par Elisabeth Studer

Véhicule neuf zéro émission en 2035 : porte ouverte aux PHEV et e-fuel en 2026

Si les ministres de l'Environnement des 27 pays membres de l’Union européenne se sont accordés pour n’autoriser que des voitures neuves zéro émission en 2035, ce qui équivaut de facto à interdire les moteurs thermiques, ils n’ont pas fermé la porte à l’autorisation des hybrides rechargeables et des carburants de synthèse en 2026, compte-tenu des évolutions technologiques.

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Un accord doté d’une clause de revoyure

Les ministres de l'Environnement des 27 pays membres de l’UE sont parvenus cette semaine à un accord stipulant que les émissions de CO2 des voitures neuves vendues en 2035 devront être réduites de 100 % par rapport à leur niveau de 2021.

En l'état actuel des développements industriels, cela équivaut de facto à interdire à partir de cette date la vente de voitures neuves dotées de moteurs thermiques. Les dirigeants se sont toutefois accordés pour reconsidérer la question en 2026 « en tenant compte des développements technologiques », acceptant ainsi de revoir la question des hybrides rechargeables et des carburants de synthèse.

Le cas des hybrides rechargeables et carburants de synthèse revu en 2026

« Nous sommes neutres technologiquement, a déclaré Frans Timmermans, le vice-président de la Commission chargé du Pacte Vert, lors d'une conférence de presse. « Certains constructeurs automobiles estiment que les véhicules hybrides pourront nous permettre d'atteindre les objectifs. Pour l'instant, ce n'est pas le cas, [...] mais nous évaluerons cette possibilité comme nous nous y sommes engagés, en 2026 » a-t-il ajouté.

Le commissaire européen n'a pas non plus fermé la porte aux carburants de synthèse. « Cela ne semble pas réaliste [...], ces carburants semblent exorbitants en termes de coût, mais si les constructeurs nous apportent la preuve du contraire, tant mieux. La balle est dans leur camp, la Commission fera preuve d'un esprit d'ouverture sur ce point », a-t-il déclaré.

L'utilisation de carburants de synthèse, fabriqués à base d'hydrogène et de CO2 capté dans la nature ou issu d'activités industrielles, permettrait de donner un nouveau souflle aux moteurs thermiques, sans être contraints de les bannir. Cette technologie demeure néanmoins fort coûteuse et énergivore à l’heure actuelle, sans éliminer les émissions d'oxyde d'azote (NOx).

Carburant de synthèse : l’Allemagne arrive à ses fins

Si la question d'une clause de revoyure en 2026 avait jusqu'à présent été écartée par la Commission européenne, la ministre de l'Environnement allemande, Steffi Lemke, a proposé mardi un amendement afin que soient autorisés les « carburants neutres en CO2 ».

Soutenue notamment par l'Italie, l'Allemagne est finalement arrivé à ses fins, obtenant gain de cause.

A noter toutefois que la position de Steffi Lemke avait été contestée au sein du gouvernement allemand, en particulier par le ministre des Finances, Christian Lindner.

L’Italie et Ferrari obtiennent également gain de cause

L'Italie a quant à elle plaidé pour une prolongation de cinq ans des moteurs thermiques - soit jusqu’en 2040, afin d'adoucir le choc de la transition pour la filière et protéger Ferrari …

C’est dans un tel but que les ministres des 27 ont parallèlement approuvé l'amendement permettant aux véhicules de niche d'être exemptés de contraintes jusqu'à la fin de 2035, voté par les eurodéputés le 8 juin dernier - et parfois dénommé « amendement Ferrari » .

Désormais, les constructeurs qui vendent moins de 10.000 véhicules par an (essentiellement les marques de luxe ou sportive) verront l’exemption de contraintes en matière de CO2 - qui devait initialement prendre fin en 2030 – reportée à 2036.

Les équipementiers satisfaits de voir les carburants « renouvelables » non écartés

L'association des équipementiers automobiles européens (Clepa) s'est félicitée quant à elle des avancées des discussions et de la porte d’ouverte à d’autres alternatives . « Nous défendons depuis longtemps une approche technologique ouverte », a rappelé sa secrétaire générale, Sigrid de Vries.

« Nous sommes satisfaits de voir le Conseil soutenir les carburants renouvelables. Nous prévoyons un fort développement des véhicules électriques, mais il existe déjà des solutions prêtes à l'emploi pour les véhicules hybrides, ainsi que pour les voitures et les poids lourds déployés sur les routes », a-t-elle ajouté.

Notre avis, par leblogauto.com

Une position qui pourrait « arranger » à la fois  les constructeurs  - alors que les hybrides rechargeables (PHEV) sont de plus en plus critiqués pour leur aspect écologique très controversé - et l’Allemagne, les constructeurs germaniques et les politiques d’outre Rhin ne cessant de plaider pour l’e-fuel, carburant qui permettrait notamment à Porsche de faire face à un large défi industriel et commercial, en proposant à ses clients une autre alternative que de bolides certes somptueux … mais électriques. Comprenez : moins puissants.

Même chose pour l’Italie et Ferrari. Electrique et sportives ne font pas forcément « bon » ménage.

Les lobbies n'ont pas dit leur dernier mot ...

Pour résumer

Si les ministres de l'Environnement des 27 pays membres de l’Union européenne se sont accordés pour n’autoriser que des voitures neuves zéro émission en 2035, ce qui équivaut de facto à interdire les moteurs thermiques, ils n’ont pas fermé la porte à l’autorisation des hybrides rechargeables et des carburants de synthèse en 2026, compte-tenu des évolutions technologiques.
A la plus grande joie l'Allemagne, laquelle plaide pour l'e-fuel en vue de restreindre les contraintes technologiques infligées à Porsche.

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