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Rallye : interview de Jean-Baptiste Franceschi (JWRC)

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Âgé de 22 ans, champion de France des rallyes junior en 2017, le pilote varois aux racines corses a grandi dans un Pays de Fayence friand de rallye. Il était engagé cette année dans le championnat WRC Junior sur une Ford Fiesta R2T. Quelques jours après le rallye du Var, ce grand espoir, membre de l’équipe de France FFSA Rallye, revient sur sa saison 2018 et ses perspectives d’avenir.

Quel bilan fais-tu de ta saison en WRC Junior ?

Le bilan de cette première saison en championnat de monde JWRC est forcément un peu mitigé, c’est vrai qu’on ne s’attendait pas à jouer le titre aussi rapidement mais nous avons beaucoup travaillé pour cela et nous avons réussi de superbes performances sur des terrains totalement inconnus. Je pense que nous avons manqué de réussite, à commencer par le Portugal où la rupture d’un cardan dans la seconde spéciale nous prive d’un bon résultat.. Et ensuite bien sûr lors de la manche finale en Turquie où l’objectif était de gagner mais aussi de réaliser 7 meilleurs temps car 1 meilleur temps rapporte 1 point en JWRC. Nous jouons encore de malchance puisque lors de la 5ème ES, un cardan cède de nouveau .. dommage car nous avions réalisé 8 meilleurs temps au final. Malgré tout cela, l’expérience et le plaisir acquis lors de cette campagne mondiale étaient bien plus qu’un rêve pour moi.

On imagine que la victoire en Corse, sur la terre de tes racines, fut un moment magique.

L’un des plus beaux moments de cette saison, indiscutable.

La victoire en Corse l’a propulsé dans la course au titre

As-tu des regrets sur cette saison 2018 ?

Il ne faut rien regretter je pense, il faut apprendre de ses erreurs, mais c’est vrai qu’en terme de regret, je dirais le Monte Carlo: nous avions 12 minutes d’avance en WRC-3, nous étions premiers de la catégorie R2 et devant un certain Yoann Bonato qui pour l’occasion était présent en 208 R2, et nous nous faisons piéger bêtement dans un chrono enneigé. J’ai perdu le contrôle de la Ford sur une neige fondante où le grip était inexistant… Grosse déception, mais comme on dit, c’est le Monte Carlo.

Tu as récemment roulé avec la Skoda Fabia au rallye du haut-pays niçois (en ouvreur, NDLR) et au rallye du Var. Tes impressions sur le bolide ?

En fin d’année, Jb Franceschi s’est frotté au pilotage d’une 4RM (crédit : Franck Bernardini)

La Skoda est une auto fantastique, avec un potentiel incroyable qui demande beaucoup de boulot mais surtout beaucoup de roulage, afin d’être au point dans n’importe quelle condition. Lors de notre petite séance d’essais avant le rallye, nous avons pu bien travailler avec le team Arcauto (qui loue la Fabia R5, ndlr) et l’aide de PKM Consulting (société spécialisée dans l’ingénierie des amortisseurs, ndlr). Il y a tellement de réglages que cela n’a pas été facile lors du rallye et les conditions ne nous ont pas aidés.

Tu es plutôt terre, asphalte ou neige ?

Dure question (rires), on va dire que j’ai un petit penchant pour l’asphalte, car j’adore la précisions des trajectoires, les gros freinages et aussi les conditions difficiles. J’aime beaucoup la terre pour les sensations que ça peut nous procurer comme par exemple être en glisse des 4 roues à 150 km/H en Finlande, c’est quelque chose d’exceptionnel. La neige, c’est encore différent, c’est génial aussi, j’ai découvert ça au Monte Carlo premièrement mais avec des pneus assez limités en clous pour pouvoir vraiment se lâcher. J’ai ensuite découvert la Suède, quel pied!!!!!

Comment envisages-tu 2019 ? Peut-on espérer te voir en WRC 2 ?

Pour l’instant, nous travaillons sur différents projets, nous ne savons pas encore dans quelle directions nous orienter. Il est toujours difficile de réunir un budget, ce sont des budgets conséquent en championnat du monde. Ce qui est sûr, c’est que le WRC2 ne fait pas partie des projets pour le moment.

Tu connais un peu Sébastien Ogier, que penses-tu de son retour chez Citroën ?

Je trouve ça vraiment « magique » que Seb retourne chez Citroën, un pilote comme lui est une motivation extrême pour une équipe, et je pense que pour le sport auto en France, on ne pouvais pas espérer mieux. Hâte de voir ses performances à bord de la C3.

Quelques mots sur ton frère, Mathieu, qui perce en championnat national ?

Je trouve ça super que mon frère évolue aussi à un très bon niveau à seulement 19 ans. On s’entraide beaucoup, lui aussi a joué de malchance cette saison alors qu’il aurait pu je pense jouer la victoire du championnat, mais c’est comme ça, il va falloir continuer de travailler pour préparer au mieux la saison prochaine.

 

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