Credit Photo - Ford (le 15 millionième véhicule sort de l'usine en 12/2019)
par Thibaut Emme

Ford envisage la vente de l'usine allemande de Saarlouis

Avec la fin de la production de la Ford Focus à Saarlouis en Allemagne à l'horizon 2025, le géant automobile revoit toute sa stratégie et ses implantations. L'usine de Saarlouis pourrait être vendue, et potentiellement à BYD.

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Tout comme les suppressions de postes en Allemagne annoncées il y a deux jours qui ont pour cause (ou justification) l'électrification de la gamme en Europe, la possible vente de l'usine de Saarlouis dans la Sarre, est la cause de l'arrêt de la production de la compacte Focus dans le pays. En effet, si la Focus cesse d'être produite en Allemagne c'est parce que Ford veut concentrer ses forces sur le VEB (véhicule électrique à batterie) et que la Focus ne fait pas partie de l'équation. L'ex-voiture mondiale tirera le rideau remplacé par un modèle produit à Valence, en Espagne.

En conséquence, selon le Wall Street Journal qui cite des sources "proches du dossier" selon la formule consacrée, Ford étudie la possibilité de se séparer de l'usine de Saarlouis. Une telle vente ne serait ni une première pour Ford, ni une première tout court. C'est aussi vieux que l'automobile elle-même.

En revanche, si la vente se fait, elle pourrait se faire en faveur du constructeur chinois BYD (build your dreams). BYD ne serait pas le seul intéressé par l'usine qui emploie actuellement 4 600 salariés. Cependant, un tel changement serait à la fois symptomatique d'une industrie automobile qui voit les constructeurs chinois de plus en plus puissants et présents partout, mais aussi, et c'est plus paradoxal ici, d'une automobile qui s'électrifie.

Car BYD, s'il est choisi, pourrait installer une production de véhicules électriques en Allemagne. La même raison qui fait que Ford cherche à se débarrasser de cet outil de production pourrait sauver ledit outil. Reste à savoir si Ford va vouloir faire entrer un peu plus le loup dans la bergerie et si les autres constructeurs européens le laisseront faire. Ce ne serait pas, non plus la première fois qu'un constructeur rachète une usine pour éviter qu'un nouveau concurrent ne s'installe.

Selon les informations obtenues auprès du syndicat IG Metall, le site de Saarlouis n’est pas concerné par les suppressions de postes annoncées en Allemagne. Les 4600 salariés seraient donc, en cas de vente, répartis sur d'autres sites Ford (ou reclassés ?). Pour la France, ce sont tout de même 750 emplois frontaliers (de Moselle majoritairement) concernés.

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Un peu d'histoire sur l'usine de Saarlouis/Sarrelouis

Credit Photo - Ford (première Escort produite à Saarlouis)

L'usine de Saarlouis a vu sa construction commencée en 1966. Sise sur un ancien aérodrome, l'usine va mettre environ deux ans pour être achevée et débuter sa production. Lors de ses deux premières années, l'usine produit des panneaux de carrosserie pour Renault. C'est en 1970 que la production de voitures débute à proprement parler.

Le premier modèle produit est la Ford Escort qui était uniquement produite à l'usine de Halewood en Angleterre. Le Royaume-Uni était hors de la CEE (Communauté Economique Européenne) et avoir une production sur "le Vieux Continent" était intéressant. Depuis, l'usine a produit des compactes pour Ford avec l'Escort de 70 à 98, mais aussi la Capri de 1971 à 1975, la Fiesta de 1976 à 1980, puis l'Orion (l'Escort à coffre).

En 1998, la Ford Focus remplace l'Escort dans la gamme, et à Saarlouis. Pour compléter la production, l'usine a aussi assemblé des Kuga de 2008 à 2012 ainsi que des C-Max entre 2015 et 2019. Depuis, elle est mono-produit avec la Focus. L'usine a compté plus de 8 000 employés à la fin des années 70. En décembre 2019, l'usine célébrait le 15 millionième véhicule produit.

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Pour résumer

Après avoir donné à Valence en Espagne la production d'un futur véhicule électrique, Ford cherche que faire de l'usine de Saarlouis qui assemble la Focus qui va disparaître.

Plusieurs constructeurs seraient sur les rangs en cas de vente dont le Chinois BYD. De quoi inquiéter les autres constructeurs "traditionnels" ?

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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