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Peterhansel : mécanique et course à pied au programme du confinement

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Confiné en Corse avec son épouse et copilote, Stéphane Peterhansel, « Monsieur Dakar » (13 victoires en moto puis auto), a d’abord été « un peu feignant », préférant « bricoler des vieilles motos », mais il a depuis repris la course à pied, à défaut de pouvoir piloter. 

Q: Comment la crise du coronavirus impacte-t-elle votre programme sportif ?

R: « C’est un peu compliqué parce que, après le Dakar au mois de janvier, il y avait pas mal de courses au Moyen-Orient fin mars ou en avril. Tout a été annulé et on est complètement dans l’inconnu. Quand le programme de compétition va-t-il recommencer ? On ne sait pas. Le développement des voitures de course ? On ne sait pas. Car il n’y a pas vraiment d’échéance prévue, on ne sait pas quand relancer l’entraînement physique, donc on fait de l’entretien léger. »

Q: C’est-à-dire ?

R: « J’ai été un peu feignant au début du confinement… J’ai plutôt profité pour faire des choses dont je n’avais pas l’habitude, comme bricoler des vieilles motos d’enduro. Depuis quelques jours, j’ai commencé à reprendre un peu de footing. A la base, pour moi, c’est beaucoup d’entraînement cardio, de VTT, de vélo de route. La course à pied un peu moins mais, dans cette période, ça revient. On est à côté de Porto-Vecchio, aux portes du maquis, donc dans un périmètre d’à peine un kilomètre, on arrive à courir dans des petits sentiers, faire des allers-retours. »

Q: Ne pas piloter votre voiture pendant plusieurs mois sera handicapant ?

R: « Ca va manquer mais ça revient assez vite. Ca n’est pas comme en moto où on est obligé de s’entraîner vraiment techniquement, de répéter des mouvements, des sauts, des virages dans des ornières. Il faudra quelques jours mais on aura forcément des essais avant la reprise. Pour nous, le grand événement, c’est le Dakar (en janvier 2021, ndlr). Ca nous laisse un peu de marge. »

Q: Mentalement, comment gérez-vous cette pause forcée ?

R: « J’ai été pilote professionnel à 18 ans en moto (il en a désormais 54, ndlr) et les saisons se sont enchaînées avec le point le plus important, le Dakar, au mois de janvier, donc il y a toujours eu toute une préparation au long de l’année. Les seules coupures nettes, c’est quand je me suis blessé. Là, je me suis dit: ça va être un peu comme ça, on va prendre ce temps pour recharger les batteries parce que les années s’accumulent et, à force, c’est lourd aussi. Donc ça n’est pas trop dur. »

Q: Peterhansel, quel serait votre conseil en cette période ?

R: « Se donner un peu de rigueur, essayer de garder un rythme, se fixer quelques objectifs, des sorties, faire un coup de sport et, comme c’est dans des durées assez courtes, que ça soit assez intense. Et surtout voir un peu plus loin. Il va falloir être prêts pour redémarrer sur les chapeaux de roues, c’est sûr, mettre les bouchées doubles, s’entraîner deux fois plus car chaque sportif est dans son coin et on ne sait pas trop ce qu’il fait, si tout le monde est en stand-by ou si certains arrivent à s’entraîner un peu mieux que d’autres. »

Q: Peterhansel, quand espérez vous reprendre les rallyes-raids ?

Q: « On espère une reprise au mois de juillet. Si ça n’est pas au Silk Way Rally (du 3 au 11 juillet en Russie uniquement, après la suppression des étapes au Kazakhstan et en Chine, ndlr), on ira peut-être faire d’autres courses Pete, en espérant que le pays s’ouvre à nouveau. »

Propos recueillis par Raphaëlle PELTIER.

Elisabeth STUDER avec AFP

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