par Elisabeth Studer

Energies fossiles:vers une obligation de captage du CO2 ?

Petite révolution en perspective ? Dans le cadre d’une étude publiée jeudi une équipe de chercheurs plaident en faveur de la mise en place de mesures obligeant les producteurs d'énergies fossiles à capturer et éliminer de l'atmosphère le CO2 émis par l'utilisation de leurs produits. Méthode proposée : le stockage sous terre.

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Des chercheurs en faveur de l’élargissement à l’industrie du pétrole de la « responsabilité élargie des producteurs »

Dans un article publié par le journal Environmental Research Letters, une équipe de chercheurs propose d'étendre à l'industrie du pétrole, du gaz et du charbon le principe de responsabilité élargie des producteurs (REP).

Ce dispositif de gestion de déchets rend les producteurs responsables de la gestion des déchets issus de leurs produits. En France, il est d’ores et déjà mis en place dans certains secteurs.

"L'article est une réponse à la crise climatique actuelle et à ce qu'elle nous apprend sur les défis climatiques", a déclaré à des journalistes Myles Allen, co-auteur de l'étude et professeur à l'université d'Oxford.

Eliminer le CO2 émis lors de l'utilisation des produits issus du secteur

"Nous allons devoir empêcher les carburants fossiles de causer le réchauffement climatique avant que le monde ne cesse de les utiliser", a souligné Myles Allen. Pour lui, la seule manière d'y arriver est de «mettre sous terre une tonne de CO2 pour chaque tonne générée par l'utilisation continue des énergies fossiles. »

Pour les auteurs de l’étude, il reviendrait aux producteurs de carburants fossiles de s'assurer de l'élimination du CO2 émis lors de l'utilisation de leurs produits, via la mise en place progressive d'une "obligation de reprise du carbone".

Obligation de reprise de carbone

Le CO2 serait ainsi capturé à la source ou recapturé dans l'air pour être stocké sous terre. Le taux de capture de CO2  réglementaire qui pourrait être imposé devrait croitre progressivement, pour au final, atteindre jusqu'à l'équivalent de 100% du CO2 émis à l'horizon 2050, date visée pour la neutralité carbone.

Dans son dernier rapport de référence, le groupe d'experts de l'ONU sur le climat (Giec) estime pour sa part que le monde devra recourir au captage et stockage du CO2, quel que soit le rythme auquel il parvient à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Une méthode très peu utilisée à l’heure actuelle

Le captage de CO2 dans l'air existe certes déjà, mais son utilisation demeure très restreinte à l’heure actuelle. Une histoire de gros sous … lesquels manquent à l’appel. La plus grande installation de ce type, en Islande, n'élimine actuellement en un an que ce que l'humanité produit en quelques secondes.

Rediriger les immenses profits du secteur pétrolier vers de telles solutions

Un des arguments majeurs mis en avant par les responsables de l’étude pour inciter à faire évoluer les choses : la possibilité du secteur pétrolier à financer de telles méthodes, qui lui est désormais « offerte » par les immenses profits générés par la flambée du pétrole suite à l’invasion de la Russie par l’Ukraine.

"On doit discuter de la manière de rediriger ces sommes colossales, qui sont actuellement simplement injectées dans la rente des énergies fossiles, vers une solution au problème climatique", plaide ainsi Myles Allen. Hugh Helferty, co-auteur de l'étude et ancien du géant pétrolier ExxonMobil, estime quant à lui que l'industrie est "capable" de reprendre le CO2. Selon lui, « ce qui lui manque c'est le modèle financier et la motivation ». Il encourage désormais à la mise en place d’une réglementation.

Sources : AFP

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Pour résumer

Dans le cadre d’une étude publiée jeudi une équipe de chercheurs plaident en faveur de la mise en place de mesures obligeant les producteurs d'énergies fossiles à capturer et éliminer de l'atmosphère le CO2 émis par l'utilisation de leurs produits. Méthode proposée : le stockage sous terre.
Un des arguments majeurs mis en avant par les responsables de l’étude pour inciter à faire évoluer les choses : la possibilité du secteur pétrolier à financer de telles méthodes, qui lui est désormais « offerte » par les immenses profits générés par la flambée du pétrole suite à l’invasion de la Russie par l’Ukraine.

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