par Bernard Muller

Le match des électriques : Rapide comparatif entre La Nissan Leaf et la Ford Focus Electric

Si le marché des voitures électriques peine à décoller, surtout en France, cela n’empêche pas les constructeurs d’investir dans ce domaine et d’offrir de nouveaux produits. Jusqu’à maintenant, le choix du modèle était plutôt facile :

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-    Besoin de plus de place pour faire un peu de route ? Prenez la Nissan Leaf.

Mais voilà que ce choix va se compliquer avec l’arrivée de modèles concurrents, que ce soit les Renault Zoé, Fluence ZE, ou comme ici, la Ford Focus Electric.

A l’occasion du salon de Genève, à côté du hall vert, il est possible de faire un essai rapide et sur une petite piste, de quelques modèles écologiques. Il aurait été dommage de s’en priver. Sont à disposition, entre autres : des Renault Twizy et Fluence, la Bolloré, l’Ampéra, la Nissan Leaf, la Ford Focus Electric ou encore une DS5 Hybride. Profitant d’un planning favorable, nous avons décidé de confronter dans un duel express, la référence du marché : la Nissan Leaf, et sa nouvelle concurrente directe : la nouvelle Ford Focus Electric. Evidemment, quelques minutes et une petite piste d’essai ne permettent pas de connaitre à fond les voitures, mais c’est souvent suffisant pour se forger une première opinion.

La Nissan Leaf est devenu la référence des compactes électriques. Vous connaissez maintenant ses principales caractéristiques : autonomie de 160km, (mais en réalité, tablez sur 100 pour éviter les mauvaises surprises), recharge sur secteur ou en mode rapide. La Leaf se reconnait entre mille à cause d’un style très particulier qui ne la fait ressembler à aucun autre véhicule. Nissan est parti d’une feuille blanche pour développer la Leaf, de manière à avoir un véhicule totalement pensé et optimisé pour l’électrique. Ainsi les ingénieurs ont créé une structure et plateforme spéciale pour intégrer les batteries. Que ce soit de l’extérieur ou de l’intérieur, vous êtes dans un autre monde, vous ne roulez pas comme les autres, et vous le faites savoir.

La démarche de Ford est à l’opposé de celle de Nissan : La Focus Electric est basée sur la Focus standard, et si vous connaissez déjà la Focus thermique, vous ne serez pas dépaysés. Seul la calandre spécifique (et la trappe de recharge) permettront de savoir que cette Focus est « spéciale ». Vous voulez rouler en électrique, mais ne voulez pas perdre vos habitudes et préférez jouer la carte de la discrétion.

En ce qui concerne de caractéristiques, les deux voitures sont pourtant très proches, avec une autonomie similaire (5km de plus selon l’EPA aux US) de 160km pour la Focus.

A noter que notre Focus d’essai était une version américaine, celle-ci ne devant être disponible en Europe que vers cet été.

A l’intérieur, la Leaf joue la carte high-tech avec de larges écrans à affichage digital. L’ambiance est lumineuse grâce à l’utilisation de plastiques clairs. Cependant, on se rend vite compte que la finition, et notamment les matériaux, est un peu légère, surtout pour un véhicule qui est tout de même affiché à plus de 35000 euros hors primes.

A bord de la Focus, seul un œil averti remarquera que l’on est à bord d’un véhicule particulier. Seuls changements, mais qui ne se remarquent qu’une fois le contact mis : des écrans numériques côtoient le compteur de vitesse. Ils permettent d’afficher toute sorte d’information relative à la conduite et à la dépense d’énergie : autonomie, style de conduite, genre la petite animation rigolote si vous avez une bonne conduite économique.

La Leaf et la Focus se démarrent de la même manière, par un bouton START et l’appui sur le frein. Comme d’habitude dans les véhicules électriques, il ne se passe pas grand-chose pour vous prévenir que vous êtes prêt à partir. Sur la Leaf, le levier de vitesse est remplacé par un petit joystick que l’on pousse pour enclencher la marche arrière, et que l’on tire pour le mode ‘D’ pour Drive. Une deuxième impulsion en arrière enclenche ou désengage le mode éco. Sur la Focus, le levier de vitesse est semblable à celui des modèles automatiques de la gamme. Seul différence, sous le mode drive, se trouve un mode ‘Low’ permettant d’optimiser la récupération de freinage.

Conduire une électrique, c’est entrer dans le monde du silence. Mais la Leaf semble plus maniable dans les manœuvres grâce à un rayon de braquage plus faible. La Focus se rattrape sur la route ou ses origines de voitures normales sont un avantage. L’amortissement est mieux maitrisé, l’insonorisation meilleure. La Leaf en comparaison, donne l’impression que les ingénieurs ont cherché à réduire le poids au maximum, mais aussi les coûts. Bref, la Focus fait plus cossue, elle conviendra mieux aux longs trajets, enfin quand on parle de long, c’est genre maximum 150km ne l’oublions pas.

Si la Focus affiche un poids bien supérieur à la Leaf (près de 150kg), c’est pourtant elle qui offre les meilleurs reprises et accélérations. A titre de comparaison, je dirai que le couple est proche de celui d’un diesel d’environ 130 ch. Sur la fiche technique, La Focus délivre 123ch. La Leaf est moins véloce (109ch), et si de plus, vous enclenchez le mode ECO, elles seront encore moindres. Attention, la Leaf n’est pas anémique, c’est juste que la Focus offre bien plus de punch.

Sur la Leaf et la Focus Electric, le mode ECO ou Low permettent d’optimiser le rechargement des batteries lorsque l’accélérateur n’est pas sollicité. J’ai été un peu déçu de ce côté, car même si l’on relâche l’accélérateur, les deux voitures ne freinent que très peu. En tout cas, bien moins que le mode équivalent sur la Chevrolet Volt. C’est dommage, car d’une part, avoir la voiture qui freine s’il n’y a pas d’accélération, permet en ville, de presque se passer du frein, ce qui incite encore plus à une conduite coulée, mais en montagne, et il y en a autour de Genève, d’utiliser pleinement l’équivalent d’un frein moteur et d’augmenter significativement l’autonomie lors de ces longues descentes de cols…

Le tarif de la Focus pour l’Europe n’est pas encore connu, mais si l’on se réfère au marché américain ou elle est affichée à $40000 contre $35200 pour la Leaf (36000€ avant déductions en France), elle devrait couter environs 4000 euros de plus que la Leaf soit proche des 40000€ hors déductions de 5000€. Un surplus qui semble justifié à la vue des prestations supérieures, mais est-il vraiment raisonnable d’ajouter encore quelques milliers d’euros à une catégorie de véhicules déjà très chère et encore cantonnée aux petits trajets?

Rendez-vous dans quelques mois pour un test plus complet.

Lire également :

Ford Focus électrique : les chiffres de l’EPA,

Essai Nissan Leaf

Galerie :Ford Focus Electric et Nissan Leaf à Genève

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Pour résumer

Si le marché des voitures électriques peine à décoller, surtout en France, cela n’empêche pas les constructeurs d’investir dans ce domaine et d’offrir de nouveaux produits. Jusqu’à maintenant, le choix du modèle était plutôt facile :

Bernard Muller
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Bernard Muller

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