par Elisabeth Studer

Hydrogène : le PDG d'Air Liquide appelle à la coordination

Alors que le gouvernement met en avant l'hydrogène comme une des énergies du futur, et ce, à grand renfort de discours et de politique de soutien – histoire de tenter de relancer la croissance et de faire face à la crise économique engendré par la Covid19 - le PDG d'Air Liquide se veut quant à lui plus prudent.

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Benoît Potier a ainsi appelé mercredi à la mise en place d'un comité national très "opérationnel" pour organiser la montée en puissance de l'hydrogène en France.

Nécessité de fédérer les efforts et les investissements au plan national

Le déploiement de l'hydrogène « vert », utile pour décarboner notamment l'industrie et les mobilités lourdes, "tout ça n'arrivera que si on est capable à l'échelle nationale de fédérer les efforts et les investissements", a dit Benoît Potier devant la commission des affaires économiques du Sénat.

Allier l'opérationnel à la réflexion

"Il faut qu'au niveau national on devienne à la fois opérationnels - avec un comité national capable d'agir et de prendre des décisions pragmatiques - et aussi qu'on ait une capacité à réfléchir, à un niveau peut-être différent, sur les directions à prendre, les budgets à allouer : industrie, mobilité, recherche...", a par ailleurs estimé le PDG d'Air Liquide, souhaitant que des organes de l'État y participent, pour que ça se fasse "au bénéfice du pays".

Certes, il faut plancher sur des études et prévoir à plus ou moins terme en mettant tous les élément sur la table … mais sans oublier le coté opérationnel et l'application concrète de ce qui aura été décidé laisse-t-il ainsi entendre.

Le gouvernement a quant à lui récemment annoncé la mise en place prochaine d'un Comité national de l'hydrogène présidé par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et réunissant des entreprises de la filière.

Ne pas dépenser pour dépenser

Flairant les motivations très politiques du gouvernement, Benoît Potier s'est certes félicité des budgets promis ces derniers mois au secteur, tant au niveau français (7 milliards d'euros dont 3,4 milliards d'ici 2023) qu'européen …. estimant qu'il s'agissait d'un défi … et que les sommes ne devaient pas être dépensées pour dépenser, ».

« On a mis l'argent, on a la volonté de faire, les industriels sont moteur. Ce que je souhaite est qu'on n'investisse pas n'importe où et n'importe comment" … juste histoire de s'acheter une stature écologique, avant d'importantes élections, 2022 et la Présidentielle arrivant à grands pas.

L'orchestration doit être coordonnée

« La production sera décentralisée, oui, mais l'orchestration doit être coordonnée" prévient encore le dirigeant. Pointant le risque que chaque ville fasse sa station.

A l'heure actuelle, les véhicules et les stations sont déployés là où il y a de la demande indique l'AFHYPAC (L'Association Française pour l'Hydrogène et les Piles à Combustible ). Objectifs : atteindre une charge correcte de la station dès son ouverture et réduire le besoin d’investissement et le risque d’une station peu chargée.

Une stratégie de mise en œuvre qui fait apparaître la notion de CLUSTERS (flottes captives « multiclients » autour d’une zone définie et une ou plusieurs stations de recharge hydrogène).

Communes, agglomérations, territoires intéressés à déployer une infrastructure et des véhicules électriques à hydrogène sont invités à se faire connaître auprès de l’AFHYPAC, prévient l'Agence.

Réflexion à mener sur la captation de valeur

Selon le PDG, une réflexion devra également être menée sur le bénéficiaire de la valeur de l'hydrogène, Il estime ainsi que le pire serait de reproduire ce qui s'est produit avec les panneaux photovoltaïques : subventionner, sans retour en termes de captation de valeur".

De 880 000 tonnes actuelles à 1,35 million à horizon 2030

Aujourd'hui, 880 000 tonnes d'hydrogène industriel sont produites en France (utilisé notamment pour le raffinage pétrolier ou la fabrication d'engrais chimiques), mais il est à 95% issu d'énergies fossiles, indique France Hydrogène, dans son bilan 2020.

À horizon 2030, la filière vise 1,35 million de tonnes, pour des usages étendus et décarbonées à 52% (issues d'énergies renouvelables, voire nucléaire ou fossile avec capture du carbone). Elle évalue les besoins d'investissements à 24 milliards d'euros. Forte de 2 000 emplois, elle dit espérer en générer 50 000 à 150 000 d'ici 10 ans.

Sources : AFP, Air Liquide

Pour résumer

Alors que le gouvernement met en avant l'hydrogène comme une des énergies du futur, et ce, à grand renfort de discours et de politique de soutien – histoire de tenter de relancer la croissance et de faire face à la crise économique engendré par la Covid19 - le PDG d'Air Liquide se veut quant à lui plus prudent.

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