par Joest Jonathan Ouaknine

Matchedje, premier constructeur du Mozambique

Avec Matchedje, le Mozambique rejoint le cercle des pays qui produisent ou ont produit des voitures. Qui plus est, c'est l'une des rares marques d'Afrique sub-saharienne.

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Avec Matchedje, le Mozambique rejoint le cercle des pays qui produisent ou ont produit des voitures. Qui plus est, c'est l'une des rares marques d'Afrique sub-saharienne.

L'histoire de Matchedje débute en 2010. Le Mozambique veut des voitures. Les officiels contactent Cao Hongru, un businessman Chinois habitué de la région. En 2011, une société est créée aux Iles Vierges (?) Ses principaux actionnaires sont China Tong Jia (la holding de Cao) et Canadien Morgan Funding, un fond d'investissement canadien dirigé par Cao (et principal actionnaire de China Tong Jia.) Le financement est assuré par la Banco Mercantil de Investimentos, une société dirigée par Laurentina (holding d'Armando Guebuza, alors président du Mozambique.)

Cao et les officiels du Mozambique multiplient les allers-retours avec la Chine. On voit ici Cao aux côtés du président Guebuza.

En 2013, des bâtiments sortent de terre près de Maputo, la capitale. Bien sûr, il n'est pas question de concevoir et produire des véhicules (du moins, à moyen terme.) Matchedje va se contenter de faire du CKD. Tant pis pour le projet de "Motor city". Pour les produits, Cao se tourne logiquement l'industrie chinoise. SG Liaoning est approché. Puis Golden Dragon (pour des autocars.) Finalement, Fudi/Fodai lui expédie un premier pick-up F16.

Au printemps 2014, le site est équipé. Fudi lui envoi cette fois des F16 en kits. Charge à l'assembleur de les monter. En octobre, Guebuza inaugure très officiellement le site. Il fait mine d'inspecter un bac de pièces, tandis que Cao porte un bouclier.

Quelques jours plus tard, Cao donne les clefs du premier pickup (il n'a pas de dénomination commerciale) à sa première cliente, Sandra Euvides Guimarães.

Le constructeur promet de se diversifier : il annonce des camions, des scooters et des voitures particulières (ainsi que des voitures électriques.) Sur son site, on peut voir des images de Toyota, de Geely et de poids-lourd Sinotruck photoshopés. Il envisage également des exportations vers les pays limitrophes.

Il a déjà assemblé un premier bus, d'origine inconnue. L'état lui en a commandé 560. N''en demande-t-on pas trop à cet assembleur balbutiant ?

Guebuza a cédé la présidence du Mozambique à son dauphin, Filipe Nyusi. Visiblement, cela n'affecte pas le sort de Matchedje. Au contraire, l'usine d'assemblage est désormais un passage obligé pour les délégations étrangères.

La femme est présentée comme étant Song Shen Jie, N°2 de China Tong Jie. Mais soit elle change radicalement d'apparence à chaque évènement, soit il s'agit de plusieurs personnes...

Crédit photos : Matchedje

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Avec Matchedje, le Mozambique rejoint le cercle des pays qui produisent ou ont produit des voitures. Qui plus est, c'est l'une des rares marques d'Afrique sub-saharienne.

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