par Elisabeth Studer

Le gouvernement coupe les ailes du marché électrique selon la filière auto

La Plateforme automobile (PFA) - laquelle rassemble la filière française du secteur - tire à boulets rouges contre le gouvernement. Pointant du doigt la stratégie menée par ce dernier envers - ou plutôt contre - les véhicules électriques, elle estime ni plus ni moins que le décollage du marché dans l’Hexagone s’avère compromis par la politique gouvernementale. Supposée être incitative et à but écologique, la Plateforme considère désormais qu'elle ne remplit pas ses objectifs.

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La Plateforme automobile (PFA) - laquelle rassemble la filière française du secteur - tire à boulets rouges contre le gouvernement. Pointant du doigt la stratégie menée par ce dernier envers - ou plutôt contre - les véhicules électriques, elle estime ni plus ni moins que le décollage du marché dans l’Hexagone s’avère compromis par la politique gouvernementale. Supposée être incitative et à but écologique, la Plateforme considère désormais qu'elle ne remplit pas ses objectifs.

Une déclaration qui intervient à la suite de l’annonce de la diminution en 2021 et 2022 du bonus écologique accordé à l’achat de véhicules électriques. 

Le malus transformé en un impôt déguisé selon la PFA

« Le dispositif de bonus/malus, dans son principe, est destiné à orienter le marché vers l’achat de véhicules à zéro ou faibles émissions de CO2, en désincitant les consommateurs à l’achat des véhicules les plus polluants, d’une part, en les encourageant à l’achat des véhicules les plus propres, d’autre part » rappelle la plateforme dans un communiqué.

Selon elle « les choix annoncés aujourd’hui par le gouvernement remettent en cause ce mécanisme vertueux ». Plus encore, observant que « la logique d’affectation des recettes de malus vers le bonus a disparu », elle estime que la mesure transforme « le malus en un impôt déguisé » « fragilisant le bonus des véhicules électriques au moment où il sera le plus nécessaire. »

Malus fortement augmenté, bonus fortement baissé …

La Plateforme précise par ailleurs que la nouvelle grille de malus pour 2020 se traduit par une multiplication par cinq ou six des malus payés par les consommateurs et un déplafonnement de 12.500 à 20.000 €.

Alors qu’en toute logique et par un souci d’équilibre conforme à l’objectif initial du mécanisme, on pourrait s’attendre à une hausse du bonus écologique …. c’est le contraire qui a été décidé.

Le gouvernement annonce ainsi une baisse continue d’ici à 2022 du bonus pour les particuliers, et la division par deux, dès 2020, du bonus sur le marché des professionnels.

« A terme, à horizon 2022, le bonus pour les particuliers sera réduit à 4000 euros et on aura divisé par six le bonus sur un marché des professionnels qui représente le plus fort potentiel à l’achat de véhicules électriques et qui pèse plus de la moitié du marché global » constate la PFA.

Le gouvernement non conforme à ses engagements selon la PFA

Le gouvernement « n’est pas au rendez-vous de ses engagements », alors qu’il s’est « engagé à maintenir un niveau soutenu de bonus […] et accélérer le déploiement des infrastructures de recharge », regrette par ailleurs la plateforme automobile.

Plus encore, la Plateforme rappelle qu’à partir de la signature du contrat stratégique de filière en mai 2018, les constructeurs se sont fixés pour objectif de multiplier par cinq les ventes de véhicules électriques d’ici à 2022.

« Les industriels sont plus que jamais au rendez-vous avec des investissements massifs et une gamme : 100 modèles de véhicules électriques disponibles en 2019, 176 en 2020, 214 en 2021, 333 en 2025… » tient encore à rappeler la Plateforme. Qui se sent bernée …

« Le gouvernement, en apposant sa signature au contrat stratégique de filière, s’est engagé, non seulement à offrir de la visibilité mais, surtout, à maintenir un niveau soutenu de bonus pour la phase de décollage du marché et à accélérer le déploiement des infrastructures de recharge. Force est de constater qu’il n’est pas au rendez-vous de ses engagements » précise-t-elle ainsi.

Incohérence des choix du gouvernement

« On ne peut dès lors qu’être frappé par l’incohérence des choix qui sont faits aujourd’hui : comment peut-on, d’un côté, plaider l’exigence et l’accélération de la trajectoire en Europe, et de l’autre, en France, ne pas se donner les moyens de ses ambitions ? », s’insurge par ailleurs la PFA.

« Être ambitieux sur les objectifs et manquer à ce point d’ambition sur les moyens, c’est réduire ses ambitions à de l’affichage politique » affirme-t-elle tout net.

L’ objectif de multiplier par cinq les ventes de véhicules électriques d’ici à 2022, « suppose, pour la seule année 2020, le doublement des ventes de véhicules 100% électriques et hybrides rechargeables » précise-t-elle. « Or, l’enveloppe du bonus retenu par le gouvernement n’augmente que de 50% » déplore-t-elle. »

Un décollage compromis

« L’expérience sur d’autres marchés montre qu’il n’y aura pas de décollage du marché du véhicule électrique sans incitations fortes à l’achat – la ministre l’a elle-même souligné à l’occasion des débats parlementaires. Avec un durcissement sans précédent du malus qui ne se traduit, en contrepartie, que par un bonus réduit a minima à horizon 2022, c’est la double peine pour le consommateur » s’insurge encore la PFA.

Au total, le grand risque est que tout le monde soit perdant : l’industrie, l’écologie et le pouvoir d’achat des Français », a insisté Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA).

Notre avis, par leblogauto.com

Il est clair que la PFA plaide pour sa chapelle et non pour l’écologie. Si elle regrette la baisse des subventions qui ne disent pas leur nom …. ce n’est pas dans un souci de protéger la planète …. mais plutôt face à la baisse de rentabilité que de telles mesures imposent aux constructeurs automobiles. Lesquels doivent investir massivement dans de nouvelles technologies pour pouvoir offrir des motorisations électriques leur permettant d’être globalement conformes aux nouvelles normes environnementales.

La baisse du bonus écologique modifie donc avant tout leur business model, réduisant leurs marges … et leurs ventes, en limitant les incitations à l’achat. Perdant ainsi sur les deux tableaux, on peut comprendre leur colère …

Reste que la PFA n’a pas tout à fait tort en indiquant que le malus a été transformé en un impôt déguisé. Le principe initial de ponctionner les pollueurs dans le but de favoriser l’achat de véhicules plus écologiquement corrects a semble-t-il était oublié … le but final semblant désormais de renflouer les caisses de l’Etat.

Sources : PFA, AFP

Pour résumer

La Plateforme automobile (PFA) - laquelle rassemble la filière française du secteur - tire à boulets rouges contre le gouvernement. Pointant du doigt la stratégie menée par ce dernier envers - ou plutôt contre - les véhicules électriques, elle estime ni plus ni moins que le décollage du marché dans l’Hexagone s’avère compromis par la politique gouvernementale. Supposée être incitative et à but écologique, la Plateforme considère désormais qu'elle ne remplit pas ses objectifs.

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