par Elisabeth Studer

Volkswagen:la Basse-Saxe contre la perte de 30 000 emplois

Le pays d'origine de Volkswagen, la Basse-Saxe, ne tolérerait pas une réduction à grande échelle des effectifs du plus grand constructeur automobile allemand, a déclaré le Premier ministre du Land Stephan Weil ( SPD ) dans une interview au journal Die Welt.

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La Basse-Saxe, actionnaire de Volkswagen, opposée à une suppression massive d’emplois

"Une telle approche ne serait pas possible en Basse-Saxe", a déclaré Weil au journal en réponse aux informations des médias selon lesquelles Volkswagen envisage de supprimer jusqu'à 30 000 emplois en raison de la restructuration requise par la transition vers les véhicules électriques.

La Basse-Saxe est un actionnaire majoritaire de Volkswagen et peut donc influencer directement les décisions de gestion de l'entreprise.

Weil a ajouté que le constructeur automobile avait déjà déclaré qu'il n'envisageait pas de suppressions d'emplois à cette échelle.

La Basse-Saxe estime Volkswagen dans une position assez favorable par rapport à ses concurrents

"Volkswagen est dans une position relativement confortable car le processus de restructuration a été lancé plus tôt que chez certains concurrents", a par ailleurs déclaré le Premier ministre du Land, affirmant que l'entreprise et l'État continueraient de coordonner leurs efforts dans le cadre du virage technologique pour assurer une transition ordonnée.

Afin de pouvoir survivre dans l'environnement concurrentiel mondial à l'avenir, Volkswagen poursuit des objectifs de productivité et d'efficacité. D'ici 2025, l'entreprise vise une amélioration de la productivité de 30 % dans toutes les usines de la marque. Cela devrait permettre d'économiser 2,6 milliards d'euros dans le monde, dont 186 millions d'euros sur le seul site de Wolfsburg.

Herbert Diess, DG de Volkswagen redoute les impacts de la concurrence de Tesla

Selon un rapport publié par le journal économique Handelsblatt, le PDG de Volkswagen, Herbert Diess, a déclaré au conseil d'administration de l'entreprise que des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu si Volkswagen ne parvient pas à accélérer sa transition vers les voitures électriques. Diess aurait déclaré qu'une vive concurrence sur le marché des voitures électriques, en particulier de la part du constructeur automobile américain Tesla, qui prévoit de produire jusqu'à un demi-million de véhicules par an dans sa nouvelle gigantesque usine près de Berlin, imposerait des décisions difficiles.

Tesla : productivité nettement supérieure à celle de Volkswagen

Tesla prévoit de construire 500 000 voitures par an avec seulement 12 000 employés dans son usine allemande, tandis que Volkswagen produit 700 000 voitures avec 25 000 employés dans son usine principale de Wolfsburg en Basse-Saxe.

"Tesla établit de nouvelles normes de productivité et d'échelle", a indiqué à Reuters un porte-parole de Volkswagen, ajoutant qu'"aucun scénario concret" sur la manière dont la société allemande envisage de réagir n'avait été élaboré à l’heure actuelle.

Diess invite Elon Musk

Le journal allemand Handelsblatt rapporte quant à lui que Diess a invité le big boss de Tesla. Son DG, Elon Musk, s’est exprimé lors d'une réunion de direction en Autriche.

Le patron de VW a appelé Elon Elon Musk à la rescousse pour motiver ses troupes et venir parler du succès de Tesla et de certaines réalisations du constructeur américain. La conférence interne à laquelle a participé Musk regroupait 200 directeurs de Volkswagen et portait sur l’évolution du marché automobile. Le DG de Tesla est intervenu pour donner sa vision de la voiture électrique.

Musk a notamment expliqué comment Tesla s’adaptait au marché et à son évolution. La réaction du constructeur à la crise des puces, qui s’est faite en réécrivant une partie du logiciel, démontre la réactivité de l’entreprise.

Le patron de Volkswagen a par ailleurs indiqué à Musk qu'il visiterait bientôt la nouvelle usine Tesla implantée près de Berlin.

Notre avis, par leblogauto.com

Tesla prévoit de produire 500 000 véhicules par an avec s 12 000 employés dans son usine allemande, tandis que Volkswagen produit à l’heure actuelle 700 000 voitures avec 25 000 employés. La messe est dite …

Au printemps dernier, dans un e-mail relayé à ses équipes, Elon Musk avait annoncé son objectif de produire 6 000 véhicules par semaine (contre 2000 précédemment). Prodiguant des conseils avisés à ses managers en vue de les aider à passer la productivité à un niveau supérieur. Parmi ces suggestions qui feraient tousser plus d’un syndicaliste allemand figure néanmoins un conseil que Volkswagen ferait peut-être bien d’appliquer en interne …. : « une source majeure de problèmes est la mauvaise communication entre les départements, explique Elon Musk à ses collaborateurs. Le moyen de résoudre ce problème est de permettre la libre circulation des informations entre tous les niveaux. » De fait, selon le dirigeant de Tesla, « la communication doit passer par le chemin le plus court, et non par la chaîne de commandement ».

Andreas Tostmann, membre du conseil d'administration de la production de la marque Volkswagen indique quant à lui : "Nous voulons être parmi les meilleurs en matière de productivité ». Le défi est lancé … mais quid de l’emploi ?

Sources : Die Welt / Handelsblatt / Reuters / Jalopnik

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Pour résumer

Le pays d'origine de Volkswagen, la Basse-Saxe, ne tolérerait pas une réduction à grande échelle des effectifs du plus grand constructeur automobile allemand, a déclaré le Premier ministre du Land Stephan Weil ( SPD ) dans une interview au journal Die Welt.

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