Accueil Alternatives Le covoiturage, écolo ou pas ?

Le covoiturage, écolo ou pas ?

303
14
PARTAGER

Ces dernières années en France, le covoiturage a explosé. Plus qu’un phénomène de mode, il est devenu un nouveau moyen de transport quotidien. Mais, c’est aussi un nouveau mode de voyage. L’ADEME en tire un bilan tout en nuances.

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) vient de publier un dossier sur la nouvelle consommation collaborative. La partie qui nous intéresse, l’automobile et les transports, revient sur ces pratiques. Elle tente de voir si c’est un bénéfice pour l’environnement, ou pas. Le but premier de la consommation collaborative est de mutualiser les biens matériels ou ici les déplacements. Ainsi, on réduit l’impact de l’achat et de l’usage d’un véhicule particulier.

« Si la mutualisation ou le réemploi de biens semblent intuitivement porteurs de bénéfices environnementaux, il est néanmoins difficile de tirer une conclusion générale sur la performance environnementale de la consommation collaborative sans évaluer de manière spécifique ses différentes formes » indique ainsi l’Ademe.

Trajets courts, oui, trajets longs, à voir

En effet, si aller au bureau en prenant au passage un ou plusieurs collègues (ou non collègues) semble, intuitivement, réduire l’impact des déplacements automobile sur l’environnement, cela induit des habitudes qui peuvent ne pas être bonnes pour la planète. Ainsi, une personne qui prenait les transports en commun, peu polluants en émissions, peut se convertir au covoiturage. Elle génère alors plus de pollution. Mais sur les « covoitureurs » courte distance l’Ademe avance que 80% auraient pris leur voiture, 20% auraient pris un transport en commun en l’absence de covoiturage. Donc, sur les trajets courts le bénéfice écologique est réel.

Toutefois, le covoiturage a également d’autres dimensions. Et ces autres usages peuvent avoir un « effet rebond » finalement pire que si le covoiturage n’existait pas. Cette dimension « rebond » est la pratique type « Blablacar » qui consiste à faire des trajets assez longs en automobile, à plusieurs. Là encore intuitivement, on peut se dire que c’est bien de partager une voiture à plusieurs plutôt que d’avoir plusieurs voitures avec 1 ou 2 personnes à bord.

Sauf que, l’Ademe pointe du doigt ces utilisateurs qui soit ne seraient pas parti à cause du coût (12%), soit auraient pris le train (63%). Deux solutions moins polluantes que le covoiturage, même à 3,5 en moyenne dans une voiture partagée. Dans son étude, l’agence indique donc que le covoiturage est plus « écologique » seulement en fonction du moyen de locomotion auquel il se substitue, avouant tout de même que l’impact global semble positif même s’il est difficile à évaluer. Si le covoiturage longue distance continue de croître, l’effet rebond pourrait prendre le pas sur le bénéfice d’un voyage à plusieurs.

Retrouvez l’ensemble de l’étude ici.

Source : ADEME, illustration : gouv.fr

Poster un Commentaire

14 Commentaires sur "Le covoiturage, écolo ou pas ?"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Laportino
Invité

Sauf que le train ou le bus rouleront quand même avec un voyageur en moins, alors que la voiture ne va pas rouler à vide (quoique, avec les Google car qui débarquent…). Donc pour l’instant c’est globalement très avantageux écologiquement. Après, l’Ademe peut craindre pour l’avenir du train si tout le monde covoiture. Et alors ? Cela permettrait des trajets plus flexibles et moins chers, pas plus de voitures, et de se passer d’une infrastructure lourde et donc très coûteuse en argent, et en électricité. Tout bénéf.

Christophe
Invité
Pour faire circuler les voitures, effectivement il ne faut ni infrastructure lourde très chère ni énergie. Hors autoroute payante, cette infrastructure est à la charge du contribuable quand l’utilisateur d’un train paye une partie du péage pour rembourser l’infrastructure. La consommation électrique d’un TGV par passager est de l’ordre de la consommation électrique d’un VE par passager : – TGV : 20 kWh / km avec un remplissage moyen de 70 % soit 50 Wh/km, – VE : 20 kWh / 100 km, il faut au moins 4 passagers pour qu’il soit plus efficient. Par contre, je ne connais pas… Lire la suite >>
wizz
Membre

est ce que les routes sont une infrastructure lourde et couteuse ou pas?
http://carfree.fr/index.php/2011/05/18/combien-coutent-les-routes/

oui, c’est vrai que les trains consomment beaucoup d’électricité, beaucoup de kwh
et il est notoirement connu que les voitures ne consomment presque rien pour avancer…
http://carfree.fr/index.php/2011/04/04/combien-depensons-nous-en-carburant/

.
alors tout bénef? réellement?

effectivement
Invité

du genre l’électricité nucléaire effectivement « peu polluants en émissions » mais énormément dans d’autres, infiniment plus durable

Christophe
Invité

Les centrales hydroélectriques françaises ont été construites initialement par les compagnies de chemins de fer pour alimenter leurs trains !
Par exemple compagnie des chemins de fer du midi qui a construit de nombreuses infrastructures dans les Pyrénées (voir lac d’Artouste par exemple) ou ligne St Gervais Vallorcine électrifiée dès sa construction en 1901 !

Christophe
Invité

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_hydro%C3%A9lectrique_du_Midi

« Héritière de la Compagnie des chemins de fer du Midi, de la Compagnie du Paris-Orélans et des Voies et chemins de fer basques, créée en 1929, elle exploite 56 centrales hydroélectriques situées dans les Pyrénées, dans le Massif central et sur le Lot, soit une puissance installée de 783 MW. La SHEM fournissait à la SNCF une part notable de sa consommation en courant de traction. »

Kero San
Invité
Le calcul de l’Ademe paraît prendre le problème à l’envers, en se focalisant sur le coût carbone d’un voyageur pris isolément… alors qu’il faut l’envisager au global. Tant que le phénomène de covoiturage n’aboutira pas à des annulations massives de trains, il est vain de parler d’impact écologique, puisque chaque moyen de transport effectue de toute façon le trajet. Il serait plus judicieux d’évaluer si le covoiturage et son coût attractif n’incite pas à plus voyager (auquel cas le coût carbone global augmente), si la consommation augmente en charge (potentiellement compensée par une vitesse moyenne inférieure), et si cela n’induit… Lire la suite >>
seb
Invité
Est ce qu’une voiture chargée pollue beaucoup plus qu’une voiture avec uniquement le conducteur? A chaque fois que j’entends parler de blablacar, le trajet de la voiture est déjà prévu et se fera avec ou sans covoitureur. Le principe de blablacar c’est de profiter du trajet de quelqu’un pour aller à un endroit. Je veux bien croire que le prix aide le covoitureur à aller à cet endroit en voiture plutôt qu’en train voir ne pas y aller mais je ne pense pas que ça change beaucoup en ce qui concerne la voiture et donc la pollution. Est ce qu’il… Lire la suite >>
Olcls
Invité
Effectivement, excellente question. Le conducteur aurait-il fait le trajet en voiture s’il ne pouvait la remplir avec Blablcar ? Pour la réponse, je ne sais pas si l’ademe s’est basée sur des chiffres précis ou si elle a fait des hypothèses. En ce qui me concerne, il m’est déjà arrivé de prendre le train lorsque je n’ai pas réussi à avoir de covoitureurs sur mon parcours (plus rapide et moins cher pour un A/R sur un week end) … Ce pourcentage de voyages en voiture « abandonnés » sans l’existence de blablacar est donc très important. Concernant la pollution supplémentaire d’une voiture… Lire la suite >>
Greenevans
Invité

Oui, enfin c’est bien beau de donner des leçons a posteriori, quand l’Ademe n’a jamais rien fait pour dénoncer l’hérésie du bonus/malus qui a favorisé l’explosion des ventes de Diesel qui n’en avaient pas besoin! Au lieu de prôner le développement de l’électrique et de l’hybride essence, l’Ademe a laissé les bon vieux bus fumant tout noir de la RATP se multiplier à qui mieux mieux (tu parles d’un transport public propre!!).
Et ils ont qu’à payer la différence de prix entre un billet TGV hors de prix et un blabla car!!!

Christophe
Invité

Il est notoirement connu qu’un bus même diesel est bien moins polluant qu’une voiture. Alors ramené au nombre de passagers transportés, un bus est largement moins impactant.
Et en ce qui concerne les voitures hybrides, je propose la comparaison suivante :
https://www.adac.de/infotestrat/tests/eco-test/detail.aspx?IDMess=3939&info=Toyota+Yaris+Hybrid+Style
HC: 5 mg/km
CO: 76 mg/km
NOx: 2 mg/km
Partikelmasse: 0,3 mg/km
Partikelanzahl: 1,45907 10¹¹/km
https://www.adac.de/infotestrat/tests/eco-test/detail.aspx?IDMess=3905&info=Peugeot+208+BlueHDi+100+STOP%26START+Allure
HC: 2 mg/km (2,5 fois moins que la précédente)
CO: 27 mg/km (2,8 fois moins que la précédente)
NOx: 432 mg/km
Partikelmasse: 0,9 mg/km
Partikelanzahl: 0,0052 10¹¹/km (280 fois moins que la précédente)
Les bus utilisent la même technologie au moins depuis la norme Euro5 et sont équipés de FAP depuis la norme Euro4.

wpDiscuz