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Le conducteur du jour : la montagne magique

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Au milieu du XIXe siècle, la haute bourgeoisie découvrit les vacances. Pas question d’oisiveté. A l’heure où les usines de la révolution industrielle crachaient d’épaisses fumées, l’air pur et l’activité physique étaient des alibis bien commodes. Un siècle et demi plus tard, les stations de ski suisses continuent de drainer une clientèle haut de gamme. Et l’on n’est presque pas surpris de croiser une Rolls-Royce Phantom VI.

Dans les années 50, Rolls-Royce eu une nouvelle stratégie : s’enfermer dans une tour d’ivoire (avec Bentley.) Plus de compétition, plus de communiqués, plus de publicités. Seuls quelques privilégiés pouvaient visiter l’usine de Crewe. C’est cette exclusivité, ce culte du secret, qui entretenait le mythe. En parallèle, Rolls-Royce se souciait des modes comme d’une guigne. C’est ce qui la préserva du tumulte de l’industrie anglaise. En 1955, avec la Silver Cloud, le constructeur passa à la construction en série (jusqu’ici, chaque modèle disposait d’une carrosserie unique.) La Phantom V était peu ou prou une Silver Cloud rallongée. En 1963, la Silver Cloud III reçoit une calandre à quatre phares. En 1966, elle est remplacée par la Silver Shadow, premier modèle monocoque de la marque. Le succès était là, notamment aux Etats-Unis. Pour rattraper l’offre, la firme racheta tout le réseau ouest-américain de Lotus (Colin Chapman avait lui, vu trop grand.) En 1968, la Phantom V… Reçoit la calandre à quatre phares de la Silver Cloud III et devient Phantom VI.

De 1968 à 1990, Rolls-Royce a produit 374 Phantom VI. A partir des années 80, elle n’était plus disponible que sur commande. A l’époque où robots et ordinateurs envahissaient les usines, cette voiture était un anachronisme à plus d’un titre : une carrosserie façonnée à la main, à la roue et au maillet, sur des bâtis en bois, chez Mulliner-Park Ward. Le châssis était séparé, les freins, à tambour et l’essieu arrière, rigide. Par contre, la voiture disposait d’une climatisation bi-zone, avec une vitre pour s’isoler du chauffeur et un mini-bar. En 1979, elle reçut le V8 6,7l de la Silver Shadow. A côté de la Phantom VI, la Silver Spur semblait bien moderne ! La fiche technique du technique du constructeur était extrêmement sibylline : environ 220ch, 180km/h en pointe et près de 3 tonnes sur la balance ; prix sur demande. Pas question d’en dire davantage aux gueux. La clientèle était à l’image de la voiture : elle vivait dans sa tour d’ivoire, loin des préoccupations matérielles. Lorsque la dernière Phantom VI fut livrée, Toyota lançait la Lexus LS400, Mazda, la MX-5 « NA » et Porsche, la 911 (964.) Et la Citroën XM était la voiture de l’année…

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3 Commentaires sur "Le conducteur du jour : la montagne magique"

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KifKif
Invité

Vu la plaque, c’est probablement une voiture d’une vieille société (de Limousine?)des Grisons : 163eme immatriculation dans le canton des Grisons, peu de chance que ce soit un particulier

ptit suisse
Invité

ça peut être un particulier, certains numéro de plaques sont mis aux enchère (comme le VS 1 bientôt aux enchères en Valais)

arapao
Invité

Cette Rolls-Royce Phantom VI n’avait qu’une seule rivale, qui a été produite à peu près durant la même période : la Daimler Limousine DS 420 (1968-1992), outre la Mercedes-Benz 600 sortie en 1963 mais beaucoup plus moderne, et produite jusqu’en 1981.
Si ces chiffres de vente sont exacts, la Daimler a connu un plus grand succès puisque vendue à plus de 4000 exemplaires (même si elle était sensiblement moins chère que la Rolls, quoique avec toutes les options, l’écart était finalement assez réduit).

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