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Renault pourrait vendre en Iran via le russe Avtovaz

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Renault aurait peut-être trouvé un moyen de contourner les sanctions américaines mises en œuvre contre l’Iran. Lesquelles le contraignent à geler ses investissements sur le territoire iranien par peur de représailles, BNP Paribas en ayant déjà fait les frais. Selon la presse russe, le constructeur français pourrait agir via l’intermédiaire de Avtovaz, contrôlé par l’Alliance Rostec Auto BV, coentreprise de Renault et du holding russe Rostec pour se frayer un chemin dans le pays des mollahs.

Négociations pour exporter et assembler des Lada en Iran

Le directeur de Rostec pour la coopération internationale, Viktor Kladov, a en effet déclaré à des journalistes, qu’il n”était pas exclu que des véhicules de marque Lada soient bientôt exportées en Iran« . Une telle opération permettrait notamment au groupe Renault, qui contrôle la maison-mère Avtovaz, d’élargir sa présence dans le pays.

Les choses pourraient même rapidement se préciser, Viktor Kladov ajoutant que Avtovaz mènerait à l’heure actuelle des pourparlers en vue d’exporter des voitures Lada en Iran.

«Avtovaz assemble des voitures en Égypte, nous menons des négociations avec d’autres pays, dont l’Iran notamment », a déclaré le dirigeant en marge du salon aéronautique Aero India 2019. Il a par ailleurs tenu à préciser qu’il s’agissait « à la fois de la livraison ainsi que de l’assemblage de véhicules. »

Les exportations d’Avtovaz en hausse de 57 %

Début janvier, Avtovaz a annoncé que les ventes à l’exportation de la marque Lada avaient augmenté de 57%, pour atteindre 38.050 voitures en 2018. Jan Ptacek, vice-président des ventes et du marketing chez Avtovaz, a déclaré à cette occasion que les voitures étaient vendues dans 34 pays, dont la Turquie, la Tunisie, le Chili et Cuba.

Pour la première fois, en 2018, la Lada Vesta a été le véhicule le plus exporté de la marque, il représente à lui tout seul 30% des ventes. Son succès commercial lui permet désormais de prendre la place de leader , au détriment de la Lada 4×4.

La JV entre Renault et Rostec propriétaire à 100 % de Avtovaz

En décembre 2018, l’Alliance Rostec Auto BV, la joint-venture entre Renault et le holding russe Rostec, a augmenté sa participation dans le capital du russe Avtovaz à hauteur de 100%.

Renault détient pour sa part 67,1% du capital de la société holding qui contrôle AvtoVAZ. Le groupe a racheté à son partenaire, Nissan, ses parts en 2017 et intègre dans son bilan le constructeur russe. La société française avait initialement acheté 25% d’AvtoVaz en 2008 pour un milliard de dollars.

AvtoVAZ produit plus de 400 000 voitures par an, sous la marque Lada, ainsi que les véhicules des marques de l’Alliance Renault-Nissan : Renault, Nissan et Datsun.

Nissan détient une usine d’une capacité annuelle de 100 000 véhicules légers à Saint-Pétersbourg. PSA Peugeot Citroën exploite avec Mitsubishi, une usine de 125 000 véhicules annuels dans la région de Kaluga.

Renault et PSA suspendent leurs activités en Iran

Renault et PSA ont suspendu leur retour en Iran après l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines en août 2018. D’autres sociétés occidentales, notamment Daimler, ont également abandonné tout projet visant à développer leurs activités sur le territoire iranien.

Les deux constructeurs français ont été parmi les premières entreprises européennes à revenir en Iran en 2016, après la levée des sanctions US, en vue d’exploiter une demande insatisfaite de véhicules neufs. Mais  l’arrivée de Trump à la Maison Blanche aura par la suite changé la donne …

D’importants projets d’investissements gelés

Avant la mise en oeuvre de nouvelles sanctions américaines PSA avait signé en Iran des contrats de production d’un montant de 700 millions d’euros. Renault avait quant à lui annoncé un nouvel investissement afin de porter sa capacité de production locale à 350 000 véhicules par an.

En août 2017, le groupe dirigé alors par Carlos Ghosn, avait signé un accord important avec des partenaires locaux pour créer une nouvelle usine dans le pays ainsi qu’un centre d’ingénierie. Le groupe annonçant parallèlement avoir l’intention de développer son propre réseau de distribution.

L’usine était prévue pour produire 150 000 véhicules par an : des Duster et le Symbol, modèle non vendu en France, version modernisée de la Logan.

La nouvelle usine iranienne était prévue d’être implantée à Saveh, à 120 kilomètres au sud-ouest de Téhéran. Elle devait être détenue à 60 % par Renault, à 20 % par une agence d’État, l’Organisation pour la rénovation et le développement industriel, et à 20 % par la société privée iranienne Parto Neguine Nasseh.
L’investissement prévu était de 660 millions d’euros dans le cadre d’une première phase. L’accord prévoyait que, dans un deuxième temps, le site puisse doubler sa capacité pour passer à 300 000 véhicules par an.

Co-entreprise Renault / Saipem / Iran Khodro

Renault était déjà présent en Iran depuis 2003 à travers une autre coentreprise avec les sociétés Saipem et Iran Khodro. Dans le cadre de ce partenariat, Renault produit localement des Sandero et des Tondar, une autre version de la Logan. L’usine dispose d’une capacité de 200 000 véhicules.

Iran Khodro espérait finaliser un accord avec Nissan pour la production de voitures low-cost Datsun, mais le projet a semble-t-il été gelé en raison des sanctions imposées par les États-Unis.

Le retrait forcé d’Iran pèse sur les finances de Renault

Au début du mois de février, Renault a revu à la baisse son objectif de rentabilité. Arguant pour ce faire de l’effet combiné de son retrait d’Iran et de la démission de son patron, Carlos Ghosn, suite à des allégations de malversations financières.

Voie royale pour Russes et Chinois sur le marché automobile iranien

Pour AvtoVaz et ses semblables, l’immense marché automobile iranien offre un terrain fertile pour le développement et l’expansion en l’absence de concurrents occidentaux.
La présence des constructeurs chinois se fait déjà sentir via l’arrivée d’un nouveau concessionnaire Chery à Téhéran.

L’Iran : un marché automobile très prometteur

L’Iran, pays où vivent plus de 80 millions de personnes, a une forte demande automobile. Selon le ministère des Industries, des Mines et du Commerce, le pays a produit plus de 1,5 million de voitures en 2017, soit une augmentation de 14% par rapport à l’année précédente.

Iran Khodro et Saipa contrôlent environ 90% du marché, assemblant à partir de kits des véhicules de marques Peugeot, Renault et Kia, en plus des voitures chinoises nettement moins répandues.

Les nouvelles sanctions ont sérieusement perturbé le marché automobile, faisant grimper les prix et empêchant les usines de fournir les voitures à temps.

« L’industrie automobile est l’une des lignes de front de la guerre » économique , a déclaré le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Shamkhani, en septembre dernier.

L’avis de Leblogauto.com

Les grands groupes européens tentent par tous les moyens de trouver des « astuces » pour contourner les sanctions américaines qui les empêchent de faire un grand retour en Iran,  interrompant ainsi en plein vol leurs efforts pour attaquer en force le très prometteur marché iranien.

Sources : Rostec, Sputnik, PressTV

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23 Commentaires sur "Renault pourrait vendre en Iran via le russe Avtovaz"

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Fabi35
Invité

Il y fort a parier que les groupes americains doivent aussi loucher sur ce gateau !
Etaient ils implantés avant Trump ?

Baptiste Delverde
Membre
De ce que je sais, pas vraiment. En essayant de faire court, depuis le renversement du Shah, les gouvernements américains successifs poussaient pour des sanctions éco nomiques emmenant dans leur sillage les pays « alliés » dont la France (but de renverser ceux qui ont renversé le Shah). La fin des sanctions grâce à l’accord iranien a donné l’espoir d’un retour du business, cassé par Trump pour les mêmes raisons qu’auparavant, la supposée bombe atomique iranienne, afin un fond d’idéologie quasi certain. Bien que le retard des américains sur ce marché est certain. Est ce qu’il pourrait utiliser cet argument pour aider… Lire la suite >>
ema
Invité

j’ai lu rapidement, donc je me suis peut être trompée, mais ce n’est pas très clair
– Rostec Auto BV détient 100% du capital d’Avtovaz
– Alliance Rostec Auto BV est une JV entre Renault et Rostec
– l’alliance Renault-Nissan détient pour sa part 67,1% du capital de la société holding qui contrôle AvtoVAZ

Soit l’alliance Renault Nissan contrôle 67.1% de l’alliance Rostec Auto BV, et dans ce cas autant le dire.
Soit … ce n’est pas clair non plus pour l’auteure..

Thibaut Emme
Admin

Il y avait une coquille (merci la presse russe 😉 ).
C’est Renault seul qui détient les 67 % du holding.

Mais attention, détenir 67% d’un holding qui détient 100% d’une société ne veut absolument pas dire que vous détenez 67% de la-dite société.
C’est d’ailleurs pour cela que l’on passe par des holdings 😉

Le fait légal et fiscal est que Renault détient 67% d’un holding JV avec Rostec.

beniot9888
Invité

Ça ne va pas plaire à Trump, capitaine du monde, qui a décrété que personne n’avait le droit de commercer avec l’Iran car il ne l’autorise pas.

Baptiste Delverde
Membre

Malheureusement, les sanctions économiques contre l’Iran ne date pas que de Trump, c’est une des mauvaises continuités de la géopolitique américaine. Sur ce point là, il est bien fidèle.

SGL
Invité

…enfin, Trump les a amplifiés nettement !

Baptiste Delverde
Membre

Difficile à dire, le blocus était complet avant sans oublier l’aide non négligeable à l’Irak dans les années 80 dans la guerre Irak-Iran, mais on sort de l’industrie automobiles 😉

Thomas
Invité

C’est vrai que quand PSA a dû quitter l’Iran alors que GM était monté au capital, c’était Barak Obama le président aux USA 🙁

pat d pau
Invité

Idem pour Renault en 2013, c’etait aussi OBAMA.

Invité

le jour ou Donny ne se trumpera pas, tu me fera signe, hein 😉

SGL
Invité

C’est l’avantage d’être indépendant, militairement parlant.
La Russie est un nain économique, mais une grande puissance militaire et pétrolière.
Poutine n’a pas peur de tenir tête à Trump, l’Europe totalement désunie devient extrêmement faible, militairement, mais aussi en partie économiquement.
Trump, les Chinois et dans une moindre mesure Poutine avec sa puissance militaire peuvent la pluie et le beau temps sur les marchés mondiaux.

Sigma
Invité
D’après ce que j’avais compris, c’est l’utilisation du dollar pour les échanges internationaux qui posait problème. Celui-ci est, bien sûr, sous la responsabilité de l’état américain, qui peut donc interdire son usage pour commercer avec certains pays. Pourquoi ne pas utiliser l’euro alors, pour les sociétés européennes ? D’autre part, Renault et PSA n’étant pas présents aux USA, on ne voit pas trop quelles représailles l’état américain pourrait exercer contre eux . Mais il y a certainement des subtilités qui m’échappent sur cette question. On voit que russes et chinois ne s’embarrassent pas de ces détails pour étendre leur influence,… Lire la suite >>
Thomas
Invité

PSA est actionnaire de FAURECIA qui lui y est présent et qui fournit équipements pour une très grosse partie des constructeur là-bas 😉

Guallaume
Invité

PSA est présent à travers Faurecia et Renault à travers Nissan

pat d pau
Invité

Renault c’est Nissan aux USA. PSA c’est Faurecia aux USA.
Pour l’EURO en Iran tu peux lire ca:
https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN1HP2JO-OFRBS

Baptiste Delverde
Membre

En effet, pour appuyer ton propos, le dollar a une incidence. C’est ce qui explique pourquoi, la Chine et la Russie propose d’échanger dans leur monnaie nationale grâce aux swaps. Ce qui leur évite d’avoir à traiter avec le dollar. Bien sur, la puissance militaire et économique de ces deux états leur permet de mener des échanges comme bon leur semble.

Thomas
Invité

Ou comment berner Trumpy !!! 😀

pat d pau
Invité

pas sur, les ricains peuvent dire que Avtovaz a un comme actionnaire majoritaire Renault donc un Européen.. le mieux serait d’avoir une entité Lada seule totalement indépendante… mais le pb c’est que ca deviendrait un constructeur 100% Russe. Et il y a aussi les sanctions Europeennes contre la Russie a prendre en compte.. ca peut etre le moment pour Lada de se développer seul a l’export.. pourquoi pas avec des chinois en support.

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