par Elisabeth Studer

Achat de pétrole russe : les taliban proches d’un accord

L'administration talibane est en phase finale de pourparlers à Moscou en vue de s’accorder sur les termes d'un contrat d'achat d'essence et de benzène par l'Afghanistan à la Russie, ont indiqué des responsables afghans à Reuters.

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Russie et Afghanistan prêts de s’accorder sur le pétrole

Habiburahman Habib, porte-parole du ministère afghan de l'Économie, a confirmé qu'une délégation officielle présidée par le ministère du Commerce était à Moscou et finalisait les contrats d'approvisionnement en blé, gaz et pétrole. "Ils sont en négociation avec la partie russe", a-t-il déclaré dans un message à Reuters, ajoutant qu'ils partageraient les détails une fois les contrats terminés.

Une source du bureau du ministre du Commerce et de l'Industrie a ajouté que des responsables techniques de son ministère et du ministère des Finances étaient restés à Moscou pour travailler sur les contrats après la visite d'une délégation ministérielle ce mois-ci. "Nous travaillons sur le texte du contrat, (nous sommes) presque d'accord sur l'essence et le benzène", a déclaré le responsable, ajoutant qu'ils s'attendaient à ce qu'il soit bientôt signé.

Délégation talibane en Russie à la mi-août

Les contrats interviennent après qu'une délégation talibane dirigée par le ministre du Commerce par intérim s'est rendue en Russie à la mi-août pour tenir des pourparlers sur le commerce.

De plus en plus d’affaire avec les taliban

S'il est conclu, le contrat serait le signe que les pays étrangers font de plus en plus affaire avec les taliban, bien que leur administration ne soit officiellement reconnue par aucun gouvernement international depuis qu'elle a pris le contrôle du pays après le retrait des troupes américaines il y a près d’un an.

La Russie et l'Afghanistan dirigé par les talibans font face à des sanctions économiques de la part de gouvernements internationaux, dont les États-Unis. Aucun gouvernement étranger, y compris Moscou, ne reconnaît officiellement l'administration talibane et les banques afghanes ont été entravées par les sanctions qui ont empêché la plupart des banques internationales d'effectuer des transactions avec elles.

La source officielle a déclaré disposer d’éléments sur la manière dont les paiements seraient effectués, mais a refusé de fournir des détails sur l'utilisation des canaux bancaires officiels.

Malgré le gel des actifs de la banque centrale afghane, son secteur bancaire entravé par les sanctions et le manque de reconnaissance officielle de l'étranger, certains pays font des affaires avec Kaboul, l'aidant à accéder aux marchés mondiaux dans un contexte de crise économique intérieure.

Accord de troc ?

Le volume de pétrole russe recherché par Kaboul ne pourrait s'élever qu'à 1 million de barils, selon le ministre afghan par intérim de l'industrie et du commerce, Nuriddin Azizi, dirigeant de la délégation en Russie.

Les analystes russes estiment quant à eux que Kaboul pourrait rechercher des produits pétroliers plutôt que du brut car le pays n'a pas de capacité de raffinage. L’Afghanistan a peu à offrir en retour, à l'exception des fruits, des amandes, de la laine et d'autres produits agricoles, qui ne suffisent pas à payer de gros volumes de pétrole.

Mais les experts affirment que Kaboul pourrait notamment offrir aux entreprises russes le droit de participer au développement de terres rares, dont le lithium. Matière très recherchée à l’heure actuelle pour produire des batteries pour véhicules électriques.

Au final, un tel accord pourrait devenir un tremplin pour les relations commerciales entre les deux pays. Kaboul a besoin d'investissements alors que Moscou cherche des garanties de sécurité non seulement pour protéger ses frontières centre-asiatiques mais aussi pour empêcher tout transit de militaires et d'armes de l'Afghanistan vers l'Ukraine.

Notre avis, par leblogauto.com 

Cette information voit le jour alors que les États-Unis tentent de convaincre d'autres nations de réduire l'utilisation du pétrole russe, affirmant que l'initiative vise à réduire les revenus pétroliers que Moscou utilise pour financer son invasion de l'Ukraine.

Les négociations entre la Russie et l’Afghanistan tendent à démontrer que Moscou trouvera toujours preneur …

Sources : Reuters

Pour résumer

L'administration talibane est en phase finale de pourparlers à Moscou en vue de s’accorder sur les termes d'un contrat d'achat d'essence et de benzène par l'Afghanistan à la Russie.

Les analystes russes estiment que Kaboul pourrait rechercher des produits pétroliers plutôt que du brut car le pays n'a pas de capacité de raffinage.

Les experts affirment que l'Afghanistan pourrait notamment offrir aux entreprises russes le droit de participer au développement de terres rares, dont le lithium. Matière très recherchée à l’heure actuelle pour produire des batteries pour véhicules électriques.

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