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Essai Mercedes G500 : Glorious Bastard 1
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par Nicolas Morlet

Essai Mercedes G500 : Glorious Bastard

Le Classe G, c’est un peu l’histoire à « happy end » selon Mercedes, où un modeste travailleur destiné à une dure vie de labeur devient l’un des maîtres du luxe les plus convoités des fortunes du monde entier. Après près de 40 ans de travail, le maître cède enfin sa place à un descendant qui affiche le même charisme, teinté toutefois de bien plus d’arrogance.

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En renouvelant son Classe G après 38 années de carrière, Mercedes n’a pris aucun risque sur le plan stylistique. Cette seconde génération est, à quelques détails près, un copier-coller de la précédente. Certes, les proportions et les dimensions des éléments (phares, calandre…) ont quelque peu évolué, mais globalement il sera difficile pour le néophyte de distinguer ce Classe G du précédent. On comprend bien la préoccupation des designers de ne pas dénaturer un look qui fait une (grande) partie du charme du modèle, mais un peu plus de modernité aurait été bienvenue pour surfer sur la vague « néo-rétro ». Dans le cas présent, on est juste sur le rétro, avec en point d’orgue les clignotants saillants posés sur les ailes avant. Au moins, le charme brut du modèle est parfaitement intact !

Boîte à luxe

Si les ultimes versions du précédent Classe G avaient déjà largement pris leurs distances avec le monde de l’utilitaire et cultivaient une certaine idée du luxe, le nouveau marque une vraie rupture sur ce point. On y découvre un meuble de bord directement inspiré des derniers produits Mercedes, avec ce double écran qui s’étend sur une bonne moitié de la largeur de l’habitacle (en option). On peut concevoir que les acheteurs de ce type de véhicule haut de gamme ne veulent aucune concession en matière d’équipement, mais le contraste entre la rusticité de l’extérieur et la modernité de l’intérieur n’en reste pas moins saisissant. Cela se poursuit avec un joli volant à commandes tactiles, et un système multimédia ultra-connecté. Complètement embourgeoisé, avec son cuir à profusion, ses sièges à croisillon et ses inserts singeant la fibre de carbone, l’habitacle conserve tout de même quelques traces des origines rurales de son ancêtre : une imposante barre de maintien fixée sur le meuble de bord face au passager avant, et une habitabilité loin d’être optimale au regard de l’encombrement extérieur. Les cotes sont toutefois en nette hausse, notamment aux places arrière où les passagers gagnent quelque 15 cm au niveau des jambes. Le coffre assure, lui, un volume de 667 litres, compensant sa faible profondeur par une belle hauteur sous le cache-bagage. L’équipement de série peut se faire ultra-complet, avec tous le nécessaire en matière d’assistants de conduite (freinage d’urgence, maintien de voie, feux matriciels automatiques, surveillance des angle-morts, reconnaissance de la signalisation, caméra à 360°, etc.).

On saluera aussi la qualité de fabrication, réellement époustouflante, et qui justifiera sans doute en partie le tarif salé : à partir de 110.701€ avant même d’avoir pioché dans l’interminable liste d’options.

Ecolo-quoi ?

A ce tarif, vous avez le G500, déclinaison la plus « modeste » proposées pour l’instant, équipée d’un V8 4.0l de 422 chevaux ! La gamme sera bientôt complétée du G350d, qui sera sans doute la variante la plus « logique » de ce Classe G. Car s’il procure un indéniable plaisir de conduite. Le V8 fait figure d’ovni dans la production automobile actuelle. Dans nos régions du moins, car au Moyen-Orient, en Russie et en Californie où il devrait réaliser la majeure partie de ses ventes, ce type de moteur n’émeut pas grand monde. Il transforme ce parpaing sur roues en une brute sportive. Le 0 à 100 km/h est expédié en 5,9 secondes ! Pas mal du tout quand on sait que la bête affiche plus de 2,3 tonnes sur la balance. La version AMG, qui tire 585 ch de ce même V8, réalise même l’exploit en 4,5 secondes ! Réellement grisant, d’autant que l’efficacité en courbe et l’adhérence sont étonnamment bonnes, mais la précision de la direction n’est pas aidée par les larges pneus. En revanche, la boîte automatique 9G-Tronic ne souffre pas la critique.

Ce V8 fait également fi des bonnes manières écologiques. En usage normal, ses 12,1l de moyenne normalisée NEDC sont une notion des plus abstraites, et la consommation réelle lors de notre essai flirtait plutôt avec les 19l/100km. Autant être en bons termes avec son pompiste…

BIEN VU
 Meuble de bord vertical, solide poignée pour le passager et boutons de verrouillage des différentiels préservés : le mariage des solutions mécaniques « brutes » et du luxe à profusion étonne, mais se montre finalement assez réussi. 
MAL VU
 Si la roue de secours sur la portière de coffre (à ouverture latérale) fait partie intégrante du charme du modèle, elle n’est pas très pratique pour les manœuvres, d’autant qu’elle n’est pas prise en compte par les capteurs de distance arrière.

Clin d’œil aux origines

Vu les prestations haut de gamme, et les prétentions tarifaires qui les accompagnent, rares seront sans doute dans nos contrées les utilisateurs à oser plonger dans les ornières avec les jantes de 19 pouces de leur Classe G immaculé. Ils ont tort, car sous ses airs précieux, le nouveau modèle reste un must en matière de franchissement. En témoignent ses trois différentiels verrouillables depuis le meuble de bord – fait quasi unique sur le marché – qui lui permettent de se sortir de toutes les embûches. Les assistants off-road ont volontairement été limités à leur plus simple expression, là encore pour conserver le caractère « brut » du modèle originel. Cela n’empêche pas ce G de passer partout, capable d’affronter des dévers de 35°, de traverser des gués de 700 mm et de gravir des côtes à 45° ! Sa garde au sol de 241 mm et ses porte-à-faux réduits garantissent d’excellents angles d’attaque et de fuit, de 30,9 et 29,9° respectivement.

Vous l’aurez compris, ce Classe G est aussi attachant qu’il semble anachronique dans la production automobile actuelle.

+ON AIME

  • Qualité de l’habitacle
  • Equipement ultracomplet
  • Bond en termes d’agrément routier
  • Performances impressionnantes
  • Look préservé…

-ON AIME MOINS

  • peut-être trop !?
  • Tarifs particulièrement salés
  • Consommation démentielle
  • Raison d’être ?

Mercedes-Benz G500
Prix (à partir de)110701 €
Prix du modèle essayé152.611 €
Bonus / Malus10500 €
Moteur
Type et implantationAvant, V8
Cylindrée (cm3)3982
Puissance (kW/ch)310/422
Couple (Nm)610
Transmission
Roues motricesTransmission intégrale
Boîte de vitessesAutomatique 9 rapports
Châssis
Suspension avantEssieu à doubles bras transversaux
Suspension arrièreEssieu rigide
FreinsAvant: 400mm/ Arrière 370mm
Jantes et pneus265/60 R 18
Performances
Vitesse maximale (km/h)210
0 à 100 km/h (s)5,9
Consommation
Cycle urbain (l/100 km)13,4
Cycle extra-urbain (l/100 km)10,3
Cycle mixte (l/100 km)12,1
CO2 (g/km)276
Dimensions
Longueur (mm)4817
Largeur (mm)1931
Hauteur (mm)1969
Empattement (mm)2890
Volume de coffre (l)667
Réservoir (l)100
Masse à vide (kg)2329

Pour résumer

Le Classe G, c’est un peu l’histoire à « happy end » selon Mercedes, où un modeste travailleur destiné à une dure vie de labeur devient l’un des maîtres du luxe les plus convoités des fortunes du monde entier. Après près de 40 ans de travail, le maître cède enfin sa place à un descendant qui affiche le même charisme, teinté toutefois de bien plus d’arrogance.

Nicolas Morlet
Rédacteur
Nicolas Morlet

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