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F1: les exclus de Melbourne

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Le week-end prochain, le championnat de F1 reprendra. 24 chanceux disputeront le Grand Prix d’Australie. Mais pour 9 autres pilotes, la course aura un gout amer: il y a quelques mois, ils étaient eux aussi pilote de F1 et là, ils sont à pied. Le pire, c’est qu’à une ou deux exception près, ils sont tous plutôt talentueux et ils auraient encore de belles choses à montrer en F1…

Jaime Alguersuari, Espagnol, ex-pilote Toro Rosso, 21 ans, 46 Grand Prix

Dietrich Mateschitz n’a jamais fait dans la nuance avec ses pilotes. Dans un premier temps, il leur offre un soutien inconditionnel, quitte à nier l’évidence. Puis du jour au lendemain, le pilote est viré, sans préavis et surtout, la décision est sans appel.

En 2 saisons et demi, le très jeune Espagnol ne convainc pas vraiment: quelques rares arrivées dans les points et deux 7e places comme meilleurs résultats absolus.
Sachant qu’en parallèle Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne lorgnent sur son baquet dés le début de la saison 2011, l’Espagnol est condamné.

Il est désormais commentateur radio des Grand Prix de F1 sur BBC 5.

Rubens Barrichello, Brésilien, ex-pilote Williams, 39 ans, 322 Grand Prix, 11 victoires

Heu-reux! L’hiver a été long pour « Rubinho » (on y reviendra), mais il a trouvé une porte de sortie, en Indycar.

Difficile de retracer ses 19 saisons de F1 en quelques lignes, car on a eu plusieurs Barrichello!

Plusieurs fois, on croit qu’il est bon pour une retraité anticipée: fin 1996, lorsque Jordan le vire, fin 2008, lorsque Honda baisse le rideau… Et pourtant, Rubinho rebondit! Il dépasse même les records de Riccardo Patrese (256 Grand Prix) et de Graham Hill (18 saisons de F1), qu’on pensait imbattable!

Au Brésil, il pense qu’il dispute sa dernière course: l’arrivée de Kimi Raikkonen semble imminente. Peu après, le Finlandais signe chez LGP. Barrichello croit que le danger est passé… Mais c’est sans compter sur Bruno Senna, qui lui chipe son baquet.
Son pote Tony Kanaan lui propose de tester sa nouvelle Dallara/Honda d’Indycar. Rubinho effectue un test, puis deux, puis trois et au final, à 39 ans, il se lance dans un nouveau challenge!

Sébastien Buemi, Suisse, ex-pilote Toro Rosso, 23 ans, 55 Grand Prix

A l’été 2011, on sent que ça chauffe sérieusement pour les matricules des pilotes Toro Rosso. On pense qu’Alguersuari va sauter, sauf s’il termine devant le Suisse (auquel cas c’est ce dernier qui est viré.)
A la surprise générale, Mateschitz décide de remercier ses deux titulaires.

Buemi, c’est un peu la « star de l’année passée ». Le fait de s’appeler « Sébastien » et d’avoir eu une carrière météorique dans les formules de promotion ont fait de lui le « nouveau Vettel ». Comme son ainé, le passage chez STR doit être une simple transition, en vue d’un baquet chez Red Bull.
Hélas pour lui, au fil des courses, le buzz s’éteint. Contrairement à l’Allemand, il n’arrive pas à amener la Toro Rosso sur les podiums. La possibilité d’un transfert chez RBR s’éloigne et en 2011, c’est carrément son avenir en F1 qui est mis en cause. La limonade autrichienne a déjà ses nouvelles stars: Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne. Alors, bye bye Buemi.

Au moins, le Suisse n’est pas totalement parti: il est désormais cobaye de Red Bull et Toro Rosso. S’il croise les deux nouveaux pilotes STR, il leur dira de faire attention. Après tout, les actions de Carlos Sainz Jr commencent à bien monter chez Mateschitz…

Karun Chandhok, Indien, ex-pilote Team Lotus, 28 ans, 11 Grand Prix

Chandhok est un « casting » comme Bernie Ecclestone en effectue régulièrement. Hélas pour le pilote tamoul, Chandhok ou pas, les audiences indiennes ne bougent pas. Du coup, il n’a pas le soutien de « mister E ».

Après l’épisode HRT, Red Bull dit le surveiller du coin de l’œil, mais il est bel et bien à pied à l’hiver 2010-2011. Il atterrit dans le Team Lotus. Tony Fernandes le voit en remplaçant potentiel de Trulli. Décevant pour sa première titularisation, il a droit à un repêchage: un « volant » face à Trulli pour le Grand Prix d’Inde. Il le perd et voit ses derniers espoirs au Team Lotus s’envoler.

Annoncé parmi les « stars » de l’i1 Super Series, il rebondi en WEC avec JRM.

Nick Heidfeld, Allemand, ex-pilote Lotus Renault Grand Prix, 34 ans, 183 Grand Prix

« Quick Nick » peut sourire. Après tout, ce n’est pas la première fois qu’il entame une saison sur le banc de touche. C’est même la troisième fois de suite.
En 2010, pilote d’essai Pirelli et Mercedes GP, il est titularisé en fin de saison par Sauber. En 2011, il remplace au pied levé Robert Kubica.
Tôt ou tard, les patrons de HRT ou de Williams trouveront que la blague a assez duré et qu’il est temps de prendre un « vrai » pilote. C’est là qu’Heidfeld fera son entrée…

Le natif de Mönchengladbach a l’expérience pour pouvoir monter comme ça dans une F1 et l’amener au drapeau à damier. Il sait également être un bon metteur au point.
Le souci, c’est qu’il manque de vitesse de pointe, n’est pas photogénique et que les voitures qu’il développe sont trop nerveuses pour les autres pilotes. Voilà pourquoi ses intérims ne se changent pas en CDI.

Pour l’instant, son programme 2012 se limite à du WEC avec Rebellion. En attendant un coup de fil d’une écurie de F1…

Robert Kubica, Polonais, ex-pilote Lotus Renault Grand Prix, 27 ans, 76 Grand Prix, 1 victoire

Le sort du pilote Polonais est une équation à plusieurs inconnues depuis son accident de rallye en février 2011.

Le plus évident, c’est son état de santé. Est-il « quasiment prêt à remonter dans une F1 », comme l’assure son manager? Ou bien est-il encore lourdement handicapé, comme le dit Jaime Alguersuari?

Il y a également l’aspect sportif. Lotus Grand Prix ne serait guère pressé de le laisser conduire. Juste avant son accident, le Polonais avait été critique envers Lotus. Pire: il avait peut-être signé un pré-contrat avec Ferrari.

Aujourd’hui, ses chances de retrouver un volant en F1 semblent bien minces.

Vitantonio Liuzzi, Italien, ex-pilote HRT, 30 ans, 80 Grand Prix

Liuzzi est à ce jour le seul pilote soutenu par Red Bull à avoir pu rebondir. La condition sine qua none, c’est de n’être pas trop exigeant. A l’instar d’Heidfeld, « Tonio » s’est fait une spécialité d’être « un pilote rapide et pas cher, dispo de suite. » D’où ses passages chez Force India, puis chez HRT.
Mais, tout comme l’Allemand, Liuzzi n’a pas ce petit plus qui le rendrait indispensable. Fin 2011, il disparait discrètement de l’effectif d’HRT.

Annoncé en i1 Supercar, il attend aujourd’hui qu’une écurie en mal de résultat (au hasard, HRT et Williams…) fasse appel à lui.

Adrian Sutil, Allemand, ex-pilote Force India, 29 ans, 90 Grand Prix

De l’ombre… A l’ombre. D’ordinaire, lorsqu’un pilote d’une écurie modeste obtient de beaux résultats, un top team finit par lui proposer un poste.  C’est ce qui est arrivé à nombre de pilotes Minardi.
A contrario, Sutil reste englué chez Force India.

L’Allemand, d’ordinaire propret, pète les plombs au soir du Grand Prix de Chine. Il prend à parti Eric Lux, N°2 de LRGP et manque de lui trancher la gorge. Le procès est prévu pour janvier 2011.
Fin 2011, ce qui arrive fréquemment dans une petite équipe, est arrivé: Sutil est remercié fin 2011. La recherche d’emploi est ardue: personne ne veut signer un pilote potentiellement incarcérable! Il aurait pu être un casting idéal pour Lotus Grand Prix… Mais on voit mal Sutil recruté par la personne qui l’attaque en justice!

Ainsi, Sutil se retrouve à pied. Va-t-il pouvoir rebondir?

Jarno Trulli, Italien, ex-pilote Caterham F1, 37 ans, 252 Grand Prix, 1 victoire

Il y a tout juste un mois et demi, le natif de Pescara prenait le volant de la Caterham F1. La piste Chandhok étant tari (voir plus haut), Trulli semblait sur le point de tripler dans l’écurie.
Mais une semaine après, Caterham annonce que Vitaly Petrov prend son baquet! Trulli reste néanmoins présent comme conseiller.

A t-il été déçu de la Caterham CT01? A-t-il préféré renoncer plutôt que d’effectuer une troisième saison de galères (et encore, on ne compte que celles de Lotus Racing/Team Lotus…)? Ou bien est-ce que Petrov apportait un budget conséquent?

Quoi qu’il en soit Trulli manquera au paddock. Viticulteur, il lui arrivait de vendre ses bouteilles à la sauvette sur les circuits. Et puis il y a son français avec accent chantant…

Crédits photos: Ikea (photo 1), Toro Rosso (photos 2 et 4), Indycar (photo 3), Caterham F1 (photo 5 et 10), Lotus Grand Prix (photos 6 et 7), Force India (photos 8 et 9)

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7 Commentaires sur "F1: les exclus de Melbourne"

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ANPE
Invité

La vache alguesuari 21 ans carrière terminée en F1 carrière terminée tout court … ça va peut être les ramener à la réalité ces gamins qui debarquent d’on ne sait ou à 17 ans en quasi F1
La chute doit être brutale
Conduire les plus fabuleuses voitures du monde et se retrouver sans volant ça doit faire un choc
Ca doit pas être facile de rebondir … d’ailleurs si vous avez des histoires de rebondissements comme ça de « carrière » complètement foirée en F1 mais réussi ensuite ailleurs ce serait interessant

Seb
Membre

Y a pas mal de pilotes qui ont fait un bref passage en F1 et qu’on retrouve ensuite en endurance notamment.

r
Invité

Il manque D’Ambrosio.

turbo v8
Invité

Dambrosio portefeuille trop mince a souvent ramené sa voiture a l’arrivé il n’a pas eu le temps lui aussi de faire ces preuves

kraid
Membre

70 GP pour Nick Heidfeld ? Plutôt 183 si j’en crois F1Stats : http://www.statsf1.com/fr/nick-heidfeld.aspx. Et puis il serait étonnant de voir Kubica avoir plus de GP à son actif alors qu’il a débuté 6 ans plus tard que l’Allemand. 😉

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