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Ferrari intéressé par l’Endurance…et l’Indycar !

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Est-ce, une nouvelle fois, un chiffon rouge agité au nez et à la barbe des instances sportives, ou une déclaration d’intention sérieuse ? Ferrari pourrait diversifier ses engagements sportifs à l’avenir.

Cap ou pas cap ?

Interrogé par Sky Sports Italia, Mattia Binotto a confirmé que Ferrari s’intéressait à d’autres championnats en dehors de la F1 : « Je confirme que nous regardons l’IndyCar, qui est actuellement une catégorie très différente de la nôtre (F1) mais qui aura un changement de règlement en 2022. Nous observons également le monde de l’Endurance et d’autres Championnats. Nous essaierons d’effectuer le meilleur choix. »

Véritable serpent de mer depuis de longues années, le budget plafonné s’apprête à entrer en vigueur en F1, avec comme corollaire une forte diminution des ressources humaines. « Ferrari a une responsabilité sociale envers ses employés, a expliqué Binotto. Nous voulons nous assurer que chacun d’entre eux aura sa place dans le futur. […] C’est pour cette raison que nous avons commencé à regarder des programmes alternatifs« . Ferrari, dont l’opposition au budget capé est notoire, ne veut pas sabrer dans ses effectifs et serait prête à redéployer ses ressources vers d’autres disciplines comme l’Endurance et même l’Indycar, ce qui, une nouvelle fois, attise les rumeurs sur l’avenir du cheval cabré en Formule 1. Le mot « alternatif » prête en effet à discussion. Pas une première !

L’Endurance, un héritage à assumer

Il fut un temps où Ferrari menait de front la Formule 1 et l’Endurance, dans les années 50 et 60. A partir des années 70, Ferrari a concentré ses efforts sur la F1 et n’est plus revenu depuis dans la catégorie reine en tant que concurrent usine. Les 512 BB ou 333 Sp étaient engagées et développées par des structures annexes. La création de la formule internationale LMDh (avec des protos acceptés en WEC et en IMSA), qui s’ajoute à la formule Hypercar voulue par l’ACO, a suscité beaucoup d’engouement et laisse augurer d’un afflux massif de constructeurs, parmi lesquels Porsche.

On attend la relève

Ferrari, dont la présence en Endurance est cantonnée depuis de longues années au GT avec les 488 GTE engagées par AF Corse, pourrait être séduite par ce retour en l’Endurance dans la catégorie prototype, qui fait aussi partie de l’ADN du cheval cabré. A moins qu’il ne s’agisse plutôt de l’Hypercar car il y a un hic pour le LMdh : comme le confirme le règlement technique récemment publié, les constructeurs devront se tourner vers l’un des 4 constructeurs agréées de châssis, or ce n’est pas dans la culture de Ferrari d’utiliser des châssis qui ne soient pas totalement faits « maison ». La formule Hypercar, qui laisse une plus grande marge de manœuvre au constructeur et se caractérise par une approche technologique plus poussée que le LMdh, serait donc une option.

L’Indycar, puissance et gloire

Plus surprenant, Ferrari n’a pas démenti être intéressé par l’Indycar, dont la règlementation entrera dans un nouveau cycle en 2022 avec l’avènement de propulseurs hybrides. Le grand Mario Andretti s’est fendu récemment d’une déclaration dans les médias où il invitait Ferrari à franchir le Rubicon, ou plutôt l’Atlantique, pour disputer les courses américaines et l’Indy 500. Il est vrai que la grande classique de l’Indiana manque au palmarès du cheval cabré et que Enzo Ferrari a longtemps caressé le rêve d’y triompher. Le marché nord-américain reste, de surcroît, incontournable pour une telle marque.

Ce n’est pas la première fois que Ferrari lorgne sur les USA. En 1986, une monoplace CART, la Ferrari 637, avait même été développée, mais le projet relevait davantage de la manœuvre politique que d’une intention réelle. Il s’agissait à l’époque pour Ferrari de faire pression sur la FIA, en agitant le spectre d’un départ de la F1, afin que les V12 soient acceptés dans la nouvelle règlementation atmosphérique de 1989 qui mettait un terme aux turbos.

Les designers s’en donnent déjà à cœur joie

Comme pour le LMdh, le hic de l’Indycar vient des châssis. C’est une formule monotype, toutes les équipes utilisant des Dallara. Même si Dallara est italien et que des liens existent entre les deux entités, on voit mal Ferrari se contenter de motoriser des monoplaces ne relevant pas de leur conception. Ou alors, comme le suggère Andretti, il faudrait que l’Indycar dégèle la règlementation châssis et permette plusieurs fournisseurs, ce qui risquerait d’enclencher une hausse des coûts. Par contre, la nouvelle règlementation 2022 vise clairement à attirer de nouveaux constructeurs motoristes et avec Roger Penske à la barre, le championnat américain pourrait nourrir de grandes ambitions.

Notre avis, par leblogauto.com

D’un point de vue sportif, un retour de Ferrari en Endurance aurait de la gueule, alors que Porsche fourbit aussi ses armes. De quoi déjà saliver d’un sacré duel. Pour l’Indycar, cela relève davantage du fantasme mais sait-on jamais ? Ce qui est sûr, c’est que Ferrari a souvent utilisé l’argument d’un départ vers d’autres championnats quand les négociations en Formule 1 se crispaient.

 

Images : Ferrari, Sean Bull design

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13 Commentaires sur "Ferrari intéressé par l’Endurance…et l’Indycar !"

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polo
Invité

Pour moi c’est clairement une menace, ils font ça à chaque fois qu’ils ne sont pas d’accord avec la FOM. Comme dit dans l’article l’Indycar pas sûr que ce soit la politique de la maison d’être seulement motoriste et l’endurance ils ont déjà confirmé ne pas développer de nouvelle GTE et maintenant ils iraient en proto???

Thibaut Emme
Admin

Autant l’hypercar pourrait coller à l’image de Ferrari, autant l’indycar je ne vois pas trop.
Châssis monotype, 2 moteurs…à moins que Ferrari ne fournisse le châssis à tout le monde 😀 et soit 3e motoriste avec qq écuries privilégiées affiliées ?

Ryoma
Invité

La Ferrari 333sp fut développé avec Dallara.

Le A1GP était aussi une formule monotype powered by Ferrari.

De là, on peut imaginer, que les châssis Dallara soient rebadgés Ferrari dès lors que le moteur est dedans. Mais il n’y aura pas d’équipe officielle je pense.

Hervé Smagghe
Invité

Quand Enzo était fa-fâche, c’était aussi quand sa pizza Omologato n’était pas reçue assez vite: les F1 Ferrari, avec ses mécanos habituels, mais peintes aux couleurs US du NART étaient très belles !
HHS

Carbu
Invité

A partir du moment où Ferrari dépense actuellement environ 400.000.000 $ par an pour son engagement en F1 et que les budgets devraient être capés à 175.000.000 $ en 2021, cela laisse une certaine marge pour s’engager dans une autre catégorie. Quant à voir une Ferrari utiliser un châssis tiers (Riley, Dallara, ..), je n’y crois pas trop.

Zak
Invité

Oui, mais le chiffre d’affaire dans les années à venir risque de se réduire à une peau de chagrin et/ou Philip Morris passera à autre chose (100 mio par an).

Tôt ou tard le budget sportif de la Scudéria sera réduit par les effets de la conjoncture.

Thibaut Emme
Admin
Si la Scuderia réduit son budget, c’est que la F1 traverse une crise qui aura laissé la moitié du plateau sur le côté 😉 500 millions de dollars ce n’est rien pour un constructeur mondial. Ce n’est « rien » non plus pour Ferrari. C’est de la com’ Enzo Ferrari l’avait compris avant tout les autres. Les gens achètent les voitures qu’ils voient courir le weekend (et gagner c’est encore mieux). C’est comme cela que Ferrari ou Porsche ont gagné et maintenu cette aura. Alpine aurait dû l’avoir si la Régie à l’époque n’avait pas voulu fusionner Gordini et Alpine pour créer… Lire la suite >>
gigi4lm
Invité

L’histoire plus récente de McLaren est bâtie sur ce modèle.
C’est au départ essentiellement une écurie engagée (et victorieuse) en F1 et, par clients interposés, engagée et tout aussi victorieuse en endurance.
Forte de cette aura McLaren a gagné ces galons de constructeur de référence pouvant se mesurer à Ferrari et autres Lamborghini par les performances … et par le prix.

Invité

une petite précision, Ferrari a abandonné les sport-prototypes à la fin de l’année 1973.
Ils ont gagné le championnat en 72 ( sans concurrence ) et finit deuxième en 73.
Ensuite ils se sont consacrés exclusivement à la F1.

RBC
Invité

@Sigma Le championnat de 1972 n’a pas été tout à fait sans concurrence. Le souci c’est que Matra Sports (alias Jean-Luc Lagardère) visait prioritairement une victoire aux 24 Heues du Mans cette saison là (il révisera sa politique en 1973). Quant à Ferrari, engager Mario Andretti, Jacky Ickx et Sandro Munari pour un championnat gagné par avance, cela me semblerait disproportionné 😉

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