par Thibaut Emme

Elle a un goût de bouchon cette rentrée !

Les jours se suivent et se ressemblent pour beaucoup de Français coincés dans des bouchons pires qu'en 2019. Le monde d'après qu'ils disaient.

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Selon Sytadin (l'organisme qui affiche le trafic en temps réel de l'Ile de France), les bouchons atteignent les zones statistiques dites "exceptionnelles" et les dépassent même régulièrement depuis plus d'une semaine. Différents médias se sont déplacés sur place et tout le monde constate qu'en gros depuis début septembre, les bouchons sont bel et bien de retour.

Cependant, il n'y a pas qu'en Ile-de-France que la circulation est pire qu'avant. Les grosses agglomérations en France sont toutes touchées par ces files de voitures qui font leur réapparition alors qu'on les pensait derrière nous.

Bison Futé, qui regroupe toutes les données, indique par exemple ce matin 20 septembre un cumul de 1271,3 km de bouchons à 08h05 ! Et ce, pour une médiane à 580 km à cette date et heure là. Pour l'Ile-de-France, le volume d'encombrements grimpe de 22% par rapport à la rentrée de 2020. Mais cela grimpe également de 16% par rapport à celle de 2019, pourtant pré-pandémie.

Dans le détail, il n'y a guère que Rennes qui reste dans sa moyenne habituelle. Les autres grosses villes de province dépassent allègrement cette moyenne, et même les pires scénarios.

Transports en commun boudés

Pourtant, on constate en plus de ces bouchons, une augmentation du trafic cycliste ou des engins de déplacement personnel motorisés (EDPm ou patinettes électriques). Ces vélos et autres moyens de déplacement devraient justement favoriser la baisse du trafic automobile.

Sauf que l'on s'aperçoit également que les transports en commun sont boudés. Le trafic voyageur n'est pas revenu aux chiffres d'avant Covid et ces voyageurs se reportent soit sur de la mobilité dite douce, soit, sur la bagnole. La bonne vieille bagnole qui vient s'embouteiller dans des villes qui ne veulent plus d'elle et font tout ou presque pour l'en chasser.

A Paris par exemple, à force de remanier les voies de circulation, on arrive à des cas où, à certains moments de la journée, il y a plus de vélos que de voiture (Boulevard Magenta ou Voltaire par exemple). Mais, les bouchons n'ont pas plus diminué et en moyenne sur la journée, il y a toujours plus de voitures que de vélos.

Une cohabitation difficile

Avec la vaccination et le retour "à la normale", le télétravail forcé a disparu. Désormais, c'est de nouveau aux entreprises de choisir si ce mode de travail a distance persiste ou pas. Et il faut bien dire que de ce côté-là aussi l'ancien monde fait de la résistance. Résultat, plus de monde en présentiel, et donc à devoir faire le trajet quotidien.

D'autres mettent cela aussi sur le compte du 1271,3 km de bouchons à 08h05, ou des sempiternels travaux de la capitale si on en croit France Info. Qui dit retour des bouchons dit aussi retour de l'énervement. Et la cohabitation entre chaque mode de déplacement pose de plus en plus de problèmes.

Les bus voient leur fréquentation n'être qu'à 70% du niveau de 2019 selon Île-de-France Mobilité alors que l'on comptabilise 18% de vélos en plus par rapport au niveau de 2018. Et chacun de vouloir plus de place sur la chaussée. Les grandes voies ou pistes cyclables créées partout en France sont en passe d'être pérennisées, ou l'on déjà été, ce qui fait rager certains automobilistes devant la réduction des voies de circulation du trafic motorisé.

Pour la circulation apaisée et la route partagée, on repassera. Attention que de bouchonné, cela ne tourne pas vinaigre.

Pour résumer

Les jours se suivent et se ressemblent pour beaucoup de Français coincés dans des bouchons pires qu'en 2019. Le monde d'après qu'ils disaient.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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