Credit Photo - Groupe Renault
par Thibaut Emme

Renault cède Renault Russie et Avtovaz, mais se garde une option

Sous pression depuis des semaines, le groupe Renault a trouvé un accord avec la ville de Moscou (Russie) et NAMI pour leur céder 100% de sa filiale russe et de sa participation dans Avtovaz.

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La signature des accords de cession a été approuvée à l'unanimité par le Conseil d’Administration de Renault Group stipule le communiqué officiel. Ainsi, 100% de Renault Russie, la filiale russe, et les 67,89% à l'Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs (NAMI).

Aucune condition n'a été mise sur ces cessions précise-t-on du côté du constructeur français, "et toutes les autorisations requises ont été obtenues". Mais, anticipant une fin de conflit que l'on espère très proche, et une "normalisation" des relations internationales avec la Russie, Renault s'est laissé une porte de sortie, ou plutôt d'entrée.

Une option de rachat pendant 6 ans

En effet, le constructeur dispose d'une option de rachat de sa participation dans Avtovaz. Cette option sera exerçables à certaines périodes, et durant les six prochaines années.

« Aujourd’hui, nous avons pris une décision difficile mais nécessaire ; et nous faisons un choix responsable envers nos 45 000 salariés en Russie, tout en préservant la performance du Groupe et notre aptitude à revenir dans le pays à l’avenir, dans un contexte différent. J’ai confiance dans la capacité de Renault Group à accélérer encore sa transformation et à dépasser ses objectifs moyen-terme, »

Luca de Meo, CEO du groupe Renault.

De façon comptable, la cession de la partie russe du groupe a déjà été actée avec, une déconsolidation (sortie) dans les comptes semestriels au 30 juin 2022. Cette partie russe représente tout de même 2,2 milliards d'euros environ à fin 2021.

Notre avis, par leblogauto.com

Renault ménage la chèvre et le chou et c'est tout de même "industriellement malin". C'est à espérer que la guerre en Ukraine ne durera pas "trop longtemps" et que le pouvoir en place en Russie change, de doctrine en premier lieu. Avec l'option de rachat, Renault garde la main sur sa désormais ex-filiale et sur Avtovaz.

La cession, elle, était devenue nécessaire pour que les salariés ne se retrouvent pas sans salaire, le groupe Renault ne pouvant pas, du fait des sanctions internationales, les payer. De plus, consolidés dans les comptes, les comptes d'Avtovaz que l'on sent être mauvais pour les prochaines années, allaient tirer négativement ceux du groupe Renault.

L'avenir dira si Renault est passé à côté d'un futur grand comme il s'était fait souffler Skoda par le groupe VW avant de se rabattre sur Dacia. Pour Dacia, Avtovaz permettait, avec la marque Lada, d'amortir les plateformes et motorisations sur plus de volume.

Renault et Avtovaz en quelques lignes

Renault a signé un partenariat stratégique et technique avec Avtovaz en 2008. Pour Renault, le but était de mettre un pied en Russie, marché important. L'Alliance Renault-Nissan a augmenté sa participation au fil du temps et a aidé Avtovaz à créer une ligne de production, dite B0, aux standards de l'Alliance en 2012.

Puis, Renault a pris les commandes, seul, d'Avtovaz en consolidant les comptes du constructeur russe dans ses propres comptes. Lada devient alors la cinquième marque du groupe Renault. Avec les plans de refonte du groupe (la Renaulution) Lada se rapproche de Dacia et en devient une "marque fille". Aujourd'hui tout est remis à zéro avec ces cessions.

Pour résumer

Sous pression depuis des semaines, le groupe Renault a trouvé un accord avec la ville de Moscou (Russie) et NAMI pour leur céder 100% de sa filiale russe et de sa participation dans Avtovaz. Une cession qui comporte une option qui pourrait être utile dans le futur.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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