par Nicolas Meunier

Essai Renault Fluence : berline à coffre

A sa sortie en 1995, la première Mégane était une petite révolution. Jamais un constructeur n’avait développé autant de modèles sur une même plateforme. A l’époque toutes s’appelaient Mégane. Aujourd’hui, Renault semble suivre le chemin inverse. Si le développement de gamme est encore plus important, les variantes font sécession en ne s’appelant plus Mégane. Après le Scénic, c’est au tour de la tricorps de la gamme, qui s’appelle maintenant Fluence.

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Plus qu’une synergie de gamme, c’est une synergie de groupe. Ainsi, la Fluence a été développé dans plusieurs endroits su globe et est une sorte de patchwork de plusieurs modèles du l’Alliance. Cellule centrale et planche de bord de Mégane III, train avant de Mégane II, train arrière de Nissan Sentra… Le tout dévoilé au salon de Séoul sous le nom de Samsung SM3, dans une contrée où elle remplace un dérivé de la Nissan Bluebird Sylphy. Et les modèles vendus en Europe seront construit en Turquie, dans l’usine de Bursa (où sera également assemblée dès 2011 sa version électrique, la Fluence Z.E.).

Pourquoi un développement aussi mondial ? Parce que le segment C tricorps est le plus important au niveau mondial, même s’il compte pour des clopinettes (3% du segment C total) en Europe occidentale. En bref, la Fluence se retrouve chez nous comme complément de la gamme Mégane. Ce nouveau modèle est donc avant tout destiné à des marchés comme la Russie, l’Euromed (Europe de l’Est + Maghreb + Turquie), le Moyen Orient ou l’Amérique du Sud. Il devient alors plus compréhensible que ce modèle n’ait pas été conçu exclusivement au Technocentre. D’ailleurs, la totalité de la gamme Samsung devrait arriver chez nous sous le badge Renault. Après le Koleos et la Fluence, la SM5 devrait devenir Laguna tricorps et la SM7 Safrane.

Trêve d’enjeux stratégiques, venons-en au produit. Reprenant le nom d’un concept d’une grande finesse annonçant le coupé Laguna, la Fluence n’en a pas l’allure. C’est une berline des plus classiques, presque fade, destinée à plaire au plus grand nombre. On y retrouve les traits de la Mégane, notamment en ce qui concerne la ligne de care mais pour le reste, la Fluence ne marquera pas l’histoire du design automobile. On peut même regretter que sa cousine coréenne soit plus élégante, puisqu’elle s’affranchit de cette fente ingrate dans le bouclier avant, sous le logo. Très conservatrice mais globalement assez bien dessinée, la Fluence s’intègre dans un segment où, de toutes manières, les modèles sont bien loin de susciter la passion. On pourra tout de même trouver une Volkswagen Jetta plus statutaire et une Mitsubishi Lancer ou une Chevrolet Cruze plus sportives.

A l’intérieur, pour qui connaît la Mégane, la Fluence ne surprendra pas. Hormis les aérateurs aux lignes plus carrées, rien de nouveau. On se retrouve donc avec une planche de bord bien finie et aux lignes reposantes mais au GPS TomTom très mal intégré. L’ergonomie est assez bonne hormis pour le régulateur de vitesse et le volume de l’autoradio. Le coffre, raison d’être de cette variante s’avère d’une contenance plus qu’honorable.

En France, le choix de moteurs est des plus réduits. Une offre comportant simplement deux blocs diesel, de 85 et 105ch. De quoi, selon Renault, répondre à la grande majorité d’acheteurs de ce type de modèles. C’est la version 105ch qui était à notre disposition pour cet essai.

Autant le dire tout de suite, je m’attendais à conduire une Mégane III. En fait, la différence de conception est tout de même sensible derrière le volant. Le dci 105 est désormais bien connu. Il offre des performances correctes mais pêche un peu par son agrément, donnant l’impression d’être mou. Quant au châssis, ce n’est pas celui d’une Mégane. Le confort est bon mais la précision de conduite est inférieure. Les réactions sont saines et, globalement, le comportement est sécurisant. Mais l’excellence de la Mégane n’est pas là. Entendons nous bien, le comportement de la Fluence est à même de ravir l’écrasante majorité de ses acheteurs. C’est une bonne auto, simplement moins brillante que sa sœur.

Pour qui recherche une familiale d’un prix raisonnable, la Fluence est intéressante. La ligne de berline est plutôt statutaire, le volume de coffre intéressant (530l), le confort bon. Mais à moins d’être allergique aux breaks, la Mégane Estate apparaît plus pratique, dispose d’un châssis plus affûté (avec lequel il est même possible de s’amuser) et offre un choix plus important, que ce soit pour les motorisations ou les finitions. En effet, seules deux versions sont disponibles au catalogue Fluence : la dci 85 Expression (à 19 750€) ou la dci 105 Privilège (à 23 800€)… en attendant la Sport Way avec kit carrosserie et jantes 19’’ en série. Assez bien armée pour faire face à la concurrence (Skoda Octavia, Chevrolet Cruze, Volkswagen Jetta, Mitsubishi Lancer…), cette Fluence devrait être un des fers de lance de Renault… à l’international.

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Essai Renault Fluence - Test 2010 (Megane tricorps)

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Pour résumer

A sa sortie en 1995, la première Mégane était une petite révolution. Jamais un constructeur n’avait développé autant de modèles sur une même plateforme. A l’époque toutes s’appelaient Mégane. Aujourd’hui, Renault semble suivre le chemin inverse. Si le développement de gamme est encore plus important, les variantes font sécession en ne s’appelant plus Mégane. Après le Scénic, c’est au tour de la tricorps de la gamme, qui s’appelle maintenant Fluence.

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Rédacteur
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