Nissan Leaf : la voiture électrique pour le commun des mortels ?

Réunir la presse un dimanche matin, ça n’est pas courant et il fallait que l’événement soit spécial. Il l’était pour Nissan qui inaugurait aujourd’hui deux éléments importants de sa vie d’entreprise : son tout nouveau siège à Yokohama, de retour dans la ville où le constructeur avait commencé son existence en 1933, et sa première plateforme électrique destinée à voir la production à grande échelle. Le siège, c’est un immeuble ultra-moderne situé à un jet de pierre de la gare de Yokohama, une des plus fréquentées du pays, au coeur du quartier Minato Mirai. Construit en utilisant les dernières techniques architecturales, il utilise au mieux lumière naturelle et optimise la circulation de l’air ambiant pour économiser les ressources. L’immeuble écolo était donc le cadre idéal pour dévoiler la Leaf, qui se veut la première voiture électrique vraiment utilisable par tout le monde.

C’est la justification de son aspect plutôt habituel. Au lieu d’avoir fait un ovni comme c’est souvent le cas avec les électriques Il s’agit de rassurer le client avec une voiture à la disposition connue, pouvant accueillir cinq passagers, des bagages, et pouvant s’insérer dans la circulation comme les autres. Mais cette allure dans laquelle on retrouve des signes du design maison cache une aérodynamique très soignée, un point commun avec la Prius et l’Insight. En terme de performances, le moteur de la Leaf développe un peu plus d’une centaine de chevaux, a une vitesse de pointe supérieure à 140 km/h et de meilleures accélérations qu’une voiture équipée d’un moteur à combustion interne équivalent. Ce ne sont certainement pas des performances de supercar mais il y a de quoi tenir sa place sur la route.

Avec 160 km en conditions normales de conduite (lire : sans être en conditions idéales), Nissan estime que, d’après les résultats des études effectuées aux Etats-Unis, au Japon et en Europe, l’autonomie est suffisante aux besoins quotidiens de 70% des conducteurs. Et pour rassurer au maximum sur la question de l’autonomie, la Leaf multiplie les indicateurs d’autonomie restante, de charge des batteries, de cartes des stations de recharge sur le système de navigation, et, de façon générale, est largement connectée par de multiples fonctions télématiques. Elle envoie même des emails… La recharge complète des batteries Lithium-Ion qui sont réparties sous l’habitacle dure 8 heures sur une prise de courant standard, mais le véritable avantage est de pouvoir charger jusqu’à 80% des capacités en 30 minutes via un chargeur spécifique tel qu’on les trouve dans les stations de chargement. L’idée est donc de recharger pendant la nuit, mais de pouvoir le cas échéant recharger suffisamment, dans une durée courte, pour finir son trajet. La viabilité de ce raisonnement et le déploiement rapide des stations de chargement, à laquelle le constructeur ne compte pas participer directement, est la clé du succès ou de l’échec de la Leaf.

Sur le plan financier, Nissan a décidé de présenter son offre sous la forme d’une combinaison : la voiture sans les batteries sera vendue à un prix comparable aux voitures de taille équivalente, et les batteries seront séparément proposées sous forme de leasing. Profitant des diverses aides gouvernementales proposées selon les pays, le leasing devrait revenir au final un peu moins cher que le prix de la quantité équivalente de carburant utilisé pour une voiture à moteur à combustion interne. Le fait d’utiliser la forme du leasing devrait permettre également de pouvoir profiter au fur et à mesure de la vie de la voiture des progrès attendus en matière de technologie des batteries. En clair, pas d’avantage financier massif pour l’instant à l’utilisation de la Leaf, mais le différentiel devrait s’accroître à mesure que dans le même temps le carburant augmente et que la technologie des batteries s’améliore et baisse de prix. Là encore, le risque pris par Nissan n’est pas nul car la rentabilité passe par des progrès technologiques futurs.

La Leaf sera construite au Japon, aux Etats-Unis et à terme en Europe. Elle sera mise en vente l’année prochaine sur ces trois marchés. Il s’agit d’un produit ambitieux et pionnier qui fait penser à la première Prius. Comme cette dernière, elle a la difficile tâche de passer de la théorie à la pratique. Elle ne sera sans doute pas parfaite, et essuiera les plâtres de plus d’une manière, mais il faut bien que quelqu’un plonge le premier. Nissan, qui avait préféré laisser passer le premier round hybride, se dévoue pour l’électrique. Bonne chance à la Leaf.

Source Nissan

Crédit Images : Nissan et le blog auto

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Nissan : des électriques, un site dédié et des petites hybrides?
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43 commentaires »

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  1. 1

    Nullos

    Si je trouve le montage financier intéressant, je ne vois toujours pas pourquoi ce serait aussi cher que l’essence. A moins pour les purs urbains qui prennent l’avion dès qu’ils font plus de 160km, c’est cher, très cher pour des contraintes énormes.

    L’idée de Bolloré de proposer 300€/mois pour TOUT (voiture+batteries) est bien plus intéressante, car il ne faut pas oublier que dans les deux cas il faut encore payer son électricité et là donc la Leaf devient plus chère que l’essence…

  2. 2

    Fastbear
    Fastbear

    Le plus important de tout, j’espère que Nissan a prévu un plan de communication et de marketing a la hauteur et de faire du lobbying intense pour faire installer des bornes dans les villes.
    Il en existes a Paris mais en dehors de quelques scooters électriques le plus souvent les places sont squattées par des SUV et autres bétaillères a mazout.

  3. 3

    CONCEPT ALPINE A410

    On évoque souvent l’idée de faire le “plein” à destination, arrivé chez grand-mère par exemple…Une fois la recharge effectuée, et le bisou à la grand-mère, on peut reprendre la route.
    Sauf que grand-mère n’appréciera peut-être pas de voir sa facture d’électricité augmentée d’une recharge rapide
    sinon en terme de design, j’ai mâché un chewing-gum la dernière fois qui ressemblait assez à ça..
    La forme générale, les phares exorbités, les découpes d’ailes à la Peugeot, le dessin n’a vraiment rien de sympathique
    On a l’impression que 3 dessinateurs ont travaillé sans se concerter, un pour l’avant, l’autre l’arrière qui n’est pas si mal, mais qui se conjugue mal, avec les flancs dessinés par le 3ème…

  4. 4

    wizz

    “L’idée de Bolloré de proposer 300€/mois pour TOUT (voiture+batteries) est bien plus intéressante, car il ne faut pas oublier que dans les deux cas il faut encore payer son électricité et là donc la Leaf devient plus chère que l’essence…”

    @nullos
    il faudrait que tu nous développes cette partie. En quoi l’offre Bolloré est elle meilleure que la solution de Nissan?
    Et aussi en quoi seule la LEAF est plus chère que l’essence? Le cout d’utilisation de la Bolloré serait elle moins chère que l’essence

  5. 5

    shooby
    shooby

    L’offre de Bolloré est peut être plus séduisante en comprenant du point de vue design, tant il est vrai que la minicitadine franaise est plus sexy … mais financièrement parlant, on est loin d’être attirante. J’étais interessé par la location de cette voiture, comme ça, pour tester se qu’est une voiture electrique. Hélas quand j’ai vu le prix de la location, j’ai vite dit au revoir. Même notre 309 à moteur TU (pourtant vorace) est plus interessante financièrement, car avec je ne met que 40 euros environ d’essence toutes les 2 à 3 semaines !

  6. 6

    Cooltea

    Je me pose beaucoup de questions sur la justification de cette solution tout électrique au jour d’aujourd’hui:
    - à quoi cela sert-il vraiment de reporter toute la pollution des villes vers la campagne où sont installées les centrales électriques, sachant que la pollution atmosphérique n’a pas de frontière et ne va pas s’arrêter au bord des villes.
    - seulement 160 km d’autonomie dans les meilleures conditions, cela me semble vraiment trop faible, surtout qu’il faut compter environ 8 h de charge pour remettre les batteries à bloc. Va-t-on être obligé de rebrancher le cable chaque fois qu’on rentre chez soi, quid des oublis, de la pluie, des bras chargés d’emplettes, etc… ou de se retrouver le lendemain matin la batterie déchargée… Bonjour les mauvaises surprises.
    - et puis comment vont faire tous ceux qui habitent des appartements ou n’ont pas accès à une prise électrique juste à côté du parking de leur voiture ? Sans parler des vandales qui se feront un malin plaisir de vous sectionner le cable…
    En conclusion, j’ai l’impression qu’on risque de gagner un peu d’un côté pour perdre beaucoup d’un aute côté… et que même la pollution globale n’y gagnerait pas, sauf si on arrive vraiment à produire l’électricité bien proprement, ce qui est encore très loins d’être le cas, en tout cas aux coûts actuels.
    Donc, Vive l’hybride façon Prius !! pour au moins une bonne dizaine d’années encore…

  7. 7

    Anonyme

    ils sont obligé de faire des truc moche il savent pas faire de belle voitures électrique ou électricité rime avec mocheté

  8. 8

    wizz

    …ou plutot vive l’hybride façon hybride en série. Autrement dit, une voiture électrique avec un groupe électrogène (pour les au cas oùùùù)

    On pourrait mettre moins de batterie, et baisser sensiblement le prix de la voiture
    Qui ici fait plus de 100km par jour A/R?
    donc pas besoin d’autant de batterie

    Qui ici doit faire un trajet de plus de 100km très souvent?
    Si on sait que le trajet dépasse l’autonomie de la batterie, alors il ne faut pas attendre que la batterie soit complètement déchargé pour enclencher le groupe électrogène, parce qu’il faudrait un groupe puissant (et donc lourd, etc…)
    Dans ce cas, on peut forcer la mise en marche du GE tout de suite, afin de produire le plus d’électpossible. De plus, lors des arrêts pause, on peut laisser le GE tourner et continuer à produire de l’élect (si jamais il n’y a pas de prise pour recharger), et de récupérer la voiture bien chaude après. Pratique en hiver..;
    Avec un GE, on peut aussi le programmer. Je quite le boulot à 17h, et à 16h45, le GE se met en marche. Je récupère ma VE bien chauffée, dégivrée…

  9. 9

    LE LOUP

    Projet intérésant…

    L’hybride c’est de la merde, car ça marche que en ville ou on accélère et freine souvent, hors la prius et autre sont des grosse voitures et lourde, au final est consomme plus qu’une bonne twingo… et sur autoroute la prius roule qu’a l’essence donc ça revint à la même chose .

    La solution miracle il y en a pas, mais moi je trouve le projet better place sympa, mais a associé avec des centrales solaires…. sinon le nucléaire va polluer toute la terre

  10. 10

    CDA
    CDA

    Oulà, madame, il ne faut jamais mettre ces coordonnées (encore moins téléphoniques) sur Internet ^^

    Pour cette actu, de toute façon, il n’y aura pas de solution miracle. C’est déjà bien que ces projets avancent!

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