par La rédaction

La collection de Marcel Petitjean actuellement à l'encan

Initialement prévue lors du salon Techno Classica d'Essen fin mars dernier, la vente aux enchères RM Sotheby's se tient finalement en ligne en ce moment même. A l'honneur cette année, l'ancien pilote alsacien Marcel Petitjean qui se sépare de près de 100 modèles de sa collection personnelle dans le cadre de cette vente.

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C'est en 1968 que le strasbourgeois Marcel Petitjean débute en course de côte au volant d'une Porsche 904 GTS. Malgré un matériel dépassé par rapport à ses concurrents, il réussit dès sa première participation, à terminer troisième de l'épreuve de Wissembourg avant de gagner celle d'Abreschwiller. Marcel Petitjean disputa ensuite encore quatre manches du championnat de France de la montagne pour cette première saison. Il continua à accrocher les places d'honneur, ce qui lui permit en fin d'année d'être sacré champion d'Alsace. En 1969, la 904 GTS fut remplacée par une Carrera 6, plus performante, qui lui permit à nouveau de se classer régulièrement dans le haut du tableau avec en point d'orgue deux victoires cette saison. Malheureusement, lors de la course de Chamrousse (comptant pour le championnat d'Europe) et alors qu'il avait fini deuxième des essais derrière un certain Jean-Pierre Beltoise, Petitjean quitta la route et la Porsche fut détruite. L'accident mit prématurément fin à sa saison, alors qu'il occupait la deuxième place du championnat de France. Cela ne l'empêcha pas de revenir en 1971, toujours au volant d'une Porsche, cette fois une Bergspyder 910/8. Avec cette nouvelle auto équipée d'un moteur 2,2 litres de 300 chevaux pour 450 kg, Marcel Petitjean visait cette fois le championnat d'Europe. Las, la Porsche prit feu pendant les essais de la course de Murs et Petitjean décida alors de mettre un terme à sa carrière de pilote pour se recentrer sur l'entreprise familiale et sur les affaires.

Une collection très diversifiée

Parallèlement, dès 1969, l'homme avait commencé à collectionner des voitures de sport avec pour commencer une Ferrari 275 GTB 4 puis une Dino 246 GT. Les deux italiennes furent plus tard rejointes par une Mercedes 300 SL, puis par une Lamborghini Miura. En fin connaisseur, Marcel Petitjean continua au fil des ans ses achats, ciblant des modèles dignes d'intérêt et à budget alors raisonnable, sans se limiter à une marque ou un type de voitures précis. Ainsi, il fit progressivement l'acquisition de De Tomaso, Jaguar, Fiat, Porsche ou encore Lamborghini. Petitjean entretint d'ailleurs un lien particulier avec la firme de Sant'Agata Bolognese puisqu'il en fut l'importateur pour l'Est de la France entre 1991 et 1996, via la société fondée avec son fils : First Automobile.

Ayant finalement renoncé à son projet de construire un musée dans le sud de la France et décidé de recentrer sa collection sur la marque Ferrari, Marcel Petitjean a confié à la maison RM Sotheby's le soin de vendre pas loin d'une centaine de ses modèles. Bien sûr, les Lamborghini sont bien représentées, avec plusieurs Countach et Diablo ainsi qu'une Miura P400 dont Petitjean fit l'acquisition en 1979 estimée entre 700 et 800 000 euros. Toujours dans les italiennes, Maserati est aussi à l'honneur avec notamment une Indy 4.2 litres de 1970, une Merak en version SS, deux Ghibli ou encore une 3500GT de 1962. Au chapitre des allemandes, on notera la présence d'une Mercedes-Benz 300 SL Roadster de 1958 équipée de roues Rudge et estimée entre 800 000 et 1,1 million d'euros. Plusieurs Porsche sont aussi de la partie avec notamment une 904 GTS qui fait partie de la collection depuis près de 27 ans (estimation : 700-900 000 euros). Les budgets plus serrés pourront aussi trouver leur bonheur avec par exemple une Jensen Healey estimée entre 5 et 7 000 euros. Tous les véhicules ont été conservés pieusement dans un local sec et aéré et maintenus en bel état esthétique, mais le but de Marcel Petitjean étant à l'origine de créer un musée, ils n'ont pas roulé depuis années : il faudra donc prévoir pour chacun d'eux une sérieuse remise en route mécanique, et quelques soins esthétiques dans certains cas.

Quelques atypiques au catalogue

Parmi les autres lots proposés dans cette vente à côté de la collection Petitjean (NDLA : qui compte aussi quelques lots "automobilia" liés le plus souvent à Lamborghini, sans doute un héritage de l'époque First Automobile ?), on notera la présence d'une étonnante Hartge F1, à savoir une Mercedes 300E W124 dans laquelle l'officine allemande a greffé un bloc BMW M88 de 325 chevaux et une boîte de vitesses de Série 6 E24. Cet exemplaire unique est estimé entre 80 et 120 000 euros. On jettera également un oeil à la Venturi Transcup 260 (estimation : entre 50 et 70 000 euros), à la Bugatti Type 57 Cabriolet "Gangloff" de 1939 (750 - 850 000 euros) ou encore à cette Porsche 935 "Martini" de 2020. Basée sur la 911 GT2 RS Clubsport type 991, celle-ci est une évocation moderne de la fameuse 935 "Moby Dick" des années 70. Pas homologué, ni en compétition ni pour la route, ce "joujou extra" est estimé entre 1,275 et 1,375 million d'euros par la maison de vente...

Si l'un des modèles proposés à l'encan vous séduit, il vous est encore possible d'enchérir en s'inscrivant sur le site de la maison de vente, où l'on peut également suivre l'évolution des enchères en direct. Actuellement, et à quelques heures/jours de la clôture de la vente, peu de modèles ont encore atteint l'estimation basse. Pour ne parler que des modèles de la collection Petitjean, une Fiat Dino Coupé de 1967, estimé entre 40 et 50 000 euros n'avait atteint hier soir que 18 500 euros (hors frais). Une Porsche 356 B Cabriolet était bloquée à 35 000 euros alors que l'estimation tourne entre 80 000 et 100 000 euros. Dans la même veine, l'enchère maximum enregistrée pour une Aston Martin DB2/4 Drophead Coupé, pourtant estimée entre 150 et 200 000 euros, était de 66 000 euros... Et pour la Jensen Healey 1973 évoquée plus haut, la meilleure enchère était de 1 050 euros... A contrario, la Renault Sport Spider de 1996 est actuellement à 22 000 euros alors qu'elle est estimée entre 20 et 30 000 euros. Au vu du format d'enchères en ligne, il est fortement probable que les prix décollent dans les heures à venir, mais peut-être aurons-nous au final quelques surprises ?

Les enchères se clôtureront demain à 13 heures pour les lots de la collection Petitjean, et jeudi à la même heure pour les autres pièces du catalogue. Dernier point, et non des moindres : la totalité des lots composant le catalogue est proposée sans prix de réserve. Avis aux amateurs !

Illustrations : RM Sotheby's

Pour résumer

Initialement prévue lors du salon Techno Classica d'Essen fin mars dernier, la vente aux enchères RM Sotheby's se tient finalement en ligne en ce moment même. A l'honneur cette année, l'ancien pilote alsacien Marcel Petitjean qui se sépare de près de 100 modèles de sa collection personnelle dans le cadre de cette vente.

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