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Brève rencontre: Rosengart Supertraction

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La Supertraction avait pour slogan « la plus belle voiture Française ». Ce n’était pas forcément une exagération, tant ce luxueux cabriolet était élégant. Mais sa production ne démarra qu’au printemps 1939. Les hostilités furent un coup quasiment fatal pour Rosengart et pour ce modèle. Du coup, elle rejoint la longue listes des « si la guerre n’avait pas éclaté, cette voiture aurait été un succès ».

Drôle de personnage que Lucien Rosengart (1881-1976.) Il fut tour à tour un inventeur effréné façon Professeur Tournesol, puis un capitaine d’industrie digne d’une BD de Tardi et une espèce de golden boy avant l’heure. Après fabriqué des vis, des obus, des babyfoot et collaboré avec André Citroën (dont il a financé la reconvertion après-guerre), il se lance dans l’automobile en 1927. Il commence par acheter des licences de fabrication des Austin Seven (1928) et Adler Trumpf (1931.) Mais très vite, ces modèles sont largement redessinés. C’est un succès et grâce à sa « Supercinq » (celle basée sur la Seven), Rosengart est le roi des petites voitures.

A contrario, la Supetraction (sur base Adler) se vend mal. Pour la remplacer, Rosengart se tourne vers Citroën. Ce dernier lui fournit le 1,9l 46cv de la Traction 11B, en échange de la promesse de ne pas produire de 4 portes. La 11B et la nouvelle Supertraction ont un empattement de même longueur (309cm), mais leurs châssis sont différents. La voiture est présentée au salon de Paris 1938. L’accueil est glacial, malgré sa traction avant et ses 4 roues indépendantes (encore rare à l’époque.) On se moque de sa carrosserie banale et on la traite d’Amilcar Compound qui aurait fauté avec une Berliet Dauphine.

Le constructeur revoit sa copie et en mars 1939, une voiture à la carrosserie totalement inédite, plus effilée, est présentée. Cette dernière est largement inspirée de la Lincoln Zephyr (la voiture du capitaine Haddock dans Les 7 boules de crystal.) Un coupé (ou coach) est également proposé.

La Supertraction plait. Le seul reproche est son poids (1,2t.) Rosengart est même approché par le gouvernement Dalladier pour fournir des versions 4 portes. Le constructeur songea à les produire en série à partir de 1940. Mais la guerre saborda les projets et la chaine s’arrêta peu après le début des hostilités. Lucien Rosengart prend sa retraite à Villefranche-sur-mer et abandonne son entreprise.

Après-guerre, Rosengart est oublié par le plan Pons. Pour amadouer les autorités, ils ressortent la Supetraction (censée bien marcher à l’export.) Faute de moteur Citroën, elle reçoit un V8 3,9l 95ch et devient « Supetrahuit ». La Supetrahuit était présente aux salons 1946 et 1948. Sans succès.

En 1950, Rosengart peut enfin redémarrer. Les Ariette, Sagaie ou la Scarlet à moteur Panhard étaient trop proche des dérivés de Seven. En 1953, la S.I.O.P., propriétaire de Rosengart, tentera de rebondir avec la Marathon, mais c’est une autre histoire…

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