par Elisabeth Studer

COP27 : les lobbyistes des énergies fossiles veillent au grain

Alors que les membres de la COP27 pourraient pousser au développement des véhicules électriques et des énergies renouvelables, les lobbyistes du secteur pétrolier et gazier sont venus en force à la Conférence sur le Climat. Une présence massive qui inquiète les défenseurs de l'environnement. Ces derniers appellent même à "sortir les pollueurs".

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Hausse de plus de 25 % du nombre de lobbyistes entre COP27/COP26

« 636 lobbyistes des énergies fossiles, affiliés à certains des plus gros géants pollueurs du pétrole et du gaz, se sont inscrits pour les discussions climatiques à la COP27 », indique ainsi Global Witness ainsi que d'autres associations.

Un chiffre synonyme d’une hausse de plus de 25% par rapport à la COP26 qui se tenait à Glasgow en 2022.

Ces personnes viennent au nom des entreprises du secteur pétrolier et gazier (BP, Chevron, Shell...) ou représentent le secteur des énergies fossiles au sein de délégations nationales.

Le groupe de lobbying le plus nombreux provient des Emirats arabes unis, pays qui accueillera la COP28 en 2023, celui de la Russie vient en suivant.

Selon les ONG, la COP compte même plus de lobbyistes que le total des représentants de dix des pays parmi les plus touchés par le changement climatique. Et ce, alors que les énergies fossiles sont considérées depuis la révolution industrielle comme étant la cause majeure du réchauffement climatique.

Une présence des lobbies en défaveur de l’Afrique

"Il y a de grosses délégations de représentants de l'industrie du pétrole et du gaz, certains font même partie de délégations nationales, et il y a aussi des gouvernements des pays du Nord qui viennent chercher des opportunités pétrolières et gazières en Afrique, avec d'importantes délégations", a précisé Thuli Makama, de Oil change international.

Or, souligne-t-elle, les pays africains sont pour leur part représentés par seulement quelques officiels par pays. « De quoi faire pencher la balance en défaveur de l'Afrique dans la conversation", a-t-elle déploré.

Manifestation et vives critiques

Jeudi, une manifestation de quelques dizaines de personnes s'est rassemblée lors de la COP, brandissant une banderole demandant de "sortir les pollueurs". "Des lobbyistes du tabac ne viendraient pas à une convention sur la santé et les marchands d'armes ne peuvent pas promouvoir leurs produits à une conférence pour la paix!", ont réagi des groupes de militants des pays du Sud, cités dans un communiqué.

Malheureusement si …. J’ai moi-même assisté à la première Conférence sur Paix et Sécurité en Afrique … où il s’est agi au final de promouvoir des armes. La liste des sociétés présentes s’affichant fièrement étant édifiante : Airbus, Thalès ….

« On ne s’excuse pas d’être ici »

"On ne s'excuse pas d'être ici", a de son côté indiqué déclaré Omar Farouk Ibrahim, secrétaire général de l'organisation des producteurs de pétrole africains (APPO. "Si on n'est pas à table, on sera au menu. Donc si on n'est pas présents ici, on ne sera pas entendus et des décisions contraires à ce que nous pensons être notre meilleur intérêt seront prises", a assumé le Nigérian.

Les termes qui « fâchent » absents

L'accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement de la planète bien en deçà de +2°C par rapport à l'ère industrielle, ne contient pas les mots qui fâchent : les termes "charbon", "pétrole", "gaz", et même "énergies fossiles" n’y figurent pas.

La première mention de ces énergies polluantes a été faite lors de la COP26 à Glasgow, le texte final avait été toutefois « allégée"  sous la pression de l'Inde, de la Chine et de l'Arabie saoudite.

Sources : AFP

Pour résumer

Alors que les membres de la COP27 pourraient pousser au développement des véhicules électriques et des énergies renouvelables, les lobbyistes du secteur pétrolier et gazier sont venus en force à la Conférence sur le Climat. Une présence massive qui inquiète les défenseurs de l'environnement. Ces derniers appellent même à "sortir les pollueurs".
On peut raisonnablement penser sans être traité de conspirationnistes que le secteur des énergies fossiles tente par tous les moyens officiels ou pas de défendre leurs intérêts. Redoutant par-dessus tout que pétrole et gaz soient bannis à terme.

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