par Thibaut Emme

Obligation de vendre des éthylotests étendue

Le saviez-vous ? Depuis le 1er juillet dernier, grandes surfaces, épiceries, cavistes, sites internet ou tout autre magasin qui vend de l'alcool à emporter, doit également proposer à la vente des éthylotests.

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Ah les éthylotests ! Ils ont fait la une quand leur détention dans la voiture est devenue obligatoire. Puis quand cette obligation a été assortie...d'aucune sanction rendant de fait caduque l'obligation. Les revoilà obligatoirement proposés par ceux qui vendent de l'alcool à emporter.

Ballon de baudruche

Ces éthylotests peuvent être des modèles chimiques (les "ballons" NDLA) homologués ou électroniques. Ils doivent être présentés à proximité du rayon ayant le plus grand volume d'alcool, ou à proximité des caisses. Le stock doit être de 10 ou 25 (oui oui !) éthylotests en fonction de la taille des rayons.

Jusqu'au début juillet 2021, seuls les établissements de nuit avaient l'obligation de proposer ses éthylotests. Bon, en même temps, ils étaient totalement fermés à cause de la pandémie et des restrictions sanitaires...

A noter que ces obligations ne sont pas forcément cohérentes. En effet, les propriétaires-récoltants comme les vignerons ou cidriers qui mettent en vente des boissons alcoolisées issues de leur propre récolte ne sont pas soumis à l'obligation. De même, salons, kermesses, foires, etc. ne sont pas non plus obligés de proposer les tests. En tant que débits de boisson temporaires, ils n'ont en effet pas besoin de licence à emporter.

En cas de non-respect de ces obligations les commerçants s'exposent à une amende forfaitaire de 675 € avec majoration possible jusqu'à 1 875 €.

A quoi cela sert ?

La grande question à tout cela est : à quoi cela peut bien servir ? Selon ceux qui ont voulu cette nouvelle obligation, cela sera à faire prendre conscience aux acheteurs d'alcool que l'on ne doit pas conduire sous l'emprise d'un état alcoolique. Cela doit aussi permettre à ceux qui veulent consommer de l'alcool d'avoir un moyen de se tester. Sauf, que cela pose tout de même à diverses interrogations.

En effet, les éthylotests chimiques homologués ont une fiabilité qui est souvent remise en cause. Entre la notice pas forcément suivie, la difficulté de lecture, et le test en lui-même malgré la norme AFNOR NF X20-702, les faux-négatifs sont nombreux, selon de nombreux médias, donnant ainsi un faux sentiment de sécurité pour le conducteur alcoolisé.

De plus, il faut bien regarder quel test vous achetez. En effet, il existe des tests "0,2 g/l" spécialement pour les jeunes permis qui ne doivent pas dépasser ce taux d'alcool dans le sang. Les tests normaux sont prévus pour un taux de 0,5 g/l. La confusion peut être fatale, à votre permis, mais aussi à vous, les occupants de votre véhicule, et toute autre personne qui croiserait votre route. Les modèles électroniques homologués sont théoriquement plus fiables, mais vu leur prix, vous n'en trouverez pas à la caisse des grandes surfaces ni chez un caviste.

Personne pour surveiller

Enfin, si le caviste peut vous proposer d'acheter un éthylotest, il ne sera pas derrière vous au moment de prendre le volant. Cette obligation faite aux commerçants vendant de l'alcool est donc, visiblement, un nouveau "machin" inutile. De nombreux commerçants avaient commandé des éthylotests ballon lors de l'obligation de détention dans les voitures, et se sont retrouvés rapidement avec des centaines de tests à la date officielle de garantie courte (1 an).

Parmi ceux qui avaient anticipé l'obligation de juillet (le décret est paru au Journal officiel du 7 avril 2021 NDLA), le constat est le même : cela ne se vend pas. Certains chanceux ont réussi à en écouler une petite dizaine en six mois. Certains pointent même l'inutilité totale de l'obligation : "Ça ne sert à rien. C’est comme les interdictions pour les femmes enceintes. Les gens le savent. Mais ce n’est pas ça qui va les empêcher de boire".

Illustration : Sécurité Routière

Pour résumer

Le saviez-vous ? Depuis le 1er juillet dernier, grandes surfaces, épiceries, cavistes, sites internet ou tout autre magasin qui vend de l'alcool à emporter, doit également proposer à la vente des éthylotests.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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