par Elisabeth Studer

Subventions VE US : un sénateur stratégique contre le projet

Vers l’abandon des très controversées subventions voulues par Biden en faveur des véhicules électriques produits aux Etats-Unis par des salariés syndiqués ? Alors que le Canada et le Mexique ont montré récemment leur ferme désaccord sur le sujet, la volonté de la Maison Blanche d’ augmenter considérablement les crédits d'impôt sur les véhicules électriques s’est heurtée à un obstacle majeur dimanche. Un important démocrate du Sénat a en effet déclaré qu'il ne soutiendrait pas le projet de loi d'investissement national de 1,75 milliard de dollars.

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Coup fatal pour le projet de lois ?

Joe Manchin, de Virginie-Occidentale, a semble-t-il porté un coup fatal au projet de loi de politique intérieure du président Joe Biden, connu sous le nom de Build Back Better, qui vise également à étendre le filet de sécurité sociale et à lutter contre le changement climatique.

Le texte prévoit l'augmentation du crédit d'impôt actuel de 7 500 $ pour les véhicules électriques à 12 500 $ pour les véhicules américains fabriqués par des salariés syndiqués, ainsi que la mise en place d’une subvention pouvant atteindre 4 000 $ pour les véhicules d'occasion.

Les mesures comprennent également une aide de 30 % pour les véhicules utilitaires électriques.

Le sénateur s'oppose au crédit d'impôt de 4 500 $, qualifiant cette subvention liée à l’appartenance à un syndicat US de "mauvaise" et de "non américain".

Des subventions qui avantagent GM, Ford et Chrsyler

De telles subventions sont soutenues par Biden, de nombreux démocrates du Congrès et le syndicat United Auto Workers (UAW). Elles profiteraient de manière disproportionnée (voire inéquitable ? ) aux trois grands constructeurs automobiles de Détroit - GM, et la société mère de Chrysler, Stellantis NV - qui assemblent leurs modèles produits aux États-Unis dans des usines où la main d’œuvre est représentée par les syndicats.

Tesla et les constructeurs automobiles étrangers opérant aux États-Unis n'ont pas de syndicats représentant les salariés des chaînes d'assemblage et beaucoup ont combattu les efforts de l'UAW pour s’implanter dans leurs usines américaines.

Toyota qui possède une usine en Virginie-Occidentale mais dont les employés américains ne sont pas syndiqués, a fait pression contre la subvention de 4 500 $.

Le texte été critiqué par le Canada, le Mexique, le Japon et l'Union européenne.

Notre avis, par leblogauto.com

GM et Ford lanceront tous deux des vans électriques en 2022 et de nouvelles subventions pourraient être cruciales pour pouvoir atteindre les objectifs de vente initiaux, ainsi que pour répondre aux exigences croissantes en matière d'émissions des véhicules. Nul doute qu’ils accentueront la pression sur la classe politique dans les jours qui viennent.

Reste que Joe Manchin est "l'homme qui contrôle le Sénat", selon les termes retenus par The New Yorker dans le cadre d’une enquête consacrée à l’homme politique en juin dernier. Son vote est en effet devenu central dans une chambre divisée en deux, avec 50 sénateurs démocrates ou apparentés et 50 républicains.

Sources : Reuters, France24

Pour résumer

Vers l’abandon des très controversées subventions voulues par Biden en faveur des véhicules électriques produits aux Etats-Unis par des salariés syndiqués ? Alors que le Canada et le Mexique ont montré récemment leur ferme désaccord sur le sujet, la volonté de la Maison Blanche d’ augmenter considérablement les crédits d'impôt sur les véhicules électriques s’est heurtée à un obstacle majeur dimanche. Un important démocrate du Sénat a en effet déclaré qu'il ne soutiendrait pas le projet de loi d'investissement national de 1,75 milliard de dollars.

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