par Nicolas Anderbegani

Maserati Ghibli Hybride : mission rattrapage ?

Maserati a grand besoin de relancer et d'actualiser sa gamme, afin de sortir de sa léthargie. En attendant la sportive MC20, le Trident présente enfin une version hybride la grande berline Ghibli, qui doit ouvrir le bal de l'électrification de la marque. Convaincant ?

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Maserati a grand besoin de relancer et d'actualiser sa gamme, afin de sortir de sa léthargie. En attendant la sportive MC20, le Trident présente enfin une version hybride la grande berline Ghibli, qui doit ouvrir le bal de l'électrification de la marque. Convaincant ?

Enjeux multiples

La Ghibli de 3e génération a désormais 7 ans. La phase 2 a commencé en 2017, sans évolution mécanique par rapport à la précédente. Les ventes sont tombées à 1723 modèles en Europe en 2019 et moins de 1000 aux Etats-Unis, après un pic à 5200 ventes en 2017 chez l'Oncle Sam. Initialement, la berline de luxe devait faire ses débuts lors du salon de Pékin en avril 2020, mais le coronavirus a annulé l'événement. Par conséquent, la présentation officielle de la voiture a lieu en ce 16 Juillet, précédée hier de plusieurs vidéos teaser.

Face à une concurrence - surtout allemande - qui s'est renouvelée et modernisée, la Ghibli a besoin d'un véritable coup de fouet et d'une offre hybride, domaine dans lequel les marques du groupe FCA accusent un net retard. Mais cette Ghibli doit mener un exercice d'équilibriste particulier, puisqu'elle s'aventure sur les terres du premium tout en essayant de garder une philosophie d'exclusivité et de luxe qui sied à l'image de marque. La stratégie de "démocratisation " de Maserati pour faire du volume, voulue par Marchionne et symbolisée par une descente en gamme et  l'adoption de V6 diesel, doit désormais s'inverser et repositionner le Trident sur un segment de luxe. L'aggiornamento de la Ghibli fait partie du 1er étage du plan produit revu et corrigé par Mike Manley et Harald Wester, et qui s’échelonne jusqu'en 2023. Alors, est-ce le cas ?

Mild-hybrid...sur "4 pattes" !

Première déception pour certains, contrairement aux rumeurs, la Ghibli n'est pas une hybride rechargeable - on s'en doutait quand même car la plate-forme n'est pas toute jeune - mais une simple hybride "légère". C'est à dire qu'elle est munie d'un alterno-démarreur 48 volts dont la fonction est de recharger la batterie (placée dans le coffre) en phase de décélération et de freinage, puis cette énergie est restituée via un compresseur électrique (appelé ici e-booster) pour offrir plus d'allant à bas régime. Le compresseur est en quelque sorte similaire à ce que l'on trouve par exemple sur le V6 TDI de l'Audi SQ7.

Mais le plus dérangeant peut-être pour les tifosis, c'est que cet ensemble est couplé à un...4 cylindres 2 litres ! Dérivé du 2.0 turbo Alfa Romeo que l'on trouve sur la Giulia, ce bloc a été retravaillé et doté d'une injection Bosch. Il délivre tout de même 330 chevaux (soit la même puissance que le V6 essence et 165 chevaux par litre) et 450 Nm de couple, ce qui permet, selon le Trident, d'abattre le 0-100 Km/h en 5"7 et d'atteindre une vitesse de pointe de 255 Km/h, le tout étant associé à une boîte auto ZF 8 rapports. Certes, avec émissions de CO² comprises entre 192 g/km et 216 g/km sur le cycle WLTP, c'est mieux que les V6 essence (Maserati annonce -25% d'émissions, la réalité est plutôt entre 18 et 20%) mais cela n'empêchera pas le malus en France. Pour soigner l'ambiance, une ligne d'échappements avec des résonateurs spécifiques a été développée pour faire davantage vrombir le bloc 2.0 turbo et le rapprocher de la sonorité du V6. Ce 4 cylindres hybridé vise à remplacer le V6 diesel.

Design : retouches infinitésimales

Sur le plan du design, les retouches sont minimales. Quelques détails bleutés ont été ajoutés pour différencier l'hybride des autres variantes, notamment le cerclage des aérations latérales et les étriers de freins. Il faut dire que la Ghibli, malgré ses 7 ans, reste toujours très belle et désirable. De nouvelles teintes sont proposées et les changements esthétiques sont mineurs. Les barres de la calandre sont redessinées pour représenter un diapason et les faisceaux lumineux des optiques arrière ont été complètement restylés, avec un profil de type boomerang qui s'inspire des 3200 GT et du concept-car Alfieri.

A l'intérieur, les changements concernent essentiellement les graphismes de l'instrumentation numérique, un écran HD multimédia central agrandi de 8”4 à 10”1 et la mise en œuvre du système Maserati Connect. La Ghibli reçoit aussi un système de conduite semi-autonome utilisable jusqu’à 145 km/h avec le régulateur adaptatif de vitesse, l’assistant de maintien dans la voie, la surveillance des angles morts mais aussi la reconnaissance des panneaux de signalisation et le freinage automatique d’urgence. Le minimum syndical désormais sur une berline de ce segment.

Notre avis, par leblogauto.com

Maserati commence doucement son rattrapage électrifié. Le 4 cylindres d'origine Alfa Romeo affiche des performances et un rendement remarquables, mais il risque tout de même de jurer pour une marque de prestige qui était censée se repositionner vers le très haut de gamme.

Pour résumer

Maserati a grand besoin de relancer et d'actualiser sa gamme, afin de sortir de sa léthargie. En attendant la sportive MC20, le Trident présente enfin une version hybride la grande berline Ghibli, qui doit ouvrir le bal de l'électrification de la marque. Convaincant ?

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