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Essai Renault Laguna Coupé : Coupé mais pas ratée

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Ce ne sont ni Ferrari, ni Porsche, ni même Nissan et sa GT-R qui explosent systématiquement les compteurs de buzz et de commentaires au sein des colonnes du Blog Auto : C’est bel et bien Renault qui déclenche toujours chez vous de vives émotions, loin d’être amicales à tous les coups. La Laguna III et ses lignes tant décriées aura fait face tant bien que mal mais force est de constater que ses qualités intrinsèques n’ont pas fait oublier un style toujours très contesté pour la majorité d’entre vous. Depuis la présentation ô combien mouvementée de Laguna III, Renault pense avoir compris le message et ses deux derniers modèles ( Megane et Laguna Coupé ) tranchent avec la fadeur de la berline. La Laguna Coupé vient justement de passer entre les mains du Blogauto.

Faire valoir

Avant de nous intéresser  à ce nouveau coupé Renault, un brin d’histoire contemporaine s’impose. Début 2007, les premières images de la nouvelle berline Laguna III faisaient leur apparition sur internet. Le design Renault ne faisait déjà pas l’unanimité avant et c’est un déluge de critiques qui allait accompagner sa présentation officielle en milieu d’année dernière. Ses lignes déroutantes et consensuelles à la fois ( oui ça ressemble un peu à un oxymore je l’avoue ) ne lui permettront pas d’atteindre ses objectifs de vente, puisque 102 582 Laguna III seront écoulées pendant les douze premiers mois au lieu des 160 000 exemplaires par an espérés à son lancement.

A coté du lancement Laguna III, Renault profitait du Salon de Francfort de septembre 2007 pour présenter le concept car Laguna Coupé, dont le style – beaucoup mieux accueilli que pour la berline – reprenait de nombreux éléments du prototype Fluence vu à Paris en 2006 et préfigurait la version de production de la Laguna Coupé.

Aujourd’hui, elle est là. Certes depuis le concept la Laguna Coupé a perdu ses grosses jantes, ses bas de caisses taillés à la serpe et elle s’est faite un peu plus discrète, mais elle arrive maintenant en vente avec la ferme intention de redorer l’image du style Renault.

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Aston-Martine

Avant toute chose, je tiens à dire que je ne pense pas être un pro-Renault. Je dis ça parce que mes collègues paraissaient tous rire de moi lorsque j’osais trouver réussie la Twingo II. J’ai aussi trouvé la nouvelle Megane III réussie lorsque je lai vue au Salon de l’Auto 2008. Pire encore, même si sa partie arrière reste quelques peu ingrate avec ses feux intégrés bizarrement en haut du coffre, je trouve que la Laguna III – dans sa version GT – n’est pas aussi moche que certains peuvent le dire !

Alors attention, il faudra prendre mon opinion en tant que jugement purement subjectif.

Pour moi, cette Laguna Coupé est une réelle réussite esthétique. La ligne globale est très équilibrée avec une ligne de caisse qui ondule de l’avant jusqu’à la croupe et un toit qui s’effile vers l’arrière. L’angle ¾ arrière est d’ailleurs la vue la plus agréable sur ce nouveau coupé : Les feux étirés à LED et le coffre au galbe relevé lui donnent vraiment une bonne dégaine de coupé avant-gardiste. Chose amusante – et véridique – les passants se retournaient au passage de la Laguna Coupé et ça c’est plutôt bon signe pour Renault qui cherche à provoquer autre chose que des moqueries à chaque nouveau modèle. La veille de notre essai, l’auto était présente à Lyon pour une soirée très chic à base de gastronomie et de VIP en tout genre. A cette occasion, la firme au losange fournissait les navettes et les invités la prenait même parfois pour une Aston ou une Maserati !

Il se pourrait bien que cette Laguna Coupé soit la première vraie BELLE Renault depuis longtemps. D’ailleurs c’est aussi le premier vrai coupé depuis longtemps, comme le rappelaient les dirigeants de Renault dans une conférence de presse tenue avant l’essai routier : L’Avantime mis à part, il fallait remonter ( retenez-vous  de rire s’il vous plaît ) au mythique Fuego pour trouver un coupé chez Renault.

Bref, la Laguna Coupé est une très belle voiture même si ce qualificatif est soumis à une évidente question de goûts. Personnellement, à part les feux avant qui ont tendance à m’énerver un peu tant ils dévisagent celui qui les regarde, je n’ai strictement rien à redire à la ligne de cette auto. J’aime. Et l’intérieur?

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Top moumoute

Ceux qui connaissent l’habitacle de la Laguna III ne seront pas dépaysés en pénétrant dans celui de la Laguna Coupé. La planche de bord est strictement la même. Alors ce revêtement mou et granuleux qui s’enfonce lorsqu’on y met le doigt est toujours bien présent. Cet espèce de sable mouvant servirait-il d’amortisseur en cas de crash frontal ? Car Renault est très fier du niveau de sécurité passive atteint par la Laguna Coupé. De la structure du châssis jusqu’aux équipements, la Renault est armée jusqu’aux dents et ne craindrait pas de se prendre un Hummer en pleine face. D’ailleurs pendant le speech d’avant essai, les ingénieurs de la marque au losange ont tellement insisté sur les airbags latéraux en tissu ( apparemment un détail important qui constitue une belle innovation ) qu’une fois à son volant j’ai failli braquer le volant contre le mur pour tester le moelleux de ces beaux airbags brodés. Mais comme la rigueur journalistique n’est pas une de mes qualités, je me suis abstenu.

L’habitacle de la Laguna Coupé est plutôt bien construit globalement mais déçoit par son coté tristounet. Notre véhicule d’essai était en finition Initiale ( le plus élevé ) et équipé d’un intérieur completement noir. Le rendu avec les sièges beiges aurait sans doute été plus avenant, surtout en comparaison avec le coloris extérieur, bleu clair.

Ceux qui attendaient une finition façon Audi seront déçus, mais ceux qui voulaient en profiter pour sen moquer aussi puisqu’elle n’est pas non plus vraiment critiquable. Standard en quelque sorte.
Sur le modèle Initiale dont nous disposions, l’équipement était pléthorique. L’ordinateur de bord reprend – comme énormément de marques d’ailleurs – le fonctionnement de type « I-Drive » instauré par BMW sur l’ancienne Serie 7 et la navigation est facile après un petit moment pour s’y habituer.

Renault a travaillé avec Bose pour fournir un système audio capable de faire pâlir n’importe quel adepte de tuning et des gros caissons dans le coffre. Faute de dernier CD de Martin Solveig sous la main, nous n’avons pas pu vraiment le mettre à l’épreuve mais nul doute que le système « Sound By Arkamis » ( cest son nom ) comblera les adeptes de musique avec ses dix hauts parleurs et sa très grande précision dans le traitement sonore.

Et si le luxe, c’était l’espace?

Le gros point fort du coupé Laguna, c’est son habitabilité. Ses concepteurs se plaisent à répéter que c’est une vraie quatre place et ils ont de quoi.

Par rapport à la Laguna III berline, la Coupé est moins longue de 4 centimètres mais elle est aussi large. Et à l’intérieur, l’espace est très appréciable même aux places arrière : La comparaison na pas trop de sens, mais à l’arrière de la Laguna Coupé, on a plus de place que dans une Lamborghini Espada aux dimensions pachydermiques. Le son du V12 en moins, c’est vrai.
Installé au volant de l’auto, tout est réglable et il est facile de retrouver sa position de conduite préférée.

La seule limite au niveau des places arrière se trouve au niveau de la garde au toit. Vos cheveux risquent facilement de se frotter à celui-ci si vous avez un petit air de Tony Parker. Mais étant donné la forme « creusée vers l’arrière » des sièges, on peut facilement s’allonger un peu pour trouver une position vraiment confortable. Personnellement et avec mon mètre 82, je pense que j’aurais pu faire très facilement un Paris-Marseille installé à l’arrière du Coupé Laguna. J’aurais même sans doute dormi comme un bébé.

Le coffre lui aussi est un bon point : 423 dm3 de volume, c’est plutôt bien surtout compte tenu de la forme resserrée de la poupe. Bon, ça ne fait jamais que 200 dm3 de moins qu’une Corvette C6 ( certes la comparaison est un peu douteuse ), mais les banquettes arrière sont rabattables et permettraient presque de déménager avec ce Coupé Laguna.

Une bonne habitabilité et un équipement très bien doté donc pour ce Coupé Laguna. Dommage ces décorations un peu tristounettes et ces matériaux parfois pas vraiment au top.

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La Laguna Coupé est disponible sous quatre niveaux de gamme différents.

La finition la plus basique est la Coupé, qui propose le 2L Essence 170 chevaux en boite auto ou le dCI 150 chevaux à moins de 33 000 euros.
Vient ensuite la finition Dynamique proposée exclusivement en diesel, du dCI 150 au gros V6 dCI 3L 235 chevaux et qui s’étale de 35 000 à 43 000 euros.

La finition GT se veut plus sportive en proposant les quatre roues directrices en série et va du 2L essence 205 chevaux ( le bloc de la Laguna GT ) jusqu’au V6 dCI 235 chevaux. Cette fois l’addition se négocie entre 37 850 et 45 500 euros.

Enfin, la finition Initiale chapeaute la gamme Laguna Coupé et les tarifs grimpent jusqu’à 47 300 euros avec le V6 dCI.

Certains choix dans la construction de cette gamme sont étonnants : Les gros V6 essence et diesel ne sont pas disponibles en boite manuelle, même en finition GT. Les 4 roues directrices ne sont disponibles qu’en finition GT ( en série ) et en option sur les Initiale V6. Vous ne pourrez donc pas en profiter sur le reste de la gamme.

Laguna Seca

Faute de temps, nous n’avons pu essayer qu’un seul modèle : Le Coupé en version Initiale équipé du V6 3,5 litres essence de 240 chevaux en boite automatique ( facturée 45 050 euros ). Comme terrain de jeu, notre beau coupé ( j’insiste sur le « beau » car dans sa livrée bleu clair il a vraiment une certaine gueule ) partait du vieux village de Castillon dans le Gard pour rejoindre les routes sinueuses et torturées de l’Ardèche. Nul doute que Renault voulait qu’on mette à profit les 4 roues directrices ( « 4 Motion » ), ce système qui a fait tant de buzz depuis son introduction sur la Laguna GT. Tant mieux, j’aime bien les virages et  tant pis pour mon passager, repu après un très gros déjeuner et très sensible au mal de coeur.

Cette Laguna Coupé a clairement une vocation de « cruizeuse ». Son point relativement contenu ( de 1 428 à un peu plus de 1 600 kilos en fonction du moteur ) combiné à un châssis très efficace lui confèrent un comportement très sain et poussent parfois même à rentrer un peu plus vite dans les virages pour jouer des roues directrices arrière. Inutile néanmoins de se lancer dans un tour de Corse à la Loeb car la Laguna Coupé n’est pas faite pour ça. Chose très étonnante en revanche sur cette version Initiale V6 essence, les suspensions sont très fermes. Mais quand je dis ferme, c’est à la limite de la secousse en cas de passage sur une chaussée un peu défoncée. Si Jeremy Clarkson avait été au volant de cette Laguna, il aurait immanquablement sorti sa blague des dents tombées sous les sièges à cause des suspensions.

Bien sûr j’exagère sans doute un peu, mais c’est tout de même étonnant d’avoir des suspensions réglées aussi fermes sur une auto dont la prétention – particulièrement dans cette finition Initiale – se rapproche beaucoup plus du gros coupé luxueux. Vraiment surprenant.

Unlucky Luke

Comme je le disais plus haut, les gros moteurs V6 ne sont disponibles qu’avec des boites automatiques sur la Laguna Coupé. Mais ici, par automatique il faut entendre la bonne vieille transmission pépère et n’attendez pas les petites palettes derrière le volant façon Superleggera.

Cette boite auto ne tire pas vraiment plus vite que son ombre. Schématiquement, une scène pied au plancher se déroule parfois comme cela :

Pédale d’accélérateur écrasée jusqu’au fond… 0,4 secondes… 0,8 secondes… 1 seconde… VROUM ô miracle, le moteur daigne enfin répondre à ma franche sollicitation !

En fonction du régime moteur et du rapport de boite sur lequel roule le moteur, il fallait parfois presque une seconde pleine pour que le V6 réagisse avec la pédale d’accélérateur enfoncée complètement. Bonne surprise, lorsque le V6 se met enfin en branle c’est parfois dans un rugissement qui rappelle brièvement la filiation avec les entrailles de la cousine 350Z. Ah quel dommage de ne pas pouvoir profiter d’une bonne boite de vitesse mécanique ou d’une automatique suffisamment évoluée… L’auto n’est pas un foudre de guerre mais les 240 chevaux sont bien présents lorsqu’il s’agit de doubler ou mieux, de se lancer dans de petites accélérations juste pour le plaisir. Le 0 à 100 km/h se passe en 7,4 secondes et la vitesse de pointe atteint 244 km/h, le compteur étant gradué jusqu’à 270 Km/h.

Face aux autres

Avec ce nouveau Coupé, Renault débarque dans un segment encore inconnu pour la marque au losange. Alors du coup, le constructeur français reste très discret et très modeste sur les ambitions de son nouveau modèle. En gros, le discours est « on verra comment ça se passe ». La Laguna Coupé ne devrait pas avoir trop de mal à s’imposer face à une Peugeot 407 Coupé vieillissante et au style souvent considéré comme pataud. En revanche, est-ce que la clientèle serait capable d’investir parfois plus de 40 000 euros dans une auto marquée du losange alors qu’à ces tarifs, les Audi A5, BMW 3 Coupé et autres Alfa Brera sont à sa portée? En anticipant un nombre sans doute incalculable de commentaires à la suite de cette article, je pense que la question se pose vraiment lorsqu’on voit par exemple un Coupé BMW 330i de 272 chevaux proposé légèrement moins cher que cette V6 3,5 essence Initiale.

Mais le facteur principal de vente pour cette Laguna Coupé devrait avant tout être son style franchement affirmé et qui doit pouvoir facilement amener à l’achat coup de coeur, surtout dans les versions plus abordables. Les responsables de Renault parlaient de retrouver l’esprit de l’époque Peugeot 406 Coupé avec une identité forte et une élégance reconnue. Je pense sincèrement que Renault a réussi. Sa bonne qualité perçue et ses qualités dynamiques devraient faire le reste.

Donnez nous la RS !

L’obsédé de l’automobile en tant qu’objet bassement ludique et polluant que je suis na pas manqué de harceler la direction au sujet d’une éventuelle version RS. J’apprenais que du temps de la Laguna II, une version spéciale de la berline poussée à 250 chevaux avait été testée avant d’être finalement mise à la poubelle. Questionnés à propos d’une version RS de la Coupé, les dirigeants de Renault gardaient le même type de discours qu’au salon de Paris, sans toutefois fermer toutes les portes :

« Lorsque Renault se lance dans un produit RS, c’est avec l’ambition de l’imposer en tant que meilleur produit sportif de sa catégorie. C’est ce qu’on a essayé de faire avec la gamme RS actuelle ( Twingo, Clio et Mégane ). Si on décidait de se lancer dans une version Laguna Coupé RS, ce serait donc en gardant comme objectif cette suprématie dans le segment du produit concerné. Le problème, c’est que les moyens pour développer un très bon coupé sportif face à une concurrence déjà extrêmement expérimentée seront beaucoup plus élevés que pour les autos badgées RS déjà existantes dans notre gamme. Alors la décision serait très lourde à prendre et le travail vraiment considérable. Il faudrait aussi absolument que le projet soit considéré comme rentable ce qui est loin d’être assuré. Mais on ne sait jamais »

En attendant sa commercialisation, la Laguna Coupé est bien évidemment visible sur le stand Renault au salon de l’Auto.

Galerie : Essai Renault Laguna Coupé

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A lire également : Non, la Laguna nest pas moche.

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