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24H 2019 : Les pneus, paramètre essentiel de la réussite, chez Alpine comme ailleurs

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Tout le monde s’accorde à penser que les pneumatiques jouent un rôle primordial, prépondérant important, (c’est selon) dans les courses d’endurance, à fortiori lors des 24 heures. De plus, la réglementation imposant pour la course  un nombre maximal de pneus selon les catégories (48 en LMP1, 56 en LMP2, et 60 en GTE Am et Pro),  il est évident qu’une stratégie doit être élaborée en amont de la course pour faire face  à toute éventualité.

Collaboration étroite Alpine-Michelin

C’est bien d’ailleurs ce que nous avons pu observer chez Alpine où le satff technique nous avait dit : “Nous avions rarement fait des triples relais avec les gommes Michelin. Nous avons trois types de gommes pour le sec. Après les essais de jeudi, nous devrions avoir bouclé des triples relais avec les trois gommes.”

David Sudre, le conseiller Michelin auprès de l’écurie, nous confirmait que la firme auvergnate étant revenue dans la catégorie LMP2 lors des 24 heures 2018, il fallait, à partir des produits proposés autour des gommes Soft, Medium et Hard, bien définir à quelle température fonctionnait le mieux tel type de gomme. Au passage, il nous rappelait que si les pneus pluie n’étaient pas limités en nombre, ils offraient le choix entre 2 catégories. La première consiste en un pneu pluie intermédiaire avec une bande légèrement entaillée, alors que pour la seconde, on fait appel à une enveloppe conçue pour des conditions difficiles  avec un taux d’entaillement plus élevé.

Tous les pneus de la catégorie LMP2, où Michelin fournit 10 équipes sur 20, les dimensions sont les suivantes : 30/68 18 à l’avant et 31/71 18 à l’arrière.

Nous avons au cours des essais l’occasion de vérifier que le conseiller Michelin et l’écurie Signatech-Alpine se tenaient informés en permanence des conditions météo et de leur évolution. A cet effet, un site météo dédié financé par les concurrents du WEC s’avère assez précis mais les informations fournies, sont recoupées avec d’autres, piochées à diverses sources.

Jeudi nous avons assisté à un ballet intéressante mêlant dans une chorégraphie inédite, Thomas l’ingénieur piste Alpine, David le conseiller Michelin, Greg responsable pneus de l’écurie et d’autres techniciens  Michelin. Ensuite, c’est un partage d’informations entre Thomas et Nicolas Lapierre,  qui signera le retour en piste de la N°36, pour tirer les meilleurs enseignements à propos de cette gomme.

En fait, les explications fournies par le conseiller sont intéressantes pour la compréhension du délicat travail et de la grande responsabilité -tant en termes de performance que de sécurité- de ceux qui valident de faire partir l’auto avec telle ou telle gomme.

Ecoutons-le : « Nous étions partis sur un long run. Il y a eu un drapeau rouge avec la Rébellion, qui a connu un problème moteur. On avait un pneu qui était blessé et l’on a tenu à vérifier que l’on pouvait continuer à le faire rouler. En fait, c’était bon mais le pneu avait trop refroidi, alors on est reparti avec des pneus de la même gomme, pour un long run, comme prévu. »

A notre interrogation concernant la venue de plusieurs techniciens Michelin pour la prise décision, voici la réponse :

« En fait il s’agit des représentants de la partie développement. Ces développeurs nous accompagnent sur les courses. Ils viennent, soit pour vérifier que tout se passe bien, soit en cas de doute pour nous aider, nous les conseillers d’écurie -véritable bras armé de Michelin-, à prendre la meilleure décision, dans l’intérêt du team. »

Nous ne sommes pas certains que  le programme prévu par l’écurie Signatech Alpine ait été mené à son terme, après que  les soucis affectant le moteur, aient maintenue au box l’Alpine, jeudi soir avant 21 heures. Toutefois, aucune inquiétude ne semblait affecter les responsables et les pilotes, tant le partenariat avec Michelin semble éprouvé et solide, tout en apportant -semble-t-il- une vraie sérénité quant à cette question des pneumatiques.

Grand déploiement Michelin

En élargissant le sujet à partir de l’écurie Alpine, il convient de préciser que sur place, le staff Michelin est composé de 105 personnes, que 11 000 pneus ont été transportés au Mans avec 28 semi-remorques. Pour équiper les 53 voitures sur les 62 engagées, un atelier de montage de 800 m2 a été installé.

Ultime précision pour les grands spécialistes que sont nos lecteurs. Comme cette édition des 24 heures fait partie de  la super saison, aucune évolution n’était permise au niveau des pneumatiques. Toutefois, les écuries ont le droit de remplacer les pneus pendant les ravitaillements, ce qui peut entraîner des changements de stratégie.

Enfin, même si les LMP1 hybrides ou non,  chaussent des pneus de mêmes dimensions (31/71R18, à l’avant comme à l’arrière), on peut penser que les charges sont différentes entre les 2 et les 4 roues motrices. Ainsi, des voies de développement différentes ont été  suivies, avec des structures internes dédiées et des gommes adaptées, notamment pour les roues avant.

Le circuit du Mans, tellement vanté pour sa singularité, apporte de par son tracé, des contraintes allant de normales à maximales en passant élevées et fortes. On comprend ainsi fort bien la philosophie de Michelin, faisant du Mans un excellent laboratoire pour élaborer des produits courants, qui seront ensuite proposés au grand public.

Alain Monnot

Texte et photos

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