une femme au volant?) interdit aux Benz de rouler dans la région.

Bertha Benz (1).jpgBertha Benz (2).jpgBertha Benz (3).jpgBertha Benz (4).jpgBertha Benz (5).jpg

Source:
Mercedes

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1 Commentaire sur "Bertha Benz: la première conductrice"

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Chab
Invité

« comme toute femme, Bertha n’a aucune notion d’orientation et elle ne sait pas par où aller. »
Le sens de l’orientation logerait-il dans les testicules ?

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