par Thibaut Emme

Dieselgate : Bruxelles veut plus de garanties de la part de Volkswagen

Si aux USA les négociations avec VW semblent avancer vite, avec la menace de grosses sanctions, en Europe, VW se fait tirer l'oreille. La Commission Européenne, de son côté, doit hausser le ton pour tenter de faire plier le constructeur.

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Si aux USA les négociations avec VW semblent avancer vite, avec la menace de grosses sanctions, en Europe, VW se fait tirer l'oreille. La Commission Européenne, de son côté, doit hausser le ton pour tenter de faire plier le constructeur.

VW a bien fourni à la Commission un plan de rappel et de modifications, mais le constructeur a également indiqué qu'il ne pouvait garantir que les modifications n'altéreraient pas la viabilité des moteurs remis dans les clous. Une sorte de chantage pour tenter de minimiser les modifications à réaliser ? Un responsable de la Commission réagit : "Nous voulons que Volkswagen garantisse, d'une façon légalement contraignante et sans limite dans le temps, que les réparations devront fonctionner et n'auront pas d'effet négatif".

Le plan de Volkswagen, présenté en septembre, un an après le début du scandale du diesel truqué, prévoit la remise en conformité des véhicules incriminé d'ici un an (automne 2017) sans compensation financière pour les clients lésés. "VW doit nous convaincre que tous les véhicules seront réellement réparés d'ici à l'automne 2017" souligne le responsable de la Commission.

Věra Jourová en veut plus pour les clients

La commissaire européenne à la Justice et la Consommation, Věra Jourová, regrette que VW ne prévoit visiblement rien pour minimiser les désagréments pour les clients. Elle souhaite que des "avantages supplémentaires" soient offerts. Dans une lettre à VW, elle demande une garantie illimitée dans le temps de la mise en conformité des moteurs avec la législation européenne Euro 5 et Euro 6. Enfin, souhaite également que Volkswagen envisage le rachat pur et simple de certains véhicules, et pense aussi à une "compensation volontaire".

Du côté de VW, on indique travailler avec la commission et avoir pris note des remarques. "Volkswagen a accepté aujourd'hui de présenter des propositions pour renforcer un certain nombre de points de son plan d'action" précise Christian Wigand, porte-parole de la commissaire. Malheureusement, cela risque de traîner encore des mois.

Pour les clients, il faudra se montrer patient. Certains refusent la "mise en conformité" de leur véhicule tant que VW n'apporte pas la preuve qu'il n'y a pas de perte de performances ni de fiabilité, mais VW les renvoie à l'avis de la Commission. Justement, en ne pressant pas vraiment le pas et en ne tapant pas vraiment du poing sur la table, la Commission Européenne laisse ces clients un peu seuls face au constructeur. Un contraste flagrant avec ce qu'il se passe de l'autre côté de l'Atlantique.

Source : Commission Européenne via AFP, illustration : Mariordo/Wikimedia

Pour résumer

Si aux USA les négociations avec VW semblent avancer vite, avec la menace de grosses sanctions, en Europe, VW se fait tirer l'oreille. La Commission Européenne, de son côté, doit hausser le ton pour tenter de faire plier le constructeur.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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