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Lee Iacocca – 1924-2019 : mort d’une légende de l’automobile américaine

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Lee Iacocca, un nom qui ne vous dit peut-être rien. Mais vous connaissez au moins l’une de ses créations : la Ford Mustang.

Né le 15 octobre 1924, Lido Anthony « Lee » Iacocca est le fils d’immigrants italiens qui avaient trouvé en Pennsylvanie du travail dans la sidérurgie dans cette Amérique pleine d’espoir. Diplômé de l’université de Lehigh en ingénierie industrielle, il passe également par la prestigieuse université de Princeton.

Il pose ses bagages chez Ford en 1946 en tant qu’ingénieur. Rapidement, il demande à passer aux ventes et au marketing. Il s’épanouit à ce poste et lance une campagne qui le fait remarquer par le siège, à Dearborn. « 56 pour ’56 ». Après un premier apport de 20%, les gens pouvaient repartir avec une voiture de 1956 pour $56 par mois.

A Deaborn, il va connaître une ascension fulgurante. Vice-Président de la marque, vice-président du groupe, vice-président exécutif puis, un peu plus de 10 ans après son arrivée au siège, il devient Président de Ford. Pendant sa vice-présidence ou sa présidence, il dirige directement la création de la Ford Mustang, la Ford Escort ou la Continental Mark III. Il a même relancé la marque Mercury qui apporte de confortables marges.

Mais, Henry Ford II le vire de la direction de Ford en 1978 malgré les résultats financiers plus que flatteurs de l’ovale bleu. Chrysler qui est en grave difficulté n’hésite pas à le recruter. Il a 54 ans et accepte le défi pour montrer à Henry Ford II qu’il a eu tort de le virer. Il amène avec lui plusieurs anciens de chez Ford et s’attelle à tout reconstruire de A à Z.

Prendre sa revanche sur Henry Ford II

Le second choc pétrolier arrive également en 1979 et Chrysler court à la faillite. Iacocca réussit un tour de force que personne ne croyait possible. Il convainc le Président Carter et le Congrès d’octroyer à Chrysler un prêt fédéral de 1,5 milliard de dollars (énorme pour l’époque). Cela permet au groupe d’apurer sa dette, mais aussi de restructurer sa gamme.

De chez Ford, Iacocca est parti avec l’idée des K-Cars (tractions, moteur transversal, etc.) et du minivan. Les K-Cars, sobres, moins chères et efficaces plaisent de suite aux USA en pleine crise. Il lancera le minivan peu après en s’inspirant de Toyota. Ce sera le Chrysler/Plymouth Voyager ou son clone le Dodge Caravan.

Cela fonctionne tellement bien que Chrysler engrange les profits. Le groupe rembourse son prêt fédéral avec 7 années d’avance. Il se paie même AMC avec la marque Jeep (Notez que sans Iacocca Jeep-Chrysler n’aurait sans doute pas aiguisé plus tard les appétits de plein de monde dont FCA). Mais, Iacocca est resté aussi un formidable communicant au marketing ciselé. Il apparaît lui-même dans les publicités Chrysler avec un slogan resté dans les mémoires : « Si vous trouvez une meilleure voiture, achetez-la ! »

Il vante aussi une Amérique conquérante, dont les productions locales peuvent rivaliser avec BMW, Audi ou Mercedes (sic.) et qui ira prendre Toyota sur son propre terrain. C’est très patriotique et cela plait aux Américains.

Chrysler, la marque de sa vie

En 1993, il prend une retraite méritée à 69 ans. Enfin, une retraite…il se laisse convaincre (ou convainc lui-même ?) par Kirk Kerkorian, milliardaire et actionnaire de Chrysler de tenter une OPA hostile sur le groupe qu’il a dirigé. Elle échouera mais permettra à Kerkorian de rentrer au Conseil d’Administration et de télécommander la fusion avec Daimler-Benz. Après une période de silence (par contrat), Iacocca redevient l’image de Chrysler en 2005 au côté de stars comme Snoop.

Iacocca laisse une empreinte géante dans l’automobile américaine et même mondiale. Aux USA, il reste le sauveur de Chrysler mais son image est trouble. Acceptant un salaire de 1 dollar à ses débuts chez Chrysler, il s’est rattrapé par la suite, le tout en demandant des sacrifices aux salariés et en taillant dans les effectifs. Il a aussi été à l’origine du fiasco de la Ford Pinto dont un réservoir mal placé pouvait percer lors d’un accident et provoquer de graves incendies. Il fut aussi un farouche opposant aux airbags.

Il a également été très actif sur le front philanthropique en dirigeant des fondations ou en donnant énormément à la recherche contre le diabète. Il a notamment créé la société Olivio Premium Products et donné les bénéfices à la recherche.

La Ford Mustang, Chrysler et tout un pan de l’automobile américaine sont désormais orphelines. En l’honneur de Lee Iacocca, Fiat Chrysler Automobile a allumé la « fenêtre pentastar » du siège social à Auburn Hills, Michigan. Elle le restera jusqu’au 10 juillet, date des funérailles.

Illustration : FCA (Iacocca dans l’une de ses dernières publicités pour Chrysler)

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5 Commentaires sur "Lee Iacocca – 1924-2019 : mort d’une légende de l’automobile américaine"

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Francois
Invité

Henry Ford II n’a pas eu tord de virer Iacocca si nous en connaissons la véritable raison, il le voyait lui piquer sa place de chairman (sur pression des actionnaires), bien qu’il soit de la famille Ford. Nous ne saurons jamais si ce serait arrivé mais il ne s’agissait pas d’un scénario de SF.

gigi4lm
Invité

A la lecture de l’article, et avant d’avoir lu votre post, je me posais justement la question de savoir qu’est ce qui peut pousser un grand patron à virer son président alors que celui ci obtient pour le moins les résultats escomptés.

Rickyspanish
Invité

Rien que pour la création de la Ford Mustang, il a mon respect éternel.

beniot9888
Invité

Il a aussi rendu populaire son opposé parfait : le mini-van des familles !

Goods\'
Invité

Un sacrée parcours, à l’origine de la Mustang en passant par la Viper.

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