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Le véhicule « sans permis », une clientèle plus jeune qu’on ne le croit

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En France, pays de la voiture sans permis, on a une image de ce véhicule un peu ringarde. Pourtant, les acheteurs et les conducteurs sont de plus en plus jeunes, en faisant une sorte de phénomène de société.

Déjà, mettons fin à une croyance tenace : il faut un permis pour conduire ce genre de véhicule. Il est vrai que durant des années ce n’était pas le cas. Mais, en réalité, il faut désormais ce que l’on appelle le permis AM pour les personnes nées après le 1er janvier 1988. Ce permis AM fut un temps connu sous le nom de BSR (Brevet de Sécurité Routière). Ce permis autorise la conduite d’un cyclomoteur de moins de 50 cm3 ainsi que d’un quadricycle léger de 6 kW (ou 8,15 ch) depuis 2017. Durant la formation d’une durée minimale de 8 heures, plusieurs aspects de la Sécurité Routière sont abordés, pour ne pas lâcher les titulaires sur la route sans formation.

Désormais, les voitures sans permis (VSP) sont dessinées par des designers automobiles et ont un style jeune et actuel. Cela peut même aller sur des modèles dits « urbains chics » ou des crossovers. On est très loin des véhicules cubiques des débuts. A l’intérieur, c’est pareil, l’accastillage a fait d’énormes progrès et les équipements également.

Il faut dire que le public auquel s’adressent les constructeurs de ces véhicules est de plus en plus jeune. En effet, de nombreux parents préfèrent voir leurs enfants en sécurité dans un véhicule fermé que sur un scooter par exemple. Pour les adolescents, cela permet, outre la sécurité, de se préparer au vrai permis. Avec des années d’expérience sur la route, le passage au permis B est facilité. Dans les grandes villes, certains chiffres avancent une clientèle à 70% de moins de 35 ans.

La voiture du quotidien

Souvent, la voiture sans permis va devenir le véhicule du quotidien pour la famille. Aller au sport, au lycée, aux activités péri-scolaires, c’est idéal pour les enfants. Et les parents profitent eux aussi de ces véhicules pour aller au travail ou à leurs propres activités de loisir. De nombreux jeunes adultes continuent d’ailleurs avec un VSP une fois la majorité atteinte. Manque d’envie ou de temps de passer le permis B, possibilité de circuler facilement en ville avec la taille réduite, l’image du véhicule sans permis a bien évoluée.

D’ailleurs, on peut aussi parler d’un aspect écologique de ces voitures avec permis AM. Ces véhicules sont plus légers qu’une voiture basique et prônent des déplacements plus « lents » (45 km/h tout de même). Il en résulte une consommation moindre, et même un certificat Crit’air 1 pour les véhicules thermiques d’après 2017. De quoi accéder aux Zones à Faible Emission (ZFE). Il y a même des VSP électriques qui n’émettent pas de pollution à l’usage, vous permettent de recharger facilement à domicile, pour un coût moindre que pour l’essence ou le gazole.

Ce véhicule, qui a longtemps été franco-français, prend de plus en plus en Europe avec l’adoption d’une législation européenne commune au début des années 90. La France reste tout de même numéro un en production, mais aussi en termes de ventes. Même les constructeurs automobiles traditionnels s’y mettent.

En 2020, pourtant année très difficile pour l’automobile, le marché du quadricycle léger a crû. Une progression encore plus forte cette année avec des gens qui préfèrent ces véhicules plutôt que de prendre les transports en commun par exemple. Créés au début pour répondre aux besoins des séniors ou des personnes ayant perdu leur permis de conduire, les véhicules accessibles avec le permis AM sont désormais un choix sociétal ou de vie. De nombreux acheteurs ont le permis B mais choisissent un VSP. D’autres font le choix conscient de ne pas passer le permis. Ils veulent toutefois se déplacer en toute sécurité, avec style, dans un véhicule individuel.