par Elisabeth Studer

Stellantis souhaite 75 % de sa JV avec GAC ... sans son aval

Alors que Stellantis a annoncé jeudi son intention d'augmenter sa participation dans sa joint-venture (co-entreprise) avec le constructeur chinois GAC, ce dernier ne l’entend pas de la sorte et le fait savoir. Reprochant au groupe issu de la fusion entre PSA et FCA d’avoir annoncé l’opération sans qu’il n’ait fourni préalablement son aval.

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Stellantis annonce vouloir détenir 75 % de sa JV avec GAC

Dans un communiqué publié jeudi matin, Stellantis a annoncé qu'il prévoyait d'augmenter à 75% sa participation dans sa coentreprise avec GAC, laquelle produit des véhicules de marque Jeep. Pour rappel, Stellantis et GAC détiennent actuellement chacun 50 % de la JV.

Stellantis a alors déclaré qu’un accord avait été conclu avec son partenaire.

GAC affirme qu’aucun accord formel n’est signé

Mais l’annonce de Stellantis a fait sortir de ces gonds GAC. Le constructeur chinois affirme en effet que les deux parties n'ont pas signé d'accord formel et critique vivement Stellantis pour avoir publié la déclaration.

"La façon dont il a été publié n'a pas été approuvée par nous et le groupe GAC le regrette profondément", a déclaré GAC dans un communiqué.

GAC cherche les moyens de revitaliser ses opérations commerciales

GAC a toutefois déclaré que les actionnaires de la coentreprise avaient mené une communication et des négociations approfondies sur la manière de revitaliser ses opérations commerciales, affirmant que l'entreprise avait rencontré ces dernières années de "grandes difficultés".

Le constructeurs chinois a ajouté qu'il respecterait strictement la politique nationale de la Chine et les procédures requises concernant les coentreprises étrangères et les questions de coopération.

Stellantis a déclaré pour sa part que le plan restait soumis à l'approbation du gouvernement chinois. Un porte-parole du groupe a déclaré que la société ne commenterait pas davantage.

La réglementation chinoise sur les JV récemment modifiée

L’opération qui pourrait voir le jour, pour laquelle Stellantis n'a pas fourni de détails financiers, serait rendue possible par une récente modification de la réglementation chinoise, permettant désormais aux constructeurs automobiles étrangers de détenir plus de 50% de leurs coentreprises locales à partir de ce mois-ci, Pékin souhaitant qu'ils investissent davantage dans le pays.

D'autres constructeurs automobiles étrangers ont resserré le contrôle de leurs coentreprises en Chine, notamment Volkswagen qui a obtenu une participation majoritaire de 75 % dans une entreprise avec le chinois JAC en 2020.

La Chine : point faible de Stellantis

Le projet de Stellantis d'augmenter sa participation dans sa joint-venture avec GAC fait partie d'une refonte de sa stratégie sur le plus grand marché automobile du monde.

Avec une part de marché inférieure à 1%, la Chine reste un point faible pour le n°4 mondial, issu de la fusion l'an dernier de Fiat Chrysler et de PSA, propriétaire de Peugeot.

Notre avis, par leblogauto.com

Une participation accrue de Stellantis dans sa joint-venture chinoise avec GAC lui permettrait de consolider entièrement les opérations chinoises dans ses comptes et de mieux contrôler les décisions stratégiques. La réaction de GAC laisse en effet entrevoir que les discussions entre les deux partenaires ne sont pas forcément des plus aisées.

Stellantis pourrait également chercher à tirer parti de l’implantation de ses marques Jeep et Maserati dans l’Empire du Milieu. En 2021, le groupe avait déclaré qu'il créerait une structure simplifiée pour développer la marque Jeep en Chine. Jeudi, il a déclaré qu'il continuerait à travailler avec GAC pour développer la marque dans le pays.

Stellantis pourrait également envisager d'utiliser la Chine comme base d'exportation pour le reste de l'Asie, ou vouloir approfondir ses liens avec l'assembleur d'iPhone Foxconn.

Quoi qu’il en soit, le groupe automobile a indiqué que des détails supplémentaires sur son plan pour le marché chinois seraient annoncés dans le cadre du plan stratégique mondial.

La coentreprise GAC, dont Stellantis a hérité de Fiat Chrysler, a annoncé l'an dernier qu'elle fermerait l'une de ses deux usines en Chine, afin de réduire en partie la capacité excédentaire dans le pays.

En plus du partenariat GAC, Stellantis exploite l'ancienne coentreprise de PSA en Chine avec Dongfeng , qui avait précédemment fermé deux usines pour faire face à la surcapacité.

Sources : Reuters, Stellantis

Pour résumer

Alors que Stellantis a annoncé jeudi son intention d'augmenter sa participation dans sa joint-venture (co-entreprise) avec le constructeur chinois GAC, ce dernier ne l’entend pas de la sorte et le fait savoir. Reprochant au groupe issu de la fusion entre PSA et FCA d’avoir annoncé l’opération sans qu’il n’ait fourni préalablement son aval.

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