Accueil Constructeurs Un été au Japon – Toyota Corolla Sprinter Trueno/Levin (1983-1987)

Un été au Japon – Toyota Corolla Sprinter Trueno/Levin (1983-1987)

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Qui aurait cru que la cinquième génération de Corolla puisse passer à la postérité ? Sans doute pas grand monde avant qu’elle ne soit popularisée par ses capacités à prendre les virages par les portières. Et qu’elle ne soit la star d’un manga dont la portée dépasse largement les frontières du Japon.

C’est en 1983 que Toyota présente la cinquième itération de sa berline Corolla, avec pour principal changement le recours à la traction, là où ses aînées restaient fidèles à la propulsion. Avec 3,3 millions d’unités produites, c’est un succès. Et c’est certainement la Corolla la plus diffusée, toutes générations confondues. Mais à côté de la traditionnelle carrosserie cinq portes à hayon, le constructeur propose également une déclinaison trois portes.

Et celle-ci se présente soit sous la forme d’un vrai coupé (ou liftback), soit sous une carrosserie de type hatchback à hayon plongeant. Sur le sol nippon, plusieurs versions seront proposées. L’AE85, sans réelles velléités sportives, possède un moteur quatre cylindres en ligne à simple arbre à cames. Celui de l’AE86 en revanche est à double arbre. Toutes deux sont disponibles en version Levin à phares avant traditionnels ou Sprinter Trueno à feux escamotables.

Mais l’Hachi-Roku (8-6 en Japonais) comme elle est affectueusement nommée sur l’archipel a deux atouts majeurs. Le premier d’entre eux, c’est son moteur répondant au doux nom de code de 4AGE. Ce quatre cylindres à double arbre à cames en tête qui équipe aussi la première génération de MR2 possède en effet une botte secrète. D’une puissance somme toute mesurée de 128 chevaux et 150 Nm, il bénéficie toutefois du système d’admission variable T-VIS (Toyota Variable Intake System). Celui-ci agit sur l’ouverture du collecteur d’admission en fonction du régime moteur. Il en résulte un caractère réjouissant lorsque le système s’active au-dessus des 4 500 trs/minutes.

L’autre atout de l’AE86, c’est son châssis, qui peut recevoir en option un autobloquant. Déjà bien équilibrée à l’origine, elle reçoit des suspensions indépendantes à l’avant ainsi que des barres stabilisatrices sur les deux trains. Les disques de freins, pour leur part, sont ventilés. Pour la partie transmission, seule une boîte manuelle à cinq rapports sera dans un premier temps disponible. Elle sera par la suite épaulée par une boîte automatique à quatre rapports. Enfin, le poids est contenu à 940 kilogrammes, ce qui laisse augurer de performances intéressantes.

Reine du Touge

Hormis le système T-VIS, nous avons donc là une auto sympathique mais dont la conception ne sort pas de l’ordinaire. Pourtant, les adeptes du Touge (route de montagne sinueuse propice aux courses illégales) vont vite mettre à profit le potentiel de l’AE86. Car grâce à son équilibre naturel, elle file très vite la bougresse, et pas toujours dans des positions très catholiques…

Et c’est précisément en tant que reine du drift que l’AE86 a gagné ses lettres de noblesse. Que ce soit dans la vie réelle grâce à un certain Keichi Tsuchiya, ou sur papier glacé via le manga Initial D. Créé par Shuichi Shigeno et sorti en novembre 1995, ce dernier relate les exploits de Takumi Fujiwara, fils d’un livreur de Tofu qui se paie le luxe de ridiculiser tout ce qui roule, Skyline GT-R y compris, sur les routes qu’il emprunte pour ses livraisons.

Romancé ? Bien entendu, mais il n’en reste pas moins que l’AE86 reste une formidable négociante en virages. Bien aidée, il est vrai, par les nombreuses officines de préparation au pays du soleil levant. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à remplacer le 4AGE d’origine par un moteur plus puissant… Un 2ZZ de Celica par exemple.

Pour autant, si la carrière de l’AE86 fut glorieuse au Japon, en France (où elle se nomme Corolla GT Twin Cam 16S, à vos souhaits…) elle connut une carrière confidentielle, puisqu’à peine 250 exemplaires, tous proposés en version hatchback, trouvèrent preneur. Et lorsqu’on en croise dans les petites annonces, comme toute bonne japonaise des années 80, elles ont souvent été grignotées par la rouille. Pour autant, l’AE86 n’est pas chez nous une bonne affaire : sa popularisation la rend même hors de prix…

Mais Toyota a entendu les suppliques de ses fans, en commercialisant en 2012 la GT86, dont le châssis a spécialement été étudié pour rendre honneur à son ancêtre.

Illustrations : Toyota

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12 Commentaires sur "Un été au Japon – Toyota Corolla Sprinter Trueno/Levin (1983-1987)"

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seb
Invité

J’ai jamais compris l’engouement autour de cette voiture … La Trueno est un assez joli petit coupé pour l’époque et avec des performances tout à fait correctes , mais de la à l’élevée au rang de légendes comme la RX7 ou la Supra … Hormis la référence éternelle à Initial D ( elle à peut être eu un glorieux passif en compétition je sais pas du tout ) il me semble qu’elle est relativement rare ? Dans le cas contraire je ne comprend pas :/

crash71100
Invité

Elle est aussi populaire car c’était une voiture rapide, pas cher et facile d’entretien que les pilotes utilisaient pour tout type de course que ce soit pour du drift, des courses normal ou même du rally. La AE86 Groupe A a eu plus de succès en compétition que la RX7 et la Supra avec quelques titres dont 2 en BTCC.

seb
Invité

Ok merci pour ces quelques précisions ! 😉

neutre
Invité

C’est comment dire, un vrai coup de coeur, pas besoin de 300ch, rien que les montées en régimes, ça dressent les poils (même si pas exeptionnel), parfait pour apprendre a maîtriser une propulse, parfait pour apprendre le talon-pointe, fiable et modifiable a souhait c’est une voiture pour débutant mais tellement de plaisir a rouler, c’est comme le karting. Peux importe ce qu’on conduit, quand on y touche, on s’ennuie pas, une vrai voiture pour passionner de conduite

Mathieu D
Invité
J’ai 24ans Pour moi la Supra est devenue une légende grâce au premier fast and furious mais le reste.. j’ai envie de dire tout est dans initial D il n’y a pas que la Star AE86 qui est devenue connu grâce à ce manga mais tout les concurrents comme la RX7/GTR/CIVIC et toutes les sportives japonaises. C’est ce manga qui a fait véritablement naître ma passion pour l’automobile avec la découverte de toutes ces japonaises exotiques ( Et Gran Turismo) qu’on ne voit quasiment pas en France et je pense que c’est le cas pour beaucoup de personnes surtout les… Lire la suite >>
Heathcliff
Invité

Il est vrai que la côte de cette voiture au Japon est totalement surréaliste au vu des performances de la voiture. Mais bon, ici aussi la côte des 205 GTI commence à prendre ce chemin.

Dans l’article, il n’est dit nulle part que si les versions berline était bien des tractions, les coupés étaient quant-à eux des propulsions (ils sont basés sur le chassis de la génération précédente de Corolla)

crash71100
Invité

Une True legend ! Une petite voiture simple, rapide, légère et fiable, que demander de plus.

MGK
Invité
A noter quelques précisions intéressantes. La Trueno et la Levin étaient en fait deux modèles « différents », Corolla et Sprinter en propulsion étaient les deux modèles « jumeaux » de la gamme générale Toyota, chacun vendu dans une chaîne de concessions différente, Vista Store pour la Levin et Corolla Store pour la Trueno. Ce genre de complications était monnaie courante chez les fabricants japonais, surtout Toyota, durant les années 80-90. En ce qui concerne le moteur 4AGE, sa réputation dépasse de loin sa réalité, puisque de l’aveu même de Tsuchiya, ce moteur ne supportait pas très bien les modifications dans la durée, ce… Lire la suite >>
FlonFlon
Invité

Mon père avait eu en 86 une Corolla 16S, je pensais pas qu’elle avait été si rare, faut aussi souligner qu’elle n’était qu’une simple traction en France.

Mathieu D
Invité

Ce n’est simplement pas la même voiture.

Invité

Faites péter l’Eurobeat !

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