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Jeu vidéo : test de Dirt Rally 2, le retour du roi ?

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dirt rally 2

Attendu de pied ferme par les fans, Dirt Rally 2 a enfin débarqué sur PC et consoles. Alors, que vaut le dernier né de Codemasters ?

Une généalogie complexe

Dirt Rally 2 est le lointain descendant des légendaires Colin McRae Rally qui ont bercé la jeunesse vidéoludique de nombreux joueurs (dont votre rédacteur, ndlr). Mais par la suite, la saga avait petit à petit emprunté le chemin de l’arcade hyper fun, en lorgnant davantage vers les facéties de Ken Block que vers les trajectoires au cordeau des pointures du WRC. La série avait même fini par se débarrasser du patronyme McRae, tragiquement disparu en hélicoptère. Dirt Rally (2016) avait ravivé la flamme des puristes, en proposant un gameplay sélectif et réaliste, mais un contenu rachitique et une présentation soporifique. Puis Codemasters nous a perdu avec le sympathique Dirt 4 (2017), qui essayait de croiser la diversité fun des Dirt (tout court) et le réalisme de Dirt Rally (vous suivez ?)

Codemasters dégaine donc un Dirt Rally 2, qui n’est pas la suite de Dirt 4 mais bien celle de Dirt Rally, c’est à dire la branche « simulation » de l’univers rally du studio anglais. Trêve de considérations patronymiques, et parlons de l’essentiel: que vaut ce nouvel opus et qu’apporte-t-il ?

Un contenu en trompe l’œil

Dirt Rally 2 propose plusieurs modes : la création d’équipe (qui reprend les principes de Dirt 4, avec gestion budgétaire et recrutement), le mode création de championnat, le mode « carrière », le multijoueur et le mode WRX.

Passons vite sur le mode carrière : ne vous attendez pas à une immersion type F1 2018, mais plutôt à une progression chronologique où il faut remporter des courses pour amasser des crédits qui permettront d’acquérir de nouvelles montures et débloquer les catégories suivantes. On commence avec les petites bombinettes des sixties (Mini Cooper, Lancia Fulvia etc.) pour finir avec les R5 actuelles (Skoda Fabia, VW Golf, etc.), en passant bien sûr par les Groupe B (Audi Quattro, Delta S4, 205 S16), les Groupe A (Delta HF, M3, Sierra Cosworth) et les WRC des années 90. Le choix de voitures est d’ailleurs assez riche, mais par contre, aucune WRC moderne des années 2000-2010 à se mettre sous la dent ! (ni C4 ni Focus !) Licence oblige, puisque celle-ci est détenue par Kylotonn Games (dont on attend WRC 8 cette année) ? Pas seulement… Rien de bien nouveau donc dans cette carrière, c’était déjà le principe de Dirt Rally et de Dirt 4. On aurait aimé une personnalisation plus poussée du pilote et une scénarisation, mais non. Au moins, la présentation globale du jeu est plus dynamique et léchée, notamment pour les chargements des spéciales qui nous offrent de belles cartes.

Le mode création de championnat est sympathique puisque customisable à volonté (choix des rallyes, des spéciales, de l’heure, de la météo, etc.). Le WRX vaudra le détour car cette fois-ci, Codemasters dispose de la licence 2018. Vous retrouverez donc Loeb, Kristoffersson, Solberg et compagnie avec les voitures (donc encore l’Audi S1), teams et circuits officiels, ainsi que le déroulé réel des épreuves, subdivisées en manches qualificatives et courses. C’est nerveux, viril et ça défoule bien.

Mais cette diversité cache un gros défaut : le manque de pistes. Le WRX propose 8 manches (contre 11 en réalité) et le mode Rallye ne propose que 6 destinations (Nouvelle-Zélande, Argentine, Australie, Pologne, Espagne, USA). Le reste sera accessible…à travers des DLC (contenus téléchargeables) payants, comme c’est déjà le cas pour le Monte-Carlo, proposé à la vente depuis le mois de mars. Et les fameuses WRC devraient aussi arriver en DLC. Ce système de fragmentation du contenu, vendu par ajouts saisonniers, est devenu la norme dans les jeux vidéos…Pour les anciens qui ont connu l’époque où l’on achetait un jeu entier dès sa sortie, ça sent l’enfumage…

Un vrai challenge

Disons-le tout de suite, Dirt Rally 2 est une réussite sur le plan du pilotage, et c’est bien cela le plus important. La réalisation du jeu, sans être démoniaque (mais au moins, il peut tourner très bien sur une configuration PC moyenne), rend une copie solide, avec une impression de vitesse bluffante (surtout en vue capot), de beaux jeux de lumière et un feeling de conduite très précis.Le rendu des pistes est très bien fait, avec des rigoles d’eau, des projections de boue et de graviers, etc. Les graphismes ne sont pas à tomber par terre mais le design des voitures, la gestion physique des dégâts et des salissures en temps réel sont bien maîtrisés.

Les sensations sont là et chaque voiture nécessitera de s’y adapter. L’approche penche nettement vers la simulation : On ressent bien la nervosité de la M3, la monstruosité de la Quattro ou l’agilité de l’Impreza. La difficulté est au rendez-vous, puisque le niveau des adversaires est coriace (voire peut-être trop, surtout en WRX, mais la difficulté est paramétrable) et les erreurs de pilotage se payent cash. Hors de question d’aller « à fond à fond », il faudra doser vos accélérations, vos freinages et vos trajectoires pour être performant et ne pas détruire vos pneus, dont l’usure est désormais prise en compte. Les sauts mal maîtrisés et les excursions hors piste sont aussi très punitives, avec un bolide qui peut rapidement s’endommager et devenir inconduisible. Et ne comptez pas sur les fonctions « flashback » qui se sont généralisées dans beaucoup de jeux, car vous n’aurez pas ce genre d’astuce pour vous rattraper.

La principale nouveauté du jeu réside dans l’apparition des pistes évolutives. Pour le dire clairement, selon votre position de départ et votre ordre de passage, les routes subissent des modifications naturelles qui influent sur les conditions d’adhérence. Des ornières peuvent se former et rendre votre passage très délicat. Un paramètre à prendre en compte pour exploiter au mieux les voitures et éviter les pièges.

Conclusion

Exigeant, réaliste mais abordable (y compris à la manette), Dirt Rally 2 rend un bel hommage au rallye. Le contenu aurait pu être plus conséquent et la carrière manque cruellement de « chien » pour être motivante. Toutefois, l’expérience de jeu est stimulante et promet de longues heures à maîtriser la cinquantaine de voitures proposées. Il faut attendre de voir ce que WRC 8 proposera, avec la licence officielle.

Note finale : 16/20

Les +

– sensations de pilotage et réalisme

– exigence du gameplay

– licence WRX

– graphismes et réalisation très convenables

Les –

-un jeu de rallye sans les WRC modernes d’office, une blague ?

-contenu loin d’être complet

-Carrière fade et sans grand intérêt

En prime, le partage d’une vidéo de Franconen, un des principaux youtubeurs français spécialisés dans le Simracing:

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1 Commentaire sur "Jeu vidéo : test de Dirt Rally 2, le retour du roi ?"

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RBC
Invité

Oui je connais assez bien la lignée des Colin McRae et je déplore aussi cette politique de DLCs très discutable car il s’agit de faire payer pour une parcelle de l’ancien contenu remis à neuf (alors que l’autre partie l’est d’office dans le jeu à son lancement).
Maintenant les Dirt sont très immersifs, et j’avoue que j’ai passé un temps fou sur Dirt 1 et Dirt 3 qui étaient exceptionnels en terme de contenu et de rendu.

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